Mexique

90 314

Nombre de demandes d’asile enregistrées au Mexique de janvier à septembre, selon les derniers chiffres de la Commission d’aide aux réfugiés. C’est bien davantage que les 70 406 demandes sur l’ensemble de l’année 2019, avant que la pandémie fasse chuter le nombre de candidats au statut de réfugiés à 41 059, en 2020. (AFP)

Autriche

Les partis de l’opposition exigent la démission du chancelier Kurz

Les verts autrichiens, partenaires minoritaires du gouvernement, ont mis en doute jeudi la capacité du conservateur Sebastian Kurz à poursuivre son action au poste de chancelier, au lendemain de son implication dans une affaire de corruption. Le vice-chancelier et leader des écologistes, Werner Kogler, estime que « la capacité du chancelier à agir efficacement est remise en question », après l’ouverture d’une enquête le visant. Selon le parquet, entre 2016 et 2018, « des ressources du ministère » des Finances auraient été utilisées pour « financer des sondages d’opinion partiellement manipulés qui servaient un intérêt politique exclusivement partisan ». M. Kurz et neuf autres suspects, ainsi que trois organisations, font l’objet d’une enquête pour diverses infractions liées à cette affaire. Toutes les formations de l’opposition réclament la démission du chancelier. Le Parlement doit se réunir mardi en session extraordinaire, avec le possible dépôt d’une motion de censure commune. Brandissant des pancartes « contre la corruption », des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la soirée devant les locaux de l’ÖVP à Vienne, pour réclamer le départ du chancelier.

— Agence France-Presse

Pologne

Des traités de l’UE jugés incompatibles avec la Constitution

La plus haute juridiction polonaise a décidé jeudi que certains articles des traités de l’Union européenne (UE) étaient « incompatibles » avec la Constitution de la Pologne, dans une décision qui pourrait menacer le financement européen prévu pour ce pays et même remettre en question sa présence dans l’UE. Cette décision est le dernier rebondissement d’un long affrontement entre la Pologne et l’UE au sujet de réformes judiciaires controversées introduites par le parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice. Dans son arrêt, la présidente de la Cour constitutionnelle, Julia Przylebska, a énuméré plusieurs articles du traité de l’UE qui, selon elle, sont incompatibles avec la loi suprême polonaise, déclarant en outre que les institutions européennes « agissent au-delà du champ de leurs compétences ». Le porte-parole du gouvernement, Piotr Muller, a salué l’arrêt de la Cour, soulignant qu’il confirmait « la primauté du droit constitutionnel sur les autres sources de droit ». Le mois dernier, le commissaire européen chargé de l’Économie, Paolo Gentiloni, a prévenu que l’affaire judiciaire polonaise pourrait avoir des « conséquences » sur le versement des fonds de relance à la Pologne.  

— Agence France-Presse

Cachemire indien

Sept civils abattus en moins d’une semaine

Deux enseignants ont été abattus jeudi dans leur école au Cachemire sous contrôle indien, a déclaré la police, portant à sept le nombre de personnes assassinées dans des circonstances similaires en moins d’une semaine dans cette région que se disputent l’Inde et le Pakistan. Des hommes armés ont fait irruption dans une école publique située dans le quartier d’Eidgah, dans la ville principale de Srinagar et abattu deux enseignants, dont le directeur de l’établissement. Aucun élève n’était présent à ce moment-là. L’attaque survient deux jours après le meurtre de trois civils tués dans des fusillades distinctes en l’espace de 90 minutes. Les deux premières victimes, le propriétaire d’une importante pharmacie à Srinagar et un marchand ambulant originaire de l’État indien du Bihar, ont été tuées, puis une demi-heure plus tard, un troisième homme a été assassiné par un commando armé, suivant le même mode opératoire, dans le quartier de Shahgund, dans le nord de la ville, selon la police. Le Front de résistance, groupe rebelle relativement récent, a revendiqué mercredi ces trois meurtres dans une déclaration qui désignait les victimes comme des collaborateurs des forces de sécurité indiennes.

