Le nombre de cas bondit chez les jeunes

Les jeunes de 10 à 19 ans ont alimenté en grande partie la récente hausse des cas de COVID-19 au Québec, alors que le nombre de personnes déclarées positives dans ce groupe d’âge a augmenté du tiers en une semaine à peine.

Dans les derniers jours, tous les groupes d’âge ont enregistré une hausse du nombre de nouveaux cas. Pour la tranche des 20 à 29 ans, cette augmentation est de 19 %, alors que pour les 30 à 39 ans, elle est de 7 %.

Le nombre a surtout explosé chez les 10 à 19 ans, avec une hausse de 36 %, c’est-à-dire que le nombre de nouveaux cas est passé de 1044 pour la semaine du 1er novembre à 1418 la semaine dernière.

Chez les 60 à 69 ans, on constate aussi une augmentation préoccupante de 26 %, à peu près la même hausse que chez les 80 à 89 ans (30 %).

Le premier ministre a affirmé lundi matin que la situation était « encore en contrôle ». « Jusqu’à présent, ça va bien. Ou je devrais dire, ça ne va pas mal, pour notre réseau de la santé », a évoqué François Legault en point de presse à Montréal.

Le Québec a enregistré lundi 1218 nouveaux cas de COVID-19 et 25 morts supplémentaires. De ce nombre, 6 sont survenues dans Lanaudière, 4 en Montérégie et 4 dans la Capitale-Nationale.

« La bonne nouvelle est à propos des hospitalisations, a indiqué François Legault. Nous sommes toujours en dessous de 600 hospitalisations, ce qui est bien moins que certains États aux États-Unis et en Europe. » Le nombre d’hospitalisations lundi était de 591, soit 4 de plus que la veille, dont 87 aux soins intensifs.

En ce qui concerne le temps des Fêtes, M. Legault a affirmé qu’aucune décision n’avait été prise à propos du nombre de personnes qui pourront se rassembler.

Même chose pour les écoles : il est « trop tôt » pour dire si les classes fermeront plus tôt que prévu pour les Fêtes, ou si elles resteront fermées plus longtemps en janvier. « Quand on aura le meilleur portrait possible de ce qui s’en vient, on vous en fera part », a conclu le premier ministre.

D’après Roxane Borgès Da Silva, professeure de santé publique à l’Université de Montréal, l’option de fermer plus tôt les écoles pour les Fêtes est à envisager si les autorités souhaitent circonscrire les éclosions et la croissance du nombre de cas. « Mais il ne faudrait pas qu’en contrepartie, tout le monde se mette à faire de gros partys et se transmette la COVID de manière familiale ou amicale. Il faut donc faire attention aux mesures qui sont mises en place parallèlement. »

Sa recommandation serait de privilégier les cours en ligne pour le dernier cycle du primaire et les élèves du secondaire durant les deux semaines avant les vacances de Noël, suivies de deux autres semaines au retour des vacances.

Puisqu’il y a aussi une grande prévalence d’éclosions dans les milieux de travail, Mme Borgès Da Silva a ajouté que les autorités pourraient demander la fermeture temporaire des entreprises actuellement ouvertes, avec compensation financière, également pendant la période des Fêtes. « Particulièrement dans le domaine de la construction, les métiers manuels, les manufactures, les usines… Parce que là aussi, c’est un gros enjeu », a-t-elle précisé.

Les décorations de Noël permises au CIUSSS de l’Estrie

Après avoir interdit les décorations pour les périodes de l’Halloween et des Fêtes, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a annoncé lundi qu’il faisait volte-face et que les décorations seraient finalement permises pour Noël.

Lundi en conférence de presse, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a annoncé que les décorations et les sapins de Noël seraient permis dans ses établissements de santé, dont les CHSLD. Le DVincent Masse, officier en chef de la prévention et du contrôle des infections au CIUSSS, a dit qu’il comprenait qu’ils étaient « le remonte-moral de tout le monde ».

« On comprend l’importance que prennent les décorations de Noël en cette période de pandémie. Mais quand même, il faut rester sécuritaire, il faut rester raisonnable, il faut se servir de son gros bon sens. »

Pour respecter les mesures de prévention et de contrôle des infections, il y a donc des règles que les usagers, les intervenants et les équipes d’animation devront respecter. Les décorations doivent « permettre aux équipes d’hygiène et salubrité d’avoir accès à toutes les surfaces à nettoyer dans une pièce. Des décorations installées en hauteur et qui ne nécessitent pas de désinfection et ne limitent pas la circulation sont donc à privilégier », lit-on dans un communiqué de presse.

L’Estrie est passée au palier d’alerte maximale (zone rouge), jeudi dernier. Entre le 8 et le 14 novembre, la région a enregistré 507 nouveaux cas. En ce moment, 22 personnes sont hospitalisées, dont 2 sont aux soins intensifs.

— Avec la collaboration de Pierre-André Normandin, La Presse

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