Tour d’Italie

Lourde perte pour Porte

Ce qui s’annonçait comme une étape sans histoire promise à un sprinter s’est transformé en catastrophe pour l’Australien Richie Porte, hier, au Tour d’Italie. Troisième au classement général, le leader de la Sky a eu une crevaison à moins de 6 km de l’arrivée, à Forli. Trois coéquipiers l’ont aidé à limiter l’écart avec le peloton principal à 47 secondes. En soirée, le jury des commissaires lui a imposé une sanction supplémentaire de deux minutes pour avoir été dépanné par un coureur d’une autre équipe, ce qui contrevient à un règlement. Son compatriote Simon Clarke (Orica) lui a en effet donné sa roue avant et l’a aidé à repartir. Le bon Samaritain a aussi été pénalisé de deux minutes. Porte a reculé au 12e rang et accuse un retard de 3:09 sur le maillot rose Alberto Contador. L’étape a été remportée par l’Italien Nicola Boem (Bardiani), qui s’est imposé sur ses trois derniers compagnons d’échappée. Les sprinters sont donc repartis bredouilles. On ne s’ennuie jamais au Tour d’Italie.

Cyclisme Tour d’Italie

Hugo Houle garde les yeux sur Milan

À 24 ans, Hugo Houle découvre le Giro, son premier grand tour. Après 10 étapes, il occupe le 111e rang du classement général, à 1 h 32 min 4 s du leader Alberto Contador. Avec la chute fatidique de son leader Domenico Pozzovivo dès la troisième étape, le cycliste de Sainte-Perpétue a été prudent, préservant son énergie lorsque la situation le commandait. Le vice-champion canadien pourra tout lâcher à l’occasion du contre-la-montre de samedi.

Comme d’habitude, le Giro a été très animé dès le départ. Des coureurs d’expérience ont affirmé avoir vécu leur première semaine la plus difficile dans un grand tour. À mi-parcours, quel bilan personnel en fais-tu ?

Le monde est unanime : il y a eu beaucoup d’action. Ça roulait pleins gaz ; quatre, cinq étapes ont duré six heures et plus, dont une de sept heures et demie. On a roulé 36 heures et fait 1300 kilomètres dans les 7 derniers jours. J’ai battu tous mes records ! Physiquement, ça va très bien. C’est sûr que c’est difficile et que ça roule vite, mais je n’ai pas trop de problèmes à suivre. J’ai amplement le niveau pour prendre de bons groupes. Dans les cols, c’est sûr que je ne suis pas Contador, mais ç’a bien été. J’essaie de rester le plus sage possible. Trois semaines, c’est long. Comme c’est mon premier grand tour, on ne sait jamais ce qui va se passer après 10, 12, 15 jours. Peut-être que j’aurai un retour du balancier.

Quel a été ton plus beau moment jusqu’à maintenant ?

Il y en a plusieurs, mais juste être là au départ du contre-la-montre par équipes. J’ai pu me dire que j’ai réussi à me rendre là. C’était aussi très beau, sur le bord de la mer, à San Remo. Ç’a été le moment le plus marquant. C’est sûr que le meilleur moment sera assurément de passer la ligne à Milan après 21 jours...

La troisième étape a été marquée par la chute terrible, dans une descente, de ton coéquipier Domenico Pozzovivo, leader d’AG2R La Mondiale. Dans quelle mesure son départ a-t-il changé ton rôle dans l’équipe ?

Ça donne beaucoup plus de liberté. Mon travail était de rester à ses côtés, de le placer au pied des cols et d’être là pour l’épauler. Pour toute l’équipe, c’est triste et ça change un peu nos plans. Tout ce qui nous reste à faire est d’essayer de prendre les échappées. Aujourd’hui, l’échappée s’est rendue jusqu’au bout. Il faut espérer être dans une bonne échappée pour remporter une étape. C’est l’objectif principal. Après, il nous reste Carlos Betancur, qui monte en puissance. On espère donc qu’il va être capable d’aller nous chercher un gros résultat sur une étape. Il est loin, mais il joue quand même le classement général [32e à 20:47]. Je lui donne donc un coup de main lorsque ça s’y prête.

Comment as-tu pris connaissance de l’accident de Pozzovivo ?

Je suis sorti d’un virage et j’ai vu un coureur par terre. Il était déjà sur une civière, sous une couverture et avec un truc autour du cou. On ne voyait que sa tête. Sur le coup, je me suis dit : putain, ça ressemble à Pozzovivo ! Quinze minutes plus tard, au bas de la descente, j’ai demandé à un coéquipier et il m’a dit non. On nous a confirmé que c’était lui un peu plus tard à l’oreillette.

Vous l’avez revu samedi. Comment se porte-t-il ?

Il est amoché, mais il récupère bien. Les images étaient assez troublantes. Il a été chanceux dans sa malchance, comme on dit. Il a eu un traumatisme crânien, une perte de conscience et une petite coupure au visage. Il est motivé et garde le moral. Il va normalement reprendre au Tour de Suisse [13 au 21 juin].

Tu vises de te glisser dans une échappée dans l’étape de moyenne montagne d’aujourd’hui, qui se termine sur le circuit d’Imola.

Effectivement, c’est une des étapes pour moi. De toute façon, avec le chrono de samedi, c’est sûr que je n’irai pas [dans une échappée] lors des deux jours suivants. Je vais miser sur mes forces. Je vais être tranquille et m’économiser les jambes au maximum. Après le chrono, tous les jours sont bons pour essayer. On va voir : quand ça part dans une bosse, ce n’est pas évident. Tout le monde veut y aller. Il faut donc être intelligent.

Tu as fait un objectif de ce contre-la-montre de 59,4 km samedi. Quel classement te satisferait ?

Difficile de le dire. Je ne sais pas comment je vais réagir dans un grand tour à la deuxième semaine de course. Je suis quand même assez jeune. Je pense être capable d’un top 10 si tout va bien. Si les jambes sont là, je vais donner le maximum. J’ai hâte de voir.

Tu espères toujours te rendre jusqu’à Milan ?

Pour moi, c’est la priorité. Pour une première année, je vais prendre de l’expérience. J’ai déjà appris beaucoup avec la première semaine rapide qu’on a eue. Les montées et les descentes de cols, je ne suis pas nécessairement familier avec ça. Surtout que les routes en Italie sont assez étroites et te réservent toujours des surprises. L’objectif principal, c’est de me rendre à Milan pour encaisser les trois semaines de course. Je vais tout faire pour me rendre jusqu’au bout.

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