Rassemblement à la mémoire de Thomas Trudel

« C’est comme si l’école avait perdu son âme »

Des centaines de personnes se sont rassemblées au parc François-Perrault dans le quartier Saint-Michel, samedi. Là où Thomas Trudel, 16 ans, s’est réuni avec ses amis dimanche dernier, avant d’être tué par balle en rentrant chez lui.

Des adolescents se tenaient la main, en regardant droit devant eux. Certains serraient un bouquet de fleurs, et d’autres, un ballon blanc.

Le groupe a marché jusqu’à l’angle de la rue Villeray et de la 20e Avenue, où Thomas a été atteint par balle, afin de lui rendre un dernier hommage.

« Je n’ai pas de mots », a déclaré Marc Tomaszewski, qui était le professeur de français du défunt l’année dernière, à l’école secondaire Joseph-François-Perrault.

« C’est juste terrible. L’ambiance cette semaine à l’école, c’était à couper au couteau », poursuit son collègue Simon Cliche, les larmes aux yeux. « On ne comprend pas ce qui se passe. C’est difficile de réconforter les enfants quand tu n’as pas d’explication, que c’est gratuit », a ajouté M. Cliche, qui réside dans le quartier avec ses enfants.

Le rassemblement, organisé par le Forum jeunesse de Saint-Michel, avait pour but d’afficher le soutien de la communauté à la famille de Thomas.

Julie Bussières, son mari et ses deux filles habitent dans la même rue que les parents de Thomas. « Ici, c’est un quartier vraiment tissé serré », a-t-elle lancé d’emblée, qualifiant la mort de l’adolescent d’« infiniment triste ». « Ça remet en question notre choix de venir vivre en ville, de venir vivre dans Saint-Michel », a-t-elle évoqué.

Thomas Trudel a reçu une balle au haut du corps alors qu’il marchait vers son domicile, après avoir rencontré des amis au parc. Il a été tué à la suite d’un échange verbal avec un individu.

Il s’agit du 31e meurtre à être survenu à Montréal cette année. Moins d’un mois auparavant, un adolescent de 16 ans, Jannai Dopwell-Bailey, a été assassiné dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. En février, Meriem Boundaoui, 15 ans, a été tuée par balle dans le secteur de Saint-Léonard.

Un élève de l’école que fréquentait Thomas a pris la parole devant les élus ayant participé au rassemblement. Le lieutenant du Québec, Pablo Rodriguez, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, et la ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, étaient notamment présents.

« La journée après son décès, quelque chose n’allait pas à Joseph-François-Perrault. On pouvait voir les enseignants, la direction et les élèves pleurer, ou sur le bord des larmes. Ce n’était pas comme avant, c’est comme si l’école avait perdu son âme », a raconté l’élève de l’école Joseph-François Perrault.

« On veut de l’action »

Patricia Clermont, mère impliquée dans le conseil d’établissement de l’école secondaire, a appelé les différents ordres de gouvernement à agir au plus vite afin de freiner la flambée de violence qui sévit dans les rues de la métropole.

« J’attends du municipal qu’il exerce un leadership fort, notamment en convoquant dès cette semaine d’urgence des réunions avec leurs partenaires du provincial et du fédéral », a affirmé Mme Clermont.

La mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Laurence Lavigne Lalonde, a promis qu’elle allait répondre à la demande de Patricia Clermont. « Les messages sont clairs. Les groupes communautaires, les citoyens, les jeunes connaissent les solutions. […] On veut que le gouvernement fédéral s’attaque à nos frontières pour qu’il n’y ait plus d’armes qui rentrent ici », a-t-elle déclaré, suscitant les applaudissements de la foule.

Pablo Rodriguez a plutôt été hué à la suite de son discours, qui offrait son soutien à la communauté de Saint-Michel. « On veut de l’action », se sont exclamés les citoyens.

François Legault critiqué

Le premier ministre du Québec a publié un message sur sa page Facebook, où il disait penser à Thomas et Meriem, sans faire mention de Jannai, s’attirant ainsi la colère d’internautes.

