Camelot Iberville/Rosemont

Zoom sur Pascal St-Louis

Pascal a une approche enjouée et spontanée dès le premier contact. Quand on lui demande de nous raconter son enfance, on voit des étoiles dans ses yeux lorsqu’il parle du modeste chalet au bord du fleuve que sa mère et son beau-père ont rénové petit à petit.

Pascal a 4 ans et demi quand ses parents divorcent. Les 10 années passées dans la petite maison à moitié chauffée sont un bout de sa vie extrêmement heureux, mais, coup de malchance, la maison était trop proche du bord de l’eau. Son beau-père a dû la vendre. Ils s’en vont habiter à Lanoraie.

À l’âge de 15 ans, il se met à avoir des problèmes de santé mentale. Sa mère doit le placer dans un centre d’accueil.

« Jusqu’à l’âge de 18 ans, j’ai été très malade, j’avais des épisodes psychotiques, j’entendais des choses, je parlais tout seul. »

— Pascal St-Louis

Il avait des problèmes de comportement et menait une vie désordonnée. « J’ai été hospitalisé souvent. »

Vers l’âge de 18 ans, sa mère et son beau-père déménagent en ville pour se rapprocher de leur lieu de travail. Pascal tente alors de vivre dans la maison à Lanoraie avec un de ses amis, mais ça tourne mal. Il replonge dans ses épisodes psychotiques. Son ami se voit obligé de le mettre à la porte. C’est là qu’il se retrouve seul à Montréal à faire l’expérience d’une nuit au Refuge des jeunes.

Le lendemain, il demande l’aide de sa famille. C’est sa sœur qui l’accueille. « J’étais pas bien du tout. C’était durant la crise du verglas », se souvient-il. Les psychoses persistent, la charge est trop lourde pour sa sœur, il se retrouve donc encore à l’hôpital et passe ensuite d’un foyer d’accueil à l’autre : Pointe-aux-Trembles, Rivière-des-Prairies, Henri-Bourassa, une quinzaine d’endroits au bas mot. Il se retrouve à travailler sur une terre à Sainte-Julienne pendant près de deux ans. Il s’y sent bien, mais l’entreprise finit par fermer.

Il réussit malgré tout à terminer son secondaire et habite maintenant dans un HLM à Pointe-aux-Trembles. « Ça va bien, j’ai de bons voisins, je suis content ! », dit-il. Il a travaillé pendant quatre ans à l’entretien ménager ici, à L’Itinéraire, et cela fait trois ans qu’il vend le magazine.

Mis à part le fait qu’il ait à composer avec les effets secondaires de sa médication, il semble garder un bon moral. Il est très courageux et déterminé. Rien ne laisse paraître son parcours rempli d’obstacles. Même en parlant de ses déboires, il parvient à déployer un sourire espiègle. Allez vous en rendre compte par vous-mêmes à son point de vente et n’hésitez pas à l’encourager.

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