Mon clin d’œil

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Opinion Fusion de Sainte-Justine avec le CHUM

Une décision incompréhensible

L’ensemble des médecins de l’hôpital Sainte-Justine s’élèvent contre le regroupement de leur hôpital avec le CHUM sous un seul conseil d’administration et un seul directeur général.

Il faut dire qu’il s’agit d’une fusion imposée par le ministre, sans consultation ni analyse, à l’un des établissements les plus réputés de notre système de santé. Selon le président du conseil des médecins, la médecine pédiatrique ne sera jamais la priorité dans l’hôpital fusionné. Quiconque connaît le rôle essentiel de Sainte-Justine ne peut comprendre la sagesse de cette décision arbitraire.

Depuis sa fondation par des femmes fortes et déterminées, à une époque dominée par les hommes, Sainte-Justine s’est acquis une réputation d’avant-garde fondée sur une culture d’excellence et le respect des standards les plus élevés. Sainte-Justine est considéré comme un élément précieux et un phare au sein de notre société. Le CHUM est loin d’un tel statut.

Avec l’Institut de cardiologie de Montréal fondé par le docteur Paul David et l’Institut neurologique de Montréal du réputé Wilder Penfield, l’hôpital Sainte-Justine est dans une classe à part. Des établissements qui, en raison de leur renommée et leurs liens profonds avec les Québécois, doivent être traités avec respect et considération. Pourquoi un tel traitement cavalier à l’endroit de Sainte-Justine ? La question de pose.

Elle se pose d’autant plus que l’objectif visé par le ministre, celui du continuum de soins lorsque l’enfant atteint 18 ans, ne tient pas la route. Il existe en effet depuis un bon moment des ententes avec des hôpitaux régionaux pour assurer le continuum de soins. Des ententes qui donnent de bons résultats. Mais fidèle à son habitude, au lieu de justifier son diktat, il a choisi de discréditer l’ensemble des médecins de Sainte-Justine.

De toute façon, un projet de fusion de cette importance aurait dû faire l’objet d’une analyse rigoureuse par le Commissaire à la santé. Mais cette importante fonction, créée par le Dr Couillard alors qu’il était ministre de la Santé, a été abolie par le ministre Barette, lui qui ne tolère aucun contrepoids ni de voix dissidente possible.

L’on ne peut ignorer non plus que la fusion de Sainte-Justine constitue une véritable spoliation des acquis légués par tous ceux qui à divers titres ont contribué à son édification. Le respect de leurs volontés a quelque chose de sacré. De plus, sur le plan du respect des institutions, l’imposition sans appel d’une fusion avec un autre établissement soulève de sérieuses questions de principe. Je serais curieux de savoir quel serait le verdict d’un tribunal si la fusion était contestée.

Il est difficile de comprendre pourquoi le premier ministre, lui qui a été ministre de la Santé pendant plus de cinq ans, laisse Gaétan Barrette continuer de se comporter en petit dictateur.

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