« Savez-vous que ce n’est pas le seul jeune de 16 ans décédé par balle depuis peu [?] [NDLR : Jannai Dopwell-Bailey a été poignardé et non atteint par balle.] Mes sympathies à toutes les familles endeuillées, peu importe leur quartier de provenance et la couleur de leur peau… », a réagi une internaute. « Pourriez-vous aller également vous recueillir dans le quartier de Côte-des-Neiges où un jeune homme racisé de 16 ans aussi est décédé poignardé suite à une violente attaque [?] », a commenté un autre.

Lors des funérailles de Jannai Dopwell-Bailey, vendredi, sa famille a dénoncé un « double standard » concernant la réaction des politiciens quant à la mort de Jannai et de Thomas, en raison de leur couleur de peau.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et François Legault sont allés se recueillir sur les lieux où Thomas a été assassiné, ce qu’ils n’ont pas fait dans le cas de Jannai. La mairesse aurait aussi été invitée à se présenter à la veillée à la mémoire de Jannai, où elle n’est pas allée.

Manifestation contre le REM de l’Est 

« Un cadeau empoisonné », déplore l’organisateur

Plus d’une centaine de manifestants se sont réunis samedi dans le secteur de Mercier-Est, pour s’opposer à la mise en place du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est aérien à Montréal. Un projet qui les relaie au plan de « citoyens de seconde classe », estiment-ils.

Les participants au rassemblement ont marché au son des tambours et des sifflets, brandissant des pancartes où on pouvait lire : « Non au REM aérien. »

Le REM de l’Est, un train léger automatisé, reliera le secteur de Pointe-aux-Trembles au centre-ville de Montréal, au moyen de 25 km de voies aériennes, selon le promoteur du projet, CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Un tracé souterrain de 7 km devrait aussi être déployé dans l’arrondissement de Montréal-Nord.

Selon Daniel Chartier, vice-président du Collectif en environnement Mercier-Est, qui a organisé l’évènement, le REM de l’Est est « un cadeau empoisonné ». Il croit que la ligne verte du métro dessert déjà bien la population de l’est de la métropole.

Catherine Miron, résidante du quartier de Mercier-Est, est du même avis. « Ce n’est pas avantageux pour nous », dit-elle. « Moi, je me rends à pied jusqu’au métro pour me rendre au centre-ville », poursuit-elle.

Depuis le mois d’août, des résidants du quartier déplorent que le REM aérien soit érigé rue Sherbrooke Est, ce qui nuirait à leur qualité de vie.

« On est des citoyens de seconde classe aux yeux de CDPQ Infra », dénonce Daniel Chartier.

Le Collectif en environnement Mercier-Est a déjà distribué 14 000 dépliants dans des boîtes aux lettres, en plus d’avoir rencontré des citoyens afin de discuter du projet controversé.

CDPQ Infra dit avoir sélectionné une structure aérienne dans l’est de la métropole « à la lumière de ses nombreux avantages ».

Projet Montréal s’oppose

Le maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, a pris part à la manifestation.

« La Caisse ne semble pas avoir fait un travail sérieux en proposant un REM aérien sur Sherbrooke », estime M. Lessard-Blais. Il a rappelé que Projet Montréal s’opposait à la mise en place du REM aérien rue Sherbrooke, puisqu’il juge la voie trop étroite. CDPQ Infra devrait analyser « sérieusement » un tracé souterrain, souligne-t-il.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a aussi participé à la manifestation. « Il y a un problème d’équité envers les gens dans l’est de Montréal depuis des décennies », déclare-t-il.

La Presse a rapporté au mois de novembre que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) dévoilerait au début de l’année 2022 une analyse concernant les répercussions du REM de l’Est. L’ARTM déposera ce document dans le cadre de l’évaluation du projet du REM par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Bilan de la COVID-19 au Québec

815 nouveaux cas, trois morts

Québec a rapporté 815 nouveaux cas de COVID-19 samedi ainsi que trois morts supplémentaires. Le nombre d’hospitalisations est demeuré stable. Les nouveaux cas portent à 665 la moyenne des cas quotidiens calculée sur sept jours. Au total, 201 personnes sont hospitalisées en raison de la COVID-19. Parmi elles, 45 patients se trouvent aux soins intensifs. Le nombre d’éclosions actives est stable à 580. Un total de 28 287 analyses ont été réalisées le 18 novembre. Le taux de positivité s’élève à 2,5. Les autorités ont aussi indiqué que 5714 doses de vaccin, dont 3524 deuxièmes doses, ont été administrées en 24 heures, pour un total de plus de 13,34 millions. En date du 19 novembre, 77,6 % des Québécois étaient adéquatement vaccinés.

