COVID-19

Une hausse « fulgurante » des cas encore possible

Le Canada n’est pas à l’abri d’une augmentation « fulgurante » du nombre de cas de COVID-19 dans les prochaines semaines, même si la pandémie est presque maîtrisée au pays, à l’exception de quelques éclosions, ont insisté lundi les experts de la Santé publique du Canada en dévoilant de nouvelles modélisations sur la pandémie.

« Le virus n’a pas disparu. Il pourrait y avoir une résurgence à tout moment », a martelé en point de presse la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la Santé publique du Canada.

« Deux à trois semaines » de relâchement généralisé. C’est en effet tout ce qu’il faudrait pour qu’une nouvelle vague du coronavirus déferle sur le pays, a prévenu le DHoward Njoo, numéro deux de la Santé publique.

« Ces modèles indiquent que si nous assouplissons nos mesures trop rapidement, l’épidémie reprendra probablement de la vigueur et il se peut très bien qu’il y ait une croissance fulgurante du nombre de cas », a mis en garde le DNjoo, alors que les deux provinces les plus touchées, le Québec et l’Ontario, se déconfinent à grande vitesse depuis quelques semaines.

Une nouvelle simulation présentée lundi montre la possibilité d’une hausse considérable des éclosions de COVID-19 l’automne prochain si les mesures de distanciation et de contrôle de virus disparaissaient d’un coup. Selon ce modèle, on surpasserait dès la fin de l’été le « pic » de l’épidémie atteint au printemps. Le nombre de cas serait alors trois fois plus élevé qu’au pire moment de la crise.

« C’est une simulation. Mais une résurgence peut arriver à n’importe quel moment. On le voit en temps réel ailleurs dans le monde. On voit une éclosion dans les endroits où on ne respecte pas les mesures de santé publique », a prévenu la Dre Tam.

Bien qu’elle ne cite aucun pays, la grande patronne de la Santé publique semble décrire la situation des États-Unis. Nos voisins du Sud sont frappés par une augmentation importante du nombre de cas, alors que bien des citoyens ne respectent pas les mesures de distanciation physique. En Floride, le nombre de cas a été multiplié par cinq en seulement deux semaines, forçant les autorités à fermer à nouveau des pans de l’économie.

C’est pourquoi il est primordial que les Canadiens continuent de respecter les mesures de distanciation physique et les conseils d’hygiène de base, a insisté la Dre Tam. Mais pour éviter une deuxième vague, les gouvernements doivent aussi réussir à détecter rapidement les nouveaux cas afin d’éviter la contagion, puis à établir les contacts des personnes infectées. Chaque jour de retard dans la détection des cas et des contacts risque de nourrir l’épidémie.

Malgré les risques d’une seconde vague, il n’est pas encore question de rendre obligatoire le port du masque ou du couvre-visage dans les lieux publics.

« C’est plus efficace d’encourager avec des efforts d’éducation au lieu d’utiliser un outil réglementaire. »

— Le Dr Howard Njoo

Même si de nombreux épidémiologistes suggèrent de le rendre obligatoire en public, le couvre-visage n’est qu’une « mesure supplémentaire », selon le DNjoo. Il recommande d’en porter un dans les lieux publics où il est impossible de garder une distance de deux mètres.

« On n’est pas sortis du bois »

Les mesures déployées par les gouvernements depuis le printemps ont démontré leur efficacité, selon la Dre Tam. Ainsi, depuis huit semaines, le taux de reproduction réel du virus est en deçà du taux critique de 1, c’est-à-dire que chaque personne infectée par le virus infecte à son tour moins d’une personne, a-t-elle expliqué. La transmission communautaire se poursuit cependant à Toronto et à Montréal, a-t-elle souligné.

« Après un printemps très difficile, les choses continuent de s’améliorer. On a des zones chaudes, mais dans l’ensemble du pays, le nombre de cas d’hospitalisation et de décès sont en baisse. […] Mais on n’est pas sortis du bois. Il faut rester prudents », a indiqué le premier ministre Justin Trudeau.

Les experts en santé publique prévoient d’ailleurs une faible augmentation des cas d’ici à la mi-juillet. Selon une nouvelle modélisation, on estime qu’il y aura entre 103 940 et 108 130 cas le 12 juillet, une hausse d’environ 700 à 5000 cas. Les experts prévoient aussi un total de 8545 à 8865 décès causés par la COVID-19 d’ici deux semaines, alors qu’on enregistre 8522 décès au pays.

Notons que Justin Trudeau et la Dre Tam ne feront dorénavant plus de conférence de presse quotidienne, mais seulement quelques fois par semaine. Le premier ministre et la numéro un de la Santé publique répondent depuis plus de trois mois aux questions des journalistes pratiquement tous les jours dans des points de presse distincts.

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