Ski de fond  Alex Harvey

Du podium à la table d’opération

Alex Harvey a l’habitude de s’activer même en période de coupure d’entraînement. Cette année, pas de surf à Hawaii ou de ski alpin au Mont-Sainte-Anne pour le double médaillé aux Championnats du monde de Falun. Deux opérations le contraindront au repos complet pour un mois.

« Pour que la cicatrisation se fasse bien, je ne dois pas faire monter la pression artérielle », a expliqué Harvey, hier, quelques jours avant de passer sur la table d’opération une première fois à Québec.

Prévues avant même le début de la saison, les interventions viseront à améliorer la circulation dans ses artères iliaques. La chirurgienne s’attardera d’abord sur la gauche, qui avait fait l’objet d’une première opération réussie en 2008. Une dizaine de jours plus tard, elle s’attaquera à l’artère droite, qui a montré des signes de faiblesse au cours de la dernière année.

« C’est comme si mon corps s’était adapté et qu’il mettait moins de charge sur la jambe gauche », a estimé Harvey, pour qui le problème est devenu plus aigu cet hiver. 

« Je me suis rendu compte que la jambe droite commençait à claudiquer, que [la douleur] se promenait d’un côté à l’autre. »

Courante chez les cyclistes, cette affection résulterait des mouvements répétitifs de levée de la jambe. À force d’être coincée, un fibrome se crée dans l’artère, ce qui finit par perturber le flux sanguin.

Harvey en souffrait particulièrement dans les enchaînements de montées abruptes en pas de patin. La douleur l’obligeait parfois à se laisser décaler de quelques places en espérant profiter d’une temporisation ou d’une bonne glisse en descente. « Il y a des fois où c’était presque un coup de dés », a souligné l’étudiant en droit à l’Université Laval.

Le skiathlon de 30 kilomètres des Mondiaux de Falun, où il a gagné le bronze, en est un bon exemple. L’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges n’avait plus de jambes lors du sprint final. Dans une course à quatre pour les places sur le podium, il a trouvé la force de devancer le Norvégien Didrik Toenseth, un poids mouche dénué de pointe de vitesse. « Si ç’avait été n’importe qui d’un peu décent en sprint, je ne l’aurais pas eu », a assuré celui qui avait pourtant été médaillé d’argent en sprint individuel deux jours plus tôt.

Au-delà de la compétition, les opérations lui permettront d’améliorer la qualité de son entraînement, en particulier en course à pied, un outil important pour un fondeur. Depuis longtemps, il ne peut pas dépasser les 150 battements/minute à la course.

Après son mois de convalescence, Harvey devra se limiter à du volume à basse intensité jusqu’en juin ou juillet, ce qui ne marquera pas un changement radical dans sa préparation. Cette pause forcée ne compromet pas le début de sa prochaine saison de Coupe du monde, qui se conclura par le premier Tour de ski canadien (1er-12 mars) avec des arrêts à Gatineau, Montréal, Québec, Canmore et Lake Louise.

PNEUMONIE ET COQUELUCHE

Absent de la compétition depuis le 25 janvier, Devon Kershaw a l’intention de poursuivre sa carrière, indique son ami Alex Harvey. Une pneumonie et la coqueluche ont terrassé l’Albertain de 32 ans, l’empêchant de prendre part aux Mondiaux de Falun. Kershaw se mariera cet été dans le nord de la Norvège avec la fondeuse Kristin Stoermer Steira. Harvey participera aux célébrations avant de se rendre en Italie pour un camp d’entraînement en août.

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