Confinement

Les yeux braqués sur la vaccination

On replonge. Samedi, le Québec, qui fonctionne déjà au ralenti, se mettra à nouveau sur pause. Que feront les Québécois confinés à la maison pour chasser l’ennui ?

Permettez-nous une prédiction : ils suivront la progression de la vaccination avec une attention presque obsessive.

Il ne faut pas s’en étonner. Le vaccin est notre bouée de sauvetage et chaque centimètre de corde qui se déroule pour nous en approcher est mesuré, discuté et comparé avec ce qui se passe ailleurs.

Cela met une pression énorme sur le gouvernement Legault et sur le fédéral, qui n’ont plus le droit à l’erreur.

Dans le cas de François Legault, le fait qu’il ait imposé un couvre-feu en plus des autres restrictions ajoute à cette pression.

La pause des Fêtes a été un échec, en partie parce que Québec n’a pas su faire respecter les mesures en place. D’où l’idée d’en rajouter avec un couvre-feu qui se veut un « électrochoc ». La minorité qui bafoue les règles a certainement besoin d’un message fort pour réaliser (enfin !) le sérieux de la situation. Mais le couvre-feu est aussi un outil à double tranchant.

Ceux qui ont sacrifié leurs célébrations des Fêtes pour se conformer aux règles, on le sent, sont en colère contre les tricheurs. C’est aussi le cas des employés du réseau de la santé, qui doivent gérer les conséquences de ces inconduites.

Cette colère peut toutefois facilement changer de cible. Si les citoyens qui ne peuvent même plus sortir de chez eux le soir voient la campagne de vaccination cafouiller ou même progresser moins bien qu’ailleurs, la situation deviendra rapidement intenable pour les élus.

Ce n’est pas pour rien que Justin Trudeau et François Legault s’envoient déjà des flèches au sujet de la vaccination. Chacun veut faire porter le blâme sur l’autre en cas de sous-performance.

Le succès de ce deuxième confinement se mesurera donc à deux choses. D’abord à son efficacité à aplatir la courbe des infections et à donner une marge de manœuvre aux hôpitaux. Ensuite au nombre de personnes vulnérables et de travailleurs de la santé qu’on parviendra à vacciner. La cible annoncée d’ici un mois : 250 000 personnes.

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Après avoir démarré plus tôt que prévu, la vaccination peine à atteindre son rythme de croisière au Québec et dans l’ensemble du Canada. Justin Trudeau aurait toutefois pu se garder une petite gêne avant de faire la leçon aux provinces concernant les doses se trouvant « dans des congélateurs plutôt que dans des bras ».

Rappelons que jusqu’au 31 décembre, Pfizer obligeait les provinces à réserver la moitié de leurs vaccins comme deuxièmes doses.

La permission soudaine de les utiliser pour accélérer la vaccination a exigé de redéployer d’un coup plus de 25 000 doses au Québec. En même temps, la province a reçu 32 500 vaccins de Moderna. Dans chaque cas, il faut un certain temps pour diviser les doses, les acheminer aux points d’injection et les administrer.

Qu’une majorité de doses se soient retrouvées stockées ou en transit à un moment précis apparaît donc circonstanciel. Mais les Québécois s’attendent maintenant à ce que ces doses et celles qui suivront soient administrées promptement.

Ottawa, de son côté, obtient une partie des lots produits avant les véritables mises à l’échelle de production de Pfizer et Moderna. C’est déjà ça. Mais une poignée de pays, dont Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni, vaccinent actuellement plus vite que le Canada. On aura amplement l’occasion, au cours du confinement, de voir si cette tendance se maintient. Et de juger de la qualité des ententes signées par Ottawa et de l’efficacité de la vaccination de Québec.

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