Actualités économiques

Ubisoft, GHGSat, taxe et Subway

Quelques nouvelles économiques du jour

Ubisoft et son PDG Yves Guillemot visés par une plainte

L’éditeur de jeu vidéo Ubisoft, éclaboussé l’an dernier par de multiples révélations sur le comportement sexiste et violent de plusieurs de ses cadres, fait l’objet d’une plainte déposée jeudi au tribunal judiciaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour « harcèlement institutionnel », a appris l’AFP. La plainte collective a été déposée par deux anciennes salariées victimes de harcèlement lors de leur période d’emploi au siège d’Ubisoft à Montreuil, et par le syndicat Solidaires Informatique. Elle vise d’une part la société Ubisoft, d’autre part 10 personnes physiques, dont le PDG du groupe Yves Guillemot, la directrice des ressources humaines Cécile Cornet, qui a démissionné après le scandale, mais également le numéro deux du groupe Serge Hascoët et un vice-président chargé de l’éditorial Tommy François, qui ont tous deux été poussés vers la sortie. « Ce qui est symptomatique dans ce dossier, c’est que des faits réitérés de violence sexuelle ont été remontés régulièrement aux ressources humaines qui ne réagissaient pas », a déclaré l’avocate des plaignants Maude Beckers, contactée par l’AFP. Joint par La Presse, un porte-parole d’Ubisoft à Montréal a transmis la réaction officielle suivante : « À cette étape, nous ne sommes au courant d’aucune réclamation ou plainte officielle déposée contre Ubisoft. »

— Agence France-Presse et La Presse

GHGSat lève 45 millions US

L’entreprise montréalaise GHGSat, spécialisée dans la détection des émissions de gaz à effet de serre par satellite, a annoncé jeudi avoir attiré 45 millions US d’investissements supplémentaires, soit 56,7 millions CAN. Cette nouvelle ronde de financement, à laquelle ont notamment participé Investissement Québec, OGCI Climate Investments et Space Capital, porte à 70 millions US les fonds récoltés depuis la fondation de l’entreprise en 2011. Elle profitera de ce coup de pouce financier pour augmenter sa flotte à dix satellites et trois capteurs aéroportés d’ici 2023. GHGSat, qui a fait sa marque en arrivant à détecter des émissions de méthane jusqu’à 100 fois plus faibles que ses concurrents avec une résolution 100 fois plus grande, a le vent dans les voiles depuis 12 mois, alors que son personnel est passé de 30 à 100 employés. Elle a récemment été reconnue par le magazine Fast Company comme une des entreprises les plus innovantes de 2021.

— Karim Benessaieh, La Presse

L’Irlande martèle son refus de la taxe sur les multinationales

L’Irlande a martelé jeudi son opposition ferme au projet de taxation mondiale des multinationales, refusant de signer le texte validé par le G20 et 132 pays de l’OCDE. Le pays, qui prospère grâce au taux avantageux de 12,5 % d’impôt sur les sociétés, « ne va pas soutenir les projets tels qu’ils sont », a signifié le ministre des Finances Paschal Donohoe, interrogé par la chaîne irlandaise RTE. « Ce qui est sur la table pour le montant est un accord auquel l’Irlande ne peut pas prendre part », rappelant que le taux à 12,5 % est un élément clé de la politique économique du pays depuis des décennies. Si le pays devait monter son taux, cela créerait des « problèmes » pour les entreprises qui ont investi en Irlande, ajoute-t-il. Ce système fiscal lui a permis d’accueillir le siège européen de toute une série d’entreprises américaines, géants de la technologie et de la pharmacie, dont les bénéfices ont grimpé pendant la pandémie. Grâce à ces multinationales, l’île a même pu enregistrer une croissance de son produit intérieur brut (PIB) en 2020 malgré l’impact de la pandémie. Jeudi, le gouvernement a même annoncé une révision en hausse de cette croissance de l’an dernier à 5,9 %, contre 3,4 % pour une précédente estimation. Hors effet lié aux multinationales, le PIB de l’Irlande a toutefois chuté de 5 %.

— Agence France-Presse

Subway pourra poursuivre la CBC pour diffamation

La Cour suprême du Canada n’entendra pas la requête de la CBC, qui voulait stopper la poursuite en diffamation intentée par Subway pour un reportage sur les sandwichs au poulet. La décision du tribunal ouvre donc la voie à la poursuite intentée en Ontario. En janvier dernier, la Cour d’appel de l’Ontario a annulé la décision d’un juge de première instance, qui n’avait pas autorisé la poursuite en diffamation de Subway, sans entendre les parties sur le fond. La Cour d’appel a plutôt estimé que la poursuite était loin d’être frivole et méritait d’être entendue par un tribunal. Dans un segment de l’émission d’affaires publiques Marketplace, de la télévision anglaise de Radio-Canada (CBC), en 2017, on soutenait que le poulet dans les sandwichs de la chaîne Subway était composé pour moitié environ de soja, en citant des tests ADN effectués à l’Université Trent, en Ontario. Or, un expert de Subway sur les tests ADN a soutenu que ces tests comportaient des lacunes graves et que leurs résultats étaient inexacts. Il maintenait quant à lui que les propres tests de l’entreprise n’avaient trouvé que 1 % de soja dans le poulet de Subway. Dans une décision connexe, la Cour suprême a par ailleurs refusé d’entendre la contestation par Subway d’une décision parallèle de la Cour d’appel de l’Ontario qui empêchait la chaîne de restauration rapide d’intenter dans cette affaire une poursuite pour négligence contre l’Université Trent.

— La Presse Canadienne

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