Immigration

Des travailleurs essentiels se sentent oubliés

Une soixantaine de personnes ont manifesté samedi après-midi devant le bureau montréalais de François Legault en signe de solidarité avec les travailleurs essentiels immigrants, qui doivent continuer d’être au front malgré l’incertitude quant à leur statut. Le cabinet de la ministre Nadine Girault a affirmé en fin d’après-midi ne pas avoir l’intention d’élargir le programme spécial des demandeurs d’asile.

Les personnes qui travaillent dans les services essentiels et dont le statut migratoire est précaire ne savent toujours pas à quoi s’en tenir. Elles continuent de travailler pendant la pandémie, parfois sans protection adéquate, et demeurent vulnérables à l’exploitation par des entreprises et des agences de placement peu scrupuleuses, estime la Coalition pour la régularisation des statuts.

Pour la Coalition, tous les travailleurs essentiels sans papiers devraient être inclus dans le programme de régularisation.

Joint par La Presse, le cabinet de la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, a affirmé en fin d’après-midi ne pas avoir l’intention d’élargir le programme spécial des demandeurs d’asile. « Notre volonté est de respecter notre engagement que nous avons pris envers les demandeurs d’asile qui ont donné des soins directs aux malades et aux aînés au plus fort de la pandémie, sur la première ligne. Nous n’avons pas l’intention d’élargir le programme spécial des demandeurs d’asile. Notre priorité est de lancer le programme spécial des demandeurs d’asile sur lequel nous travaillons avec le gouvernement fédéral », a écrit l’attachée de presse de la ministre.

« L’équité est essentielle. Dans une période unique de notre histoire, des gens sauvent des vies, le minimum, c’est de leur donner le droit de rester ici », avait déclaré plus tôt samedi Fabrice Vil, fondateur de Pour trois points, alors qu’il prenait part à la manifestation.

Le 10 novembre dernier, après une conversation avec l’ex-députée solidaire Françoise David, François Legault s’était toutefois montré ouvert à élargir le programme de régularisation pour les travailleurs essentiels. « Je voudrais que nous exigions du gouvernement qu’il tienne parole. M. Legault a dit : “Nous allons élargir.” Je m’attends d’un chef d’État qu’il respecte sa parole », a déclaré Mme David dans un discours aux manifestants.

Fernando Hernandez, camionneur venu de Colombie, attend depuis trois ans de voir son statut régularisé. « Je me sens trahi. Je suis essentiel, je travaille, mais je me fais dire que je ne fais pas partie du programme. » Il se considère lui aussi comme à risque de contracter la COVID-19.

Les porte-parole de la Coalition ont rencontré récemment la ministre Nadine Girault. Or, elle a affirmé qu’un élargissement du programme était impossible « à ce stade », déplorent-ils. « Si le gouvernement lui-même a défini le service qu’effectuent ces personnes comme essentiel, elles méritent la régularisation de leur statut au même titre que celles et ceux qui étaient en contact direct avec les personnes atteintes de la COVID-19. Cette rencontre a été très décevante », affirme Stephan Reichhold, co-porte-parole de la Coalition.

Tous les partis de l’opposition de l’Assemblée nationale étaient présents à la manifestation de samedi.

Travail essentiel, statut précaire 

Chapeautée par la Coalition pour la régularisation des statuts, l’action de samedi visait à dénoncer le statut d’immigration précaire de certains travailleurs des secteurs essentiels de l’économie.

La Coalition regroupe une quinzaine d’organismes québécois. Ils déplorent l’exclusion de la majorité des personnes considérées comme essentielles pendant la pandémie du programme de régularisation. Les camionneurs, livreurs, concierges et gardiens de sécurité ne peuvent bénéficier du programme, puisqu’ils ne donnent pas des soins directs à la population.

Les membres de la Coalition demandent la mise en œuvre immédiate du Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 et l’élargissement de ses critères d’admissibilité.

Une première bordée de neige

Signe que l’hiver approche, le Québec devrait recevoir sa première bordée de neige au cours de la soirée et de la nuit de dimanche. D’importantes quantités sont attendues dans certaines régions, avec un risque de pluie verglaçante.

« La neige va commencer dimanche soir, puis va se propager vers l’est lundi. On prévoit un total de 15 à 20 cm sur les secteurs du nord du fleuve, dans un corridor qui s’étend de la Haute-Gatineau vers le nord de Québec, en passant par les Laurentides », explique la météorologue d’Environnement Canada, Catherine Vallières.

Elle précise que les régions situées plus près du fleuve seront moins ensevelies ; on attend en moyenne de 5 à 10 cm dans le Grand Montréal, avec des quantités qui pourraient grimper jusqu’à 15 cm à Laval et 20 cm à Saint-Jérôme. Cette neige pourrait « se changer en pluie » en fin de nuit dimanche, surtout en couronne nord de Montréal. « On peut s’attendre à ce qu’il y ait de la pluie verglaçante à Mirabel, dans Lanaudière et les Laurentides », dit Mme Vallières.

