LNH

Kristopher Letang et les secrets de la longévité

Les années passent, Kristopher Letang reste. Et les Penguins sont encore dans la course aux séries éliminatoires. À croire que le temps n’a pas d’effet à Pittsburgh.

Le défenseur s’est entretenu avec La Presse, mercredi, à titre d’ambassadeur du 16e Triathlon d’hiver de la Fondation CHU Sainte-Justine, qui aura lieu virtuellement du 14 au 20 février. Le père de famille a passé les 15 dernières années à Pittsburgh, ce qui ne l’empêche pas d’avoir à cœur le Québec et ses causes.

« C’est un évènement mobilisateur, qui fait du bien, dit-il. Ça nous encourage à bouger, à avoir du plaisir. Ça redonne aussi à une institution comme Sainte-Justine. Ce sont des valeurs qui sont très importantes pour moi.

« Je suis allé à plusieurs reprises à l’hôpital pour rencontrer des patients, poursuit-il. J’ai vu à quel point ces enfants-là ont de la résilience, du courage. Il ne faut pas oublier non plus les parents là-dedans. Ça prend une force énorme pour réussir à passer au travers. Il n’y a rien de pire que de voir un de nos enfants malade. »

À 34 ans, Letang est l’un des doyens de la LNH à la ligne bleue (il n’y a que 15 défenseurs plus âgés que lui dans la ligue). Historiquement, c’est l’âge auquel régressent la plupart des défenseurs offensifs.

Dans l’histoire de la LNH, seuls 23 joueurs de cet âge ont eu une saison de 40 points ou plus (selon Quant Hockey). Mais le natif de Montréal, avec ses 29 points en 31 matchs jusqu’ici cette saison, se situe au 7e rang du circuit Bettman chez les défenseurs. Il ne dérougit pas, année après année.

Alors, c’est quoi, le secret ?, lui demande-t-on tout bonnement.

Il laisse échapper un petit rire avant de répondre : « Il n’y en a pas vraiment. Tout est dans ce que tu décides d’investir dans ton corps, dans ta nutrition, ton mode de vie. Les gens qui me connaissent savent que j’adore m’entraîner, pousser les limites de mon corps pour être capable d’atteindre les plus hauts niveaux. C’est ça, mon secret à moi. »

L’arrière de 6 pi se sent d’ailleurs « mieux, ou de la même manière, que quand [il] avait 25 ans ». Et il doit ça entre autres aux différentes innovations dans le monde du sport, selon lui.

« Avant, on allait juste sur la patinoire jouer au hockey, après ça, on retournait à la maison et on essayait de se reposer. Là, je reçois des traitements chaque jour. »

Toujours dans le coup

En date de mercredi, les Penguins se classaient au quatrième rang de la division Métropolitaine. L’équipe a pourtant été privée d’Evgeni Malkin du début de la saison jusqu’à tout récemment, tandis que Sidney Crosby a manqué 12 rencontres dans la première moitié du calendrier. L’équipe s’en sort néanmoins toujours bien.

« Les standards établis par un joueur comme Sidney sont très élevés, mais en même temps, ça donne un modèle pour les jeunes ou les autres joueurs qui arrivent d’autres équipes. Ils embarquent dans le moule, atteignent ces standards-là », explique Kristopher Letang.

« Quand tu as des leaders en place, qui ont la recette pour gagner et avoir du succès année après année, je pense que c’est facile pour les jeunes et les joueurs qui viennent jouer à Pittsburgh. On trouve le moyen d’avoir du succès. »

Si on inclut la ronde de qualifications de 2020, les Penguins ont pris part aux séries chaque année depuis 15 ans. Et ils ont, faut-il le rappeler, remporté trois Coupes Stanley. C’est d’ailleurs « toujours le but » cette année, affirme bien sûr Letang.

La fin d’une ère ?

Le Québécois écoule présentement la dernière année de son contrat de huit ans et 58 millions. Mais rassurez-vous : la retraite n’est pas à l’ordre du jour.

« Je me vois jouer encore quatre à cinq ans. C’est ce que je veux. »

– Kristopher Letang

Est-ce que ce sera avec les Penguins ? C’est la question que tout le monde se pose, même lui. Il est d’ailleurs loin d’être le seul à Pittsburgh à venir à bout de son entente cette saison. C’est le cas notamment de Malkin, d’Evan Rodrigues, de Jeff Carter, de Bryan Rust, etc.

« Je pense que c’est une chose sur laquelle on va se concentrer un peu plus tard », soutient Letang.

L’an dernier, après l’élimination des Penguins au premier tour, Crosby avait fait un plaidoyer contre le démantèlement du noyau formé de Malkin, Letang et lui-même. À eux trois, ils forment le trio qui a joué ensemble le plus longtemps dans l’histoire de la LNH (16 ans). Quand on lui demande s’il aimerait rester à Pittsburgh avec eux, Letang répond :

« C’est dur à dire parce que ce n’est pas nous qui contrôlons ces choses-là. Un noyau peut vieillir et il y a des décisions qui doivent être prises par rapport aux jeunes joueurs qui commencent à prendre plus de place. Veux, veux pas, c’est une business. Il y a des contrats, des montants à respecter, donc ça peut changer des choses. Mais avoir fait les séries éliminatoires toutes les années pendant 15 ans, c’est quelque chose que tu ne veux pas détruire non plus. »

Et si le Canadien l’appelait un jour ?

« C’est sûr que si tu me dis que les Penguins me libèrent et que j’ai un choix à faire entre les 31 autres équipes, pour un jeune qui a grandi à Montréal, c’est sûr que c’est un endroit spécial qui pourrait faire mon bonheur et celui de ma famille.

« Mais encore là, c’est dur de répondre à cette question-là ! »

Le 16e Triathlon d’hiver

Le 16e Triathlon d’hiver de la Fondation CHU Sainte-Justine aura lieu du 14 au 20 février prochain. L’évènement se déroulera en mode virtuel, sous la thématique du hockey, sport de prédilection de Kristopher Letang, mais aussi du jeune Milan, 15 ans, qui l’accompagne comme patient ambassadeur. Letang et Milan se sont d’ailleurs déjà rencontrés à Pittsburgh, après un match des Penguins, en 2018 (notre photo). Ce dernier est atteint d’anémie aplasique sévère, une maladie rare du sang. Les participants du Triathlon seront invités à choisir un des trois défis sportifs proposés et bougeront au grand air toute la semaine pour accumuler les minutes ou les kilomètres d’entraînement. Ils solliciteront leur entourage pour amasser des dons. « C’est sûr que je vais le faire », assure d’ailleurs Kristopher Letang. L’objectif de la Fondation est d’amasser 550 000 $ « afin d’accompagner le CHU Sainte-Justine vers toutes les opportunités qu’offre la médecine pédiatrique de l’avenir », peut-on lire dans le communiqué.

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