— Coralie Laplante, La Presse, avec La Presse Canadienne

Ahuntsic-Cartierville

Des coups de feu entendus

Au moins un impact de projectile d’arme à feu a été découvert samedi sur un immeuble de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, à Montréal. Les policiers ont été appelés sur les lieux vers 15 h 15 à la suite d’un appel fait au 911. Des coups de feu avaient été entendus à l’intersection des rues Sackville et de Port-Royal Est. Aucun blessé n’a été signalé. La police n’a arrêté aucun suspect jusqu’à présent. Un impact de balle a été découvert sur un immeuble résidentiel de la rue Sackville. Un périmètre de sécurité a mis en place. Une équipe technique en identité judiciaire a été déployée sur les lieux pour analyser la scène du crime.

— Lila Dussault, La Presse

La sénatrice Josée Forest-Niesing emportée par la COVID-19

La sénatrice de l’Ontario Josée Forest-Niesing a succombé à la COVID-19 samedi, à l’âge de 56 ans. Le bureau de Josée Forest-Niesing avait annoncé plus tôt cette semaine que la sénatrice de Sudbury, en Ontario, était revenue chez elle samedi dernier après avoir été admise à l’hôpital en raison du virus. La déclaration indiquait qu’elle était adéquatement vaccinée contre la COVID-19, mais qu’elle était considérée comme vulnérable en raison d’une maladie auto-immune qui avait affecté ses poumons au cours des 15 dernières années et réduit l’efficacité du vaccin. Le président du Sénat, George J. Furey, a confirmé sa mort dans un communiqué samedi, dans lequel il a décrit la sénatrice Forest-Niesing comme « une ardente et passionnée défenseuse de l’accès à la justice dans les deux langues officielles ». Avocate de formation, Josée Forest-Niesing est décrite sur le site web du Sénat comme une fière Franco-Ontarienne qui avait récemment découvert son héritage métis. — La Presse Canadienne

Montérégie

Un homme meurt dans un accident de travail

Un accident de travail dans la municipalité de Saint-Rémi, en Montérégie, a causé la mort d’un homme âgé d’une cinquantaine d’années. L’évènement s’est produit samedi en milieu d’après-midi. Selon les informations de la Sûreté du Québec, le travailleur aurait été en contact avec un fil électrique alors qu’il procédait à des travaux d’émondage dans la rue Saint-Louis. Un enquêteur et des techniciens en identité judiciaire avec la collaboration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail analysaient la scène afin d’établir les causes et les circonstances exactes entourant l’évènement. L’enquête se poursuivait toujours, samedi soir.

— La Presse Canadienne

Coastal GasLink

Deux journalistes parmi la quinzaine de personnes arrêtées

Une photojournaliste chevronnée et un réalisateur de documentaire figurent parmi les 15 personnes arrêtées vendredi pour avoir contrevenu à une injonction interdisant à des manifestants de bloquer l’accès à une route utilisée par les travailleurs de Coastal GasLink, en Colombie-Britannique. Même si leur identité n’a pas été dévoilée par la Gendarmerie royale du Canada, l’avocate Frances Mahon a indiqué que la photojournaliste Amber Bracken et le réalisateur de documentaire Michael Toledano avaient été arrêtés près de Houston, dans le nord de la province. Ils étaient toujours détenus samedi matin. Une porte-parole policière, la sergente Janelle Shoihet, a indiqué par courriel que l’identité des personnes arrêtées ne pouvait être révélée, se contentant de dire que « des individus s’identifiant comme des journalistes indépendants » figuraient parmi elles.

— La Presse Canadienne

Rectificatif

Niveau du lac Saint-Jean

Dans l’article « Quand la nature reprend ses droits » publié samedi, il était erronément écrit que le niveau le plus bas du lac Saint-Jean pour la période 1913-1925 avait été de 86 mètres ; il avait plutôt été de 96 mètres. Nos excuses.

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