— Agence France-Presse

Pakistan

Un séisme fait au moins 20 morts et plus de 200 blessés

Un puissant séisme a entraîné l’effondrement d’une mine de charbon et de dizaines de résidences dans le sud-ouest du Pakistan, tôt jeudi, tuant au moins une vingtaine de personnes et faisant plus de 200 blessés, ont annoncé les autorités dans un bilan préliminaire. On s’attend à ce que le nombre de victimes continue de s’alourdir alors que des équipes de secours ont été déployées dans des endroits isolés en montagne, a expliqué le commissaire adjoint local Suhail Anwar Shaheen. Au moins quatre décès sont reliés à l’effondrement de la mine de charbon, a précisé M. Shaheen, en disant s’appuyer sur le témoignage de mineurs de la région. Le nombre de maisons effondrées pourrait s’élever jusqu’à une centaine. Leurs occupants endormis y ont été ensevelis. D’après des relevés géologiques américains, l’épicentre du tremblement de terre de magnitude 5,9 sur l’échelle de Richter se situe à environ 15 kilomètres au nord-est de la ville de Harnai, dans la province du Baluchistan. La secousse s’est produite à environ neuf kilomètres sous la surface de la terre.

— Associated Press

Égypte

Les coraux perdent leurs couleurs, le monde une protection

« S’ils disparaissent, nous disparaîtrons tous avec eux », lance Mohammed Abdelaziz en surveillant de son bateau plongeur et nageurs. « Ils », ce sont les coraux de la mer Rouge en Égypte qui se meurent dans une eau de plus en plus chaude.

« Tant que les récifs coralliens sont là, nous avons beaucoup de poissons et donc du boulot », explique à l’AFP cet instructeur de plongée égyptien à Charm el-Cheikh, joyau touristique de la péninsule désertique du Sinaï.

Ces labyrinthes de coraux rouges, jaunes ou verts – il en existe 209 sortes en Égypte seulement –, où se nichent des myriades de poissons aux couleurs chatoyantes, attirent des plongeurs venus du monde entier.

Mais entre évaporation galopante et températures qui grimpent inexorablement, ils s’éteignent toujours plus vite. En 1998 seulement, 8 % des coraux du monde avaient disparu, durant les 20 années suivantes, 14 % ont blanchi, rapporte le Status of Coral Reefs of the world 2020.

Selon l’ONU, environ 1 milliard d’habitants de la planète se nourrissent ou gagnent leur vie grâce aux coraux. Et les quelque 6,7 milliards d’autres, eux aussi, subiraient les contrecoups de la mort des récifs coralliens de la mer Rouge et d’ailleurs.

Sans corail, plus du quart de la vie marine est menacée, tout comme les habitants de milliers de kilomètres de côtes que les barrières de corail ne seraient plus là pour protéger de désastres naturels.

L’acidité, ennemi numéro un

Ce scénario catastrophe n’est plus de la science-fiction, prévenait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018. « Sans mesures radicales pour stabiliser la hausse des températures à 1,5 °C au-dessus des niveaux pré-industriels, disait-il, 70 à 90 % des récifs coralliens disparaîtront dans les décennies à venir ».

Car, explique à l’AFP Katherine Jones, consultante sur les questions de changement climatique basée en Égypte, « quand la température de l’eau augmente, elle retient plus de dioxyde de carbone qui génère de l’acide carbonique, donc non seulement l’eau est plus chaude mais elle est aussi plus acide ».

Et la santé humaine est bien en danger car, selon l’ONU, le blanchiment des coraux allié à la chaleur pourrait entraîner davantage d’épidémies.

« Point de non-retour »

« Si aucune mesure n’est prise, en 2030-2035, nous aurons gagné 2,4 °C », prévient-il, plaidant pour un objectif modeste : viser 2 °C d’augmentation, pour ensuite tenter d’inverser la tendance et tomber à 1,5 °C.

Déjà, assure-t-il, les gouvernements se mobilisent et l’Égypte, le Maroc et la Turquie figurent parmi les bons élèves.

Pour Katherine Jones estime toutefois qu’« on pourrait avoir déjà dépassé le point de non-retour ».

« Tout ce qu’on peut faire désormais c’est essayer de retarder le réchauffement climatique, pour pouvoir nous adapter. »

— Agence France-Presse

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