« Ça risque d’être plus compliqué de se déplacer sur les routes à partir de dimanche soir. Au centre-ville de Montréal, on aura de la sloche dès la matinée de lundi. Il faudra être prudent », souligne Anne-Sophie Colombani, météorologue chez Météo Média.

Quoique « légèrement tardive », l’apparition de la neige survient sensiblement dans les temps par rapport aux dernières années. En 2019, la première neige à Montréal est survenue le 11 novembre – 7 cm étaient tombés. L’année d’avant, c’était le 9 novembre, avec 6 cm. Il faut toutefois remonter à 2015 pour retrouver une précipitation plus tardive ; elle était survenue un 24 novembre, avec seulement 2 cm. Dans la métropole, l’arrivée la plus hâtive de la neige s’est produite en 1988, un 22 octobre. En moyenne, depuis les années 2000, on y surpasse la quinzaine de centimètres vers la mi-décembre.

Catherine Vallières rappelle que « les mois de novembre sont un moment de transition ; ils se suivent et ne se ressemblent pas ». « Le fait qu’on a eu cette année une grosse vague de chaleur qui a pulvérisé les records, ça illustre bien qu’il y a plusieurs variables imprévisibles », note-t-elle.

« L’hiver sera atypique »

Appelée à réagir, la Ville de Montréal affirme que ses équipes sont fin prêtes. « Nous serons sur le terrain en amont, afin de procéder à de l’épandage préventif au besoin. Le déblaiement débutera dès que l’accumulation atteindra 2,5 cm », indique une porte-parole, Nafissa Fellah.

Elle invite les Montréalais à planifier leurs déplacements, « alors que la neige fera face à la pluie, ce qui pourrait rendre les chaussées glissantes ». « Cette année, plus que jamais, l’hiver sera atypique, ajoute Mme Fellah. C’est l’occasion pour la Ville et ses concitoyens de s’adapter ensemble pour assurer des déplacements sécuritaires. »

La Ville, qui a connu des ratés en matière de déneigement au cours des dernières années, promet de s’adapter et d’être très « flexible » cette saison, afin que chacun des arrondissements « puisse offrir un service de qualité » selon ses « particularités locales ».

Depuis 2019, les Québécois doivent obligatoirement faire installer leurs pneus d’hiver avant le 1er décembre, et les conserver jusqu’au 15 mars inclusivement.

Après-Brexit

Le Canada et le Royaume-Uni concluent une entente commerciale

Ottawa — Le Canada et le Royaume-Uni ont conclu un nouvel accord de libre-échange avant l’échéance du 31 décembre, évitant ainsi de nouveaux tarifs douaniers qui seraient entrés en vigueur au moment du Brexit officiel.

Il s’agit d’un accord intérimaire, donc de transition, qui remplacera l’Accord économique et commercial global (AECG), qui régit les échanges commerciaux entre les deux pays.

La nouvelle entente assure ainsi une continuité jusqu’à la conclusion d’un nouvel accord plus complet de libre-échange avec les Britanniques. Des négociations doivent être menées au cours de la prochaine année. L’accord provisoire permet toutefois aux exportations canadiennes d’éviter 98 % des nouveaux tarifs douaniers.

Les échanges commerciaux entre le Canada et le Royaume-Uni, le cinquième partenaire commercial du Canada en importance, représentaient 29 milliards de marchandises en 2019.

Le premier ministre Justin Trudeau et son homologue britannique Boris Johnson ont fait l’annonce de ce nouveau pacte, samedi matin, dans le cadre d’une conférence de presse virtuelle. La ministre de la Petite Entreprise, de la Promotion des exportations et du Commerce international du Canada, Mary Ng, et la secrétaire d’État au Commerce international du Royaume-Uni, Liz Truss, ont aussi participé au dévoilement.

Cette importante annonce économique s’inscrit en marge du sommet virtuel du G20, présidé par l’Arabie saoudite.

« C’est une belle journée pour l’amitié Canada Royaume-Uni et on va continuer de travailler ensemble sur ces enjeux », s’est réjoui M. Trudeau en parlant de ce qu’il a appelé l’« accord provisoire de continuité commerciale Canada–Royaume-Uni ».

À son tour, Boris Johnson a lancé en français que « c’est une belle journée » pour les deux États. Il a ajouté que ce partenariat aiderait les deux économies à se relever après la pandémie de COVID-19.

Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne (UE) à la fin de janvier dernier, pour respecter le référendum sur le Brexit, mais les deux parties étaient en période de transition depuis 11 mois.

Les négociateurs canadiens et britanniques travaillaient à conclure un accord de transition fondé sur l’AECG depuis tout ce temps, au bénéfice notamment des produits canadiens, comme les steaks et les fruits de mer ou encore les pièces automobiles.

