Faites le plein d'énergie grâce aux serres du Québec

Viser l’autonomie alimentaire tout en développant une agriculture durable qui utilise cette énergie renouvelable qu’est l’hydroélectricité : voilà l’engagement des producteurs en serre du Québec. C’est en s’associant avec des partenaires qui ont notamment comme priorité la réduction des coûts de production — dont les coûts d’énergie — que ces producteurs s’illustrent pour rivaliser avec leurs compétiteurs d’ailleurs. Portraits de grands passionnés de la culture en serre.

Productions horticoles Demers : valoriser l’expertise familiale

Entreprise familiale en affaires depuis plus de 30 ans, Productions horticoles Demers compte aujourd’hui 350 employés et commercialise une grande variété de tomates, de poivrons et de concombres en serre, en plus des récoltes estivales de petits fruits. Sa progression est le résultat d’un savoir-faire et d’une réelle expertise de la production, elle qui a des serres à Lévis et à Drummondville. « La culture en serre présente son lot de défis. L’innovation technologique, les nouvelles variétés et l’accès à des chefs de culture sont des enjeux qui sont importants dans la réussite d’un projet », confirme Jacques Demers, président-directeur général de l’entreprise. Ses objectifs ? La croissance et la diversification des produits. « Il y a encore des créneaux à exploiter », ajoute-t-il.

« Offrir un produit 12 mois par année permet d’améliorer la relation d’affaires avec les grandes chaînes d’alimentation, de laisser tomber l’importation ou de réduire les importations et de s’approvisionner localement.  »

— Jacques Demers, président-directeur général, Productions horticoles Demers

Serres Toundra : favoriser une économie circulaire

Bâtir un projet et le rendre à maturité : telle était l’ambition première de Caroline Fradet, cofondatrice des Serres Toundra. Fondée en 2014, l’entreprise — située à Saint-Félicien, au Saguenay–Lac-Saint-Jean — fait travailler 250 personnes et se spécialise dans la production de concombres en serre. Poursuivant un objectif de développement structuré en quatre phases, Serres Toundra en a déjà réalisé trois. Sa stratégie d’affaires ? Une production intégrée de A à Z. « Nous faisons pousser nos propres plants dans une pouponnière, nous procédons à l’emballage dans nos installations et nous transformons nos concombres moches afin d’éviter le gaspillage alimentaire. Notre but est que le Québec devienne le plus autonome possible dans sa consommation de fruits et légumes », explique Caroline Fradet.

« La production en serre offre une constance et un environnement contrôlé. Nous pouvons donner à la plante tout ce dont elle a besoin et réagir rapidement. »

— Caroline Fradet, première vice-présidente directrice, Ventes et développement des affaires, Serres Toundra

Excel-Serres : se passionner pour le service

C’est un changement de carrière et un désir de retour à la campagne qui ont amené Dominique Fortier à faire l’acquisition d’Excel-Serres en 2013. L’entreprise artisanale de 30 ans d’ancienneté comptait alors l’équivalent de 3 000 m2 de production en serre. Depuis, les serres spécialisées dans la tomate rose ont augmenté leur superficie à 20 000 m2. « Nous demeurons à dimension humaine, mais à la fine pointe de la technologie. Nos serres sont alimentées à la biomasse et nous utilisons l’éclairage de photosynthèse pour produire nos sept variétés de tomates », précise Dominique Fortier. Employant 25 personnes, l’entreprise privilégie une approche personnalisée.

« Nous sommes situés près de nos clients ; nous pouvons ainsi cueillir les tomates le matin, et elles seront sur les étalages en épicerie la journée même. »

— Dominique Fortier, présidente, Excel-Serres

Promouvoir la signature de l’énergie renouvelable

Pour les producteurs en serre, amener les produits sur le marché en profitant de l’hydroélectricité du Québec constitue le moteur essentiel de cette industrie florissante. Tous s’entendent pour mettre en lumière cette signature particulière : celle d’une énergie renouvelable dont l’accessibilité permet d’offrir des produits de qualité à la population québécoise pour améliorer sa santé globale.

« La trame de fond, c’est d’utiliser la ressource naturelle que nous avons — soit l’eau qui coule dans nos rivières —, la transformer en électricité et amener des produits frais dans un pays nordique comme le Québec, et ce, 12 mois par année. »

— Jacques Demers, président-directeur général, Productions horticoles Demers

Aliments du Québec : partenaire de l’économie locale

Gage d’achat local, le logo d’Aliments du Québec atteste d’une valeur sûre quand vient le temps pour les consommateurs de s’y retrouver dans le choix des produits offerts sur le marché.

« Notre mission est de valoriser les producteurs et transformateurs d’ici, qui font partie de notre grande famille. En hiver, quand les produits frais sont limités, les consommateurs peuvent se tourner vers les fruits et légumes de serre, qui complètent la grande variété d’aliments du Québec et préparés au Québec. C’est toute l’économie locale qui en bénéficie.  »

— Marie Beaudry, directrice générale, Aliments du Québec

Hydro-Québec : offrir un avenir énergétique

Le plus grand défi relatif à l’autonomie alimentaire est l’accessibilité à tous. Pour y parvenir, Hydro-Québec a élargi à plus de producteurs en serre le prix avantageux lié à l’option d’électricité additionnelle pour l’éclairage de photosynthèse ou le chauffage des espaces destinés à la culture de végétaux. « Les aliments produits ici doivent être abordables et offrir un juste prix aux agriculteurs et agricultrices. Cela passe par une réduction des coûts de production, notamment le coût de l’énergie », explique François Désautels, délégué commercial responsable du marché agroalimentaire à Hydro-Québec.

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