Le Canadien

Alex Belzile a gagné son pari

Il a joué au hockey à Fort Wayne, en Indiana. À Gwinnett, en Géorgie. À Boise, en Idaho. À Anchorage, en Alaska. Et voilà qu’à 30 ans et 41 jours, Alex Belzile vient de remporter le plus grand pari de sa carrière : amorcer une saison dans la LNH.

Le Québécois a en effet survécu à toutes les vagues de coupe du Canadien depuis le début du camp d’entraînement. Et le fait que l’équipe ne l’ait pas soumis au ballottage dimanche lui a confirmé qu’il serait de la formation qui entreprendra le calendrier 2021-2022.

L’histoire ne dit pas s’il disputera des matchs ou s’il se contentera d’un rôle de réserviste. Ni s’il sera cédé au Rocket de Laval lorsque les blessés Mike Hoffman et Joel Edmundson retrouveront la santé. Mais cela importe peu au principal concerné, qui savoure la chance qui se présente à lui, sans pour autant tenir quoi que ce soit pour acquis.

« Un gars comme moi » ne peut pas se reposer sur ses lauriers, a-t-il souligné, lundi, après l’entraînement matinal de l’équipe. « Au contraire, je me présente chaque jour sur la glace pour montrer ce que je suis capable de faire si on m’en donne la chance. »

Un « gars comme lui », c’est un vétéran de 256 matchs dans la Ligue américaine, 230 autres dans l’ECHL… et 8 dans la LNH. Un joueur qui a connu du succès offensivement dans les mineures – il a cumulé 82 points en 111 matchs avec le Rocket de Laval depuis trois saisons –, qui joue avec fougue et énergie, mais qui a tardé à attirer l’attention des équipes de la grande ligue. C’est aussi un patineur qui a subi des blessures à des moments inopportuns qui, il le sait trop bien, lui ont fait rater des chances de percer.

Ne comptez toutefois pas sur lui pour s’apitoyer sur son sort.

« Peu importent les déceptions, dans la vie, l’important, c’est la manière dont tu te relèves. »

— Alex Belzile

À 30 ans, il a « 100 % confiance en [ses] moyens », assurant que son âge ne le « dérange pas ». « Au contraire, dit-il, quand tu vieillis, tu sais mieux comment prendre soin de ton corps, comment te préparer. […] Je sais comment bien gérer mes attentes, je me connais mieux comme joueur, mes forces, mes faiblesses. Je pense que je m’améliore encore. »

De bons mots

Plus d’une fois, depuis le début du camp, l’entraîneur-chef Dominique Ducharme a eu de bons mots pour Belzile. Encore lundi, il a parlé d’un athlète « qui n’a jamais arrêté de se pousser ». Et surtout qui « n’abandonne jamais ».

À propos de l’âge vénérable de l’ailier québécois, Ducharme reconnaît que « chaque joueur est différent » et qu’il « y en a qui mettent plus de temps à se développer ». Ceux qui tardent à éclore ont toutefois une meilleure autoévaluation de leur situation et de ce qu’ils doivent améliorer pour connaître du succès.

« Si moi, je recommençais ma carrière de joueur, il y a bien des choses que je ferais différemment, a illustré l’entraîneur de 48 ans. Je serais sans doute un meilleur joueur vu mon expérience, qui ne s’achète pas. [Belzile] n’a jamais arrêté de travailler, il a toujours continué à penser, à chercher des manières de s’améliorer. »

Belzile, ça ne surprendra personne à ce point-ci, est au demeurant un joueur réputé être apprécié de ses entraîneurs et de ses coéquipiers.

Au camp d’entraînement, Cédric Paquette a momentanément formé un trio avec lui et Mathieu Perreault, et ils ont disputé un match préparatoire ensemble.

« J’adore le type de joueur qu’il est, a dit Paquette. C’est un gars très intelligent, qui est capable de faire des jeux, qui travaille fort et qui s’adonne bien avec moi, Mathieu et Artturi Lehkonen. Je suis content pour lui et j’espère qu’il reste avec l’équipe. »

Même s’il est à classer dans la catégorie des éternels optimistes, Belzile ne cache pas que, « certains mardis soir dans l’ECHL, devant 200 personnes dans les estrades », il a trouvé « plus dur de rester motivé ».