La ministre Mary Ng a fait savoir qu’un projet de loi serait déposé aux Communes rapidement afin de ratifier l’entente. Elle a précisé qu’il n’était pas question dans cet accord d’ouvrir davantage le marché du fromage aux produits britanniques, préservant ainsi le statu quo dans le système de gestion de l’offre.

L’industrie laitière canadienne a fait entendre sa colère face aux récentes ententes commerciales avec l’Europe, les États-Unis et le Mexique qui ouvraient le marché à plus d’importations.

Contrairement à la tradition, peu de détails ont été dévoilés à propos de l’accord provisoire. Aucune séance d’information n’a été organisée avec les médias et aucune version écrite de l’entente n’a été fournie.

Québec « satisfait »

La porte-parole conservatrice en matière de commerce, Tracy Gray, reproche au gouvernement de présenter « une entente de dernières minutes », en plus d’être temporaire et de nécessiter de nouvelles négociations.

« Nous allons faire notre travail en étudiant les mesures législatives qui mettront en vigueur cette entente transitoire afin de nous assurer que celle-ci est bonne pour le Canada et n’aggrave pas plus la situation des exportateurs canadiens que l’AECG », a-t-elle déclaré.

Le gouvernement du Québec s’est réjoui de l’annonce. Il se dit notamment « satisfait de constater qu’aucun accès additionnel n’a été accordé par le Canada au Royaume-Uni pour les produits des secteurs sous gestion de l’offre, ce qui confirme que les quantités de fromage qui entreront au Canada n’augmenteront pas ».

Parti québécois

Début d’un « nouveau cycle » vers l’indépendance

C’est le début d’un « nouveau cycle » menant à l’indépendance du Québec, a conclu samedi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. Et ce n’est « pas farfelu », a-t-il assuré. Il présentait un nouveau « projet national » aux militants du Parti québécois (PQ), réunis en conseil national virtuel : un éventuel gouvernement péquiste élu en 2022 tiendrait un référendum sur l’indépendance dans un premier mandat. Ainsi, après avoir repoussé la tenue d’un référendum sous leur ancien chef Jean-François Lisée, les péquistes redeviennent maintenant des indépendantistes pressés. Le document de « projet national » sera discuté dans les circonscriptions au cours des prochains mois pour être adopté en congrès à l’automne 2021. Il propose notamment de « démondialiser » et « décanadianiser » le Québec. « Je vois bel et bien un nouveau cycle » vers l’indépendance, a déclaré le nouveau chef dans son discours de clôture, en commentant un sondage suggérant que 40 % des Québécois diraient oui à la souveraineté s’il y avait un référendum. — La Presse Canadienne

Un blogueur complotiste blâmé par son ordre professionnel

Le populaire blogueur complotiste Daniel Pilon, étroitement associé au mouvement antimasque, a été déclaré coupable par le conseil de discipline de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec d’avoir agi d’une façon « indigne » nuisant à la réputation de ses membres. Vues par près de 200 000 personnes sur Facebook et YouTube, certaines de ses vidéos accusaient Bill Gates de vouloir insérer des puces dans les vaccins contre la COVID-19 pour contrôler la population grâce à la technologie 5G. Le conseil de discipline déclare aussi M. Pilon coupable d’avoir menacé la syndique adjointe de l’ordre professionnel de « mesures de représailles » en la nommant publiquement dans une vidéo dans laquelle il demandait à ses abonnés de la contacter par Facebook pour la bloquer. M. Pilon n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue faites par téléphone et sur Facebook. Il a de son propre chef plaidé coupable à certaines des accusations, notamment d’avoir entravé l’enquête de la syndique adjointe et d’avoir « tenu des propos qui manquent de rigueur, de modération, d’objectivité et de professionnalisme » dans certaines de ses vidéos.

— Tristan Péloquin, La Presse

La CAQ mène la province vers l’austérité, selon QS

Les Québécois renoueront très bientôt avec l’austérité des années libérales si rien d’autre n’est fait, croit Québec solidaire (QS). Le parti a réuni environ 200 de ses membres ce week-end en conseil national virtuel ayant pour thème « Qui va payer pour la crise ? ». En point de presse samedi, la co-porte-parole de QS, Manon Massé, a affirmé que les compressions dans les services publics étaient inévitables, si l’on se fie à la mise à jour économique. Le 12 novembre, le ministre des Finances, Eric Girard, a confirmé que le déficit atteindrait cette année 15 milliards, un sommet historique. S’ensuivra un déficit anticipé de 8,3 milliards en 2021-2022, puis 7 milliards l’année suivante. Le gouvernement s’est engagé à ne pas hausser les taxes et les impôts, malgré le contexte difficile causé par la pandémie. Le mini-budget ne comporte aucun accroissement du fardeau fiscal des Québécois. « Ils préfèrent compter sur le fédéral, espérer le retour d’une forte croissance économique ; honnêtement, ces deux facteurs là sont plus ou moins rassurants », a déclaré Mme Massé.

— La Presse Canadienne

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