Un projet majeur en hommage à Riopelle à Québec

Québec — Un pavillon voué à l’un des plus grands peintres de l’histoire du Québec, Jean Paul Riopelle, sera construit au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), a appris La Presse. Le gouvernement Legault investira 20 millions de dollars dans ce projet qui avoisinerait les 45 millions.

Le nouveau pavillon accueillera des œuvres de Riopelle provenant de collections privées et publiques. L’annonce officielle devrait se faire vers la fin de la semaine prochaine.

Dans son minibudget dévoilé jeudi, le gouvernement Legault indique en quatre petites phrases, parmi les 354 pages du document, qu’il compte « investir dans un projet culturel de grande envergure », sans en dévoiler la nature. Il prévoit « un investissement en infrastructures de 20 millions ».

Or, selon nos informations, il s’agit bel et bien de la construction d’un pavillon consacré à Riopelle au MNBAQ, dans la capitale. Ce projet se fait dans le cadre des célébrations prévues pour le centenaire de la naissance de l’artiste en 2023.

À l’origine, une « aile Riopelle » devait être créée au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), à la suite d’une entente entre Nathalie Bondil, ex-directrice générale du MBAM, et l’homme d’affaires canadien et grand collectionneur de Riopelle Michael Audain. C’était à la demande du Musée, dans le but d’honorer Riopelle dans sa ville natale.

Dans un décret adopté le 25 mars 2020, le gouvernement accordait 10 millions à ce projet. Les plans architecturaux ont été réalisés début 2020 par la Fondation Riopelle, au coût de 200 000 $. Après que Mme Bondil a été limogée avec fracas, en juillet 2020, son successeur, Stéphane Aquin, a décidé de mettre fin au projet, laissant Michael Audain déçu et abasourdi par ce revirement.

Cette décision ouvrait la voie à la création d’un musée à part entière – comme Michael Audain en avait créé un à Whistler, en Colombie-Britannique – ou au transfert d’une aile Riopelle dans un autre musée québécois. L’hypothèse de convertir en Espace Riopelle la bibliothèque Saint-Sulpice, dans la métropole, a ainsi été examinée puis rejetée.

L’automne dernier, le premier ministre François Legault et la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, ont rencontré les représentants de la Fondation Riopelle – le président Michael Audain, la directrice générale Manon Gauthier et le membre fondateur Pierre Lassonde. Ils ont discuté des célébrations du centenaire de Riopelle et en particulier du sort de la construction d’un espace consacré à Riopelle. L’idée de transférer le projet au MNBAQ, sur les plaines d’Abraham à Québec, a été retenue plus tard, à la suite de pourparlers. Ce projet sera d’une plus grande envergure que ce qui était prévu au départ à Montréal.

C’est un deuxième espace qui s’ajoutera au MNBAQ en quelques années. Le pavillon Lassonde, sur la Grande Allée, a ouvert ses portes en 2016, un projet qui a coûté 105 millions de dollars provenant des gouvernements et de partenaires privés, dont Pierre Lassonde.

Le pavillon Riopelle du MNBAQ contiendra les œuvres que le Musée possède déjà, mais aussi celles que Michael Audain destinait au MBAM et des œuvres prêtées ou données par les grands collectionneurs Pierre Lassonde et André Desmarais.

En plus des 20 millions pour la construction, le gouvernement prévoit verser 7 millions de dollars, à compter de 2024, pour assurer le fonctionnement du projet.

Avec cette annonce, François Legault cherchera à exploiter une nouvelle fois le thème de la fierté. Au début de son mandat, il liait le nationalisme à trois piliers : la laïcité, la langue et la culture. S’il a déjà agi sur le premier et que la réforme de la loi 101 est à l’étude à l’Assemblée nationale, le dernier pilier paraissait chambranlant jusqu’ici. Le gouvernement tente de le redresser depuis quelques mois.

En juin, il a annoncé la création du réseau Espaces bleus, musées consacrés à l’histoire régionale et aux héros locaux, au coût de 259 millions. Le pavillon Riopelle sera une autre initiative pour célébrer l’un des grands artistes de l’histoire du Québec.

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