Par contre, malgré ses succès du moment, Belzile jure ne pas se satisfaire de ce poste dans la formation du Canadien. Car il lui faut maintenant le conserver.

« Au fond de moi, j’ai toujours rêvé de m’établir dans la LNH, pas juste d’y jouer. »

— Alex Belzile

Le temps dira s’il parviendra à réaliser cette portion de son rêve. Or, ce qui est déjà acquis, c’est que personne ne pariera plus contre lui.

Capitals de Washington

Hendrix Lapierre perce l’alignement

À seulement 19 ans, le Québécois Hendrix Lapierre a réussi à faire sa place au sein de l’alignement des Capitals de Washington pour le début de la saison.

L’agence d’Hendrix Lapierre, Quartexx Hockey, a publié la nouvelle sur son compte Instagram, lundi après-midi. Les Capitals n’en ont cependant pas encore fait l’annonce officielle ; ils doivent dévoiler leur alignement final ce mardi.

Lapierre a été impressionnant à Washington depuis le début du camp d’entraînement. Avec cinq mentions d’aide en quatre matchs, il a terminé le calendrier préparatoire au premier rang de l’équipe pour le nombre de points, à égalité avec Evgeny Kuznetsov.

Le Gatinois s’est exprimé dans une conférence de presse, lundi après-midi. Même s’il n’était pas encore au courant de la décision des dirigeants à ce moment, il affichait un grand sourire.

« Je parle à ma famille chaque jour, a-t-il évoqué. Nous attendons encore. Si je joue, ils sont prêts à s’en venir. Ce serait vraiment spécial. »

Tout compte fait, les Lapierre peuvent faire leurs valises.

Selon toute vraisemblance, le jeune homme pilotera le troisième trio des Capitals. Le poste est vacant en l’absence de Nicklas Bäckström, blessé pour le début de la saison. Lapierre comptera sur les vétérans T. J. Oshie et Conor Sheary comme ailiers.

« C’est plaisant de jouer avec eux, et je me considère extrêmement chanceux de les avoir comme ailiers, a-t-il affirmé. Ils peuvent m’aider sur la patinoire, mais aussi en dehors de celle-ci, par exemple avec le système et tout ça. »

Lapierre a vanté Oshie, sur qui il semble prendre exemple depuis le début du camp. « J’espère qu’il ne me trouve pas énervant à le suivre partout et à regarder ce qu’il fait ! », a-t-il lancé en riant.

Il reste à voir combien de temps Backstrom sera absent et ce qu’il adviendra de Lapierre à ce moment. Mais le jeune homme a de quoi être fier.

« Je suis ici depuis un moment, et c’est spécial chaque jour, a-t-il laissé entendre. C’est un privilège de venir à l’aréna, surtout pour moi en tant que jeune joueur. Je suis vraiment emballé pour le début de saison, le premier match. Je veux montrer que je peux jouer. »

« Mon niveau d’excitation ne pourrait pas être plus élevé en ce moment. »

— Hendrix Lapierre

En conférence de presse, l’entraîneur-chef Peter Laviolette a souligné le sens du jeu, les habiletés et le désir d’apprendre de Lapierre. « À l’entraînement, il compétitionne contre des vétérans, a-t-il dit. Il ne leur donne pas un pouce. Il se bat. Il ne gagne peut-être pas toutes les batailles, mais il essaie. Il y va et donne son maximum. »

Les Capitals doivent disputer leur premier match mercredi contre les Rangers de New York.

Veleno retourne dans les mineures

Ce n’est visiblement pas encore l’année de Joe Veleno. Le Montréalais de 21 ans a été l’un des trois derniers attaquants retranchés par les Red Wings de Detroit, lundi après-midi.

En conférence de presse après un match préparatoire, l’entraîneur-chef Jeff Blashill avait affirmé que le choix de premier tour en 2018 prenait des « pas dans la bonne direction », mais semblait remettre en question sa place dans l’alignement cette année.

Veleno se rapportera au club-école des Red Wings, les Griffins de Grand Rapids.

Les Islanders de New York ont aussi annoncé lundi que le défenseur de 20 ans Samuel Bolduc était cédé aux Islanders de Bridgeport, dans la Ligue américaine.

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