Mots de camelots

(Re)bonjour

Bonjour. Comme vous le savez peut-être, j’ai passé un petit bout de temps sans vendre le magazine. J’ai pris une pause, car je suis retourné aux études. Comme les études n’ont pas vraiment fonctionné pour moi, en raison d’un diagnostic qui rendait ça plus difficile, je recommence maintenant à vendre L’Itinéraire. Si jamais on se croise, ça me fera plaisir de vous expliquer tout ça en détail. Je pense éventuellement retourner sur le marché du travail, mais, pour le moment, mon job de camelot fait l’affaire. J’ai quand même un parcours de vie difficile, et ça explique pourquoi je pars et je reviens à L’Itinéraire. J’ai fait des dépressions en raison de difficultés personnelles qui se passent dans mon quotidien. Une chance que les intervenants, les gens qui travaillent pour l’organisme, m’ont toujours accueilli lorsque je cognais à la porte. Je les remercie grandement pour ça. Cette fois-ci, je pense vraiment que c’est la bonne et que, quand je vais repartir, je vais pouvoir voler de mes propres ailes – avec le soutien des intervenants au début, bien sûr.

Sur ce, merci à tous de continuer à m’encourager et à m’acheter le magazine. Que ce soit en papier ou par texto, ça me fait toujours plaisir de jaser avec vous et d’échanger lorsqu’on se croise à mon point de vente.

— Nicolas Leclair, camelot métro Viau

L’importance du travail

Tout le monde n’a pas été élevé et éduqué de la même façon. Certaines personnes ont eu la malchance de se retrouver dans des foyers d’accueil, par exemple, ce qui n’est pas mon cas. J’ai eu une mère merveilleuse qui m’a beaucoup aimé. Malheureusement, je n’ai pas très bien réussi à l’école. C’est comme si ce n’était pas fait pour moi. Je suis allé sur le marché du travail dès l’âge de 16 ans et j’ai eu toutes sortes d’emplois.

Mais ce qui me plaît le plus, c’est de travailler avec le monde, de parler aux gens comme je le fais en vendant le magazine L’Itinéraire. Cela m’a donné des outils pour me faire une vie, me faire aimer, écrire des belles choses quand les idées arrivent. La reconnaissance que les clients me témoignent me donne le courage de continuer, la certitude que je suis à ma place. Je les considère comme ma famille.

Avant, j’étais très gêné, mais, avec le temps, j’ai acquis de l’assurance, ce qui fait de moi un bon vendeur. Je suis présent tous les jours à mon point de vente. Les clients me reconnaissent et m’appellent par mon prénom. Quel bon sentiment !

Il me vient une anecdote, celle du petit pigeon qui s’était pointé tous les jours à mon point de vente pendant près de deux semaines, il y a de ça une dizaine d’années. C’est drôle à dire, mais il me donnait de l’énergie et la force de continuer. Nous avions notre petit rendez-vous quotidien (rires).

Je suis reconnaissant envers le groupe L’Itinéraire de me permettre d’être un travailleur. Vaut mieux tendre un journal à quelqu’un plutôt que la main pour quêter.

— Maxime Valcourt, camelot Théâtre du Nouveau Monde et du Rideau vert

Mon rêve

Depuis ma tendre enfance, j’ai voulu être comme ceux que je voyais à la télé. À 20 ans, j’ai frappé aux portes des agences pour faire faire mon portfolio. J’ai réalisé que plusieurs endroits sont en fait tenus par des charlatans qui nous font croire qu’ils nous obtiendront des contrats. Ils font de l’argent sur le dos des personnes qui rêvent de faire de la télévision. J’ai payé plusieurs de ces agences en espérant être figurante, mais je n’ai jamais été appelée. Quand on ne connaît pas les bonnes personnes, c’est difficile d’entrer dans ce milieu.

À 25 ans, j’ai abandonné ce rêve, car rien n’aboutissait. Moi qui me voyais tellement à la télévision ! J’étais une grande adepte du petit écran. En pensée, je m’imaginais tenir un rôle dans une émission ou une publicité.

Mais cette vision s’est envolée comme un nuage. Bien que j’en aie rêvé pendant plusieurs années, j’ai dû me rendre à l’évidence que les rêves ne se réalisent pas toujours. Mais au moins, j’avais un rêve. Il faut en avoir puisqu’il y en a qui se réalisent et d’autres qui s’envolent. Les rêves ne coûtent rien et ils nous font du bien.

Depuis trois ans, c’est la vente de L’Itinéraire qui m’occupe. J’adore le contact avec les gens. Je ne suis peut-être pas passée à la télé pour que les gens me regardent dans leur salon, mais j’ai une clientèle. Vous, mes clients, vous êtes toujours là pour me parler et me regarder.

On se voit chaque jour et c’est encore mieux que la télé. Je l’ai, mon public.

Merci d’être là et de m’encourager.

— Sylvie Houle, camelot marché Metro Saint-Joseph/Chambly

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