« Papa, ton gars est un big leaguer »

Les proches de Charles Leblanc sont encore sous le choc depuis ses débuts avec les Marlins de Miami

« Papa, ton gars est un big leaguer. » Vendredi dernier, Paul Leblanc a été tiré du sommeil par ces mots. Son fils, Charles, venait d’être rappelé pour jouer avec les Marlins de Miami dans les Ligues majeures de baseball.

« Je me suis immédiatement mis à pleurer et à le féliciter », raconte Paul, dans un appel vidéo avec La Presse au cours duquel ses émotions étaient bien visibles.

« En tant que père, c’est de la fierté. C’est l’accomplissement d’une vie. »

Charles Leblanc, depuis quelques jours, flotte sur un nuage. Avec plusieurs présences au bâton fructueuses, de jolis jeux défensifs et un coup de circuit à sa deuxième partie dans les majeures seulement, le joueur de troisième but a submergé ses proches d’émotions fortes.

Son père, lui, était particulièrement fier. Samedi, il était dans les gradins du LoanDepot Park, à Miami, pour le tout premier match de son fils dans la cour des grands. Sa femme, sa fille et la fiancée de Charles, Rosalie, ont elles aussi fait le voyage.

« Je me rappelle que dans ma cour arrière, Charles avait un an et demi puis il se promenait avec le petit bâton Fisher-Price et la grosse balle, se remémore son père. Je lui ai donné un vrai bâton en aluminium à 3 ans, et à 4 ans, il était rendu trop dangereux pour les vitres de la maison. On devait aller frapper dans des plus grands parcs. »

« Quand je suis descendu sur le terrain après le match samedi, je le voyais encore à 2 ans en train de frapper les balles dans ma cour. J’ai imaginé tout son parcours en un instant. »

— Paul Leblanc

Pour Paul, tout en fin de semaine a été magique : voir son fils s’étirer, se tenir dans le cercle d’attente des frappeurs, envoyer une balle de l’autre côté de la clôture.

« Mon cœur voulait sortir de ma poitrine. Je criais tellement fort, les émotions étaient complètement dans le tapis. Quand je l’ai pris dans mes bras, je ne voulais pas le lâcher. C’était vraiment spécial. Ça se compare juste au jour où je me suis marié et à la naissance de mes enfants. Ce sont des moments inoubliables dont tu te rappelles quasiment chaque seconde. »

Un long parcours

Repêché en 2016 par les Rangers du Texas, Charles Leblanc a joué 570 matchs dans les rangs mineurs avant d’obtenir sa chance dans les majeures, à 26 ans. Cet été, le natif de Laval a passé le gros de la saison avec le Jumbo Shrimp de Jacksonville, club AAA affilié aux Marlins. En 87 parties, il a maintenu une moyenne au bâton de ,302, cogné 14 coups de circuit et produit 45 points.

Jeudi dernier, le Québécois a été rayé de l’alignement du Jumbo Shrimp 15 minutes avant la partie. La direction lui a demandé de se rapporter aux Marlins, sans tout de suite lui préciser le rôle qu’il tiendrait.

« Le vendredi, il a rencontré le gérant Don Mattingly qui lui a fait part de bonnes nouvelles, a raconté l’agent de Charles, Jethro Supré. Il m’a relayé la nouvelle par vidéo. Et la beauté de Facetime, c’est qu’on a pu se regarder dans les yeux. »

« Je ne vais pas vous le cacher, j’ai versé une larme et j’ai été très émotif. Ça fait depuis l’âge de 14 ans qu’on travaille sur ce projet.  »

— Jethro Supré, agent de Charles Leblanc

Charles est un jeune homme calme et réfléchi, selon son agent. Il est « guidé par son désir de réussir, qui est au-dessus de la moyenne et qui fait en sorte qu’il n’a jamais abandonné ». Même si ç’a été long, son rêve d’atteindre le baseball majeur est demeuré bien vivant.

« La promotion, c’est un sentiment de soulagement, il connaissait tellement une bonne saison dans le AAA, poursuit-il. On espérait un rappel plus tôt, mais c’était hors de notre contrôle. Charles a été patient, il a gardé l’accent sur ce qu’il contrôle. J’ai aimé sa maturité, il a gardé la tête froide. »

Charles arrivera-t-il à se tailler un poste régulier dans la formation des Marlins ? Selon Jethro Supré, il « doit donner le meilleur de lui-même dans l’objectif de finir la saison à Miami et montrer qu’il doit faire partie de l’avenir de l’organisation ».

« Depuis son arrivée, il frappe et il joue bien en défensive, ajoute Paul Leblanc. Quant à moi, [le gérant] Mattingly serait fou de l’enlever de son alignement et de mettre un autre remplaçant ! Mon impression, c’est qu’il va rester. »

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