Lauriers de la gastronomie québécoise

Battuto couronné restaurant de l’année

C’est un établissement de la ville de Québec, le Battuto, qui a été couronné restaurant de l’année au terme d’un gala festif animé par Christian Bégin à la gare Windsor, lundi soir, pour la remise des Lauriers de la gastronomie québécoise.

Toute l’industrie de la restauration était réunie dans la lumineuse salle des Pas perdus de la gare Windsor pour cette quatrième édition de l’évènement fondé par Christine Plante. Le gala, encore et toujours animé par Christian Bégin, a récompensé les gagnants dans 16 catégories.

Le Battuto a remporté le prestigieux prix du restaurant de l’année. Le restaurant de Québec a été finaliste dans chaque édition des Lauriers, et c’était enfin son tour de remporter le trophée. Il sera sans aucun doute encore plus ardu de trouver une place dans le minuscule restaurant d’inspiration italienne de Saint-Roch, mais la terrasse est sans réservation, nous glisse-t-on à l’oreille.

Simon Mathys, qui a ouvert le Restaurant Mastard en pleine pandémie en 2020, a séduit le jury, présidé cette année par Marc-André Jetté, avec sa fine cuisine locavore. Le nouveau chef de l’année, visiblement sous le choc, mais aussi très heureux, n’avait que des louanges à lancer à son équipe de grand talent, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.

La course dans la catégorie Révélation de l’année était relevée pour cette édition, avec la présence des restaurants montréalais Knuckles, La Franquette, Salle Climatisée et de la chef Emmy Plante (participante aux Chefs !). C’est finalement le chef et agriculteur Dominic Labelle qui s’est démarqué avec son projet de table champêtre Parcelles.

Des artisans établis récompensés

Voià un autre duo qui a été finaliste dans toutes les éditions des Lauriers sans jamais remporter le prix de boulangers de l’année : Seth Gabrielse et Julien Roy ont à juste titre été reconnus pour leur travail à la Boulangerie Automne. « On sentait que c’était notre tour ! On est surtout contents pour notre équipe qui s’est vraiment démarquée cette année », remarque Julien Roy.

Les magnifiques créations de la cheffe pâtissière et chocolatière Chloé Migneault-Lecavalier, de Lecavalier Petrone, ont tiré leur épingle du jeu. L’entreprise était aussi finaliste dans la catégorie Artisan.e de l’année. « Je suis tellement contente, ça me touche énormément », a lancé la cheffe pâtissière de l’année, dont les affaires ont explosé durant la pandémie.

C’est d’ailleurs une autre chocolatière, Chloé Gervais-Fredette, qui s’est démarquée dans cette catégorie avec son entreprise Les Chocolats de Chloé, elle qui avait déjà été finaliste en 2019. Une très belle reconnaissance pour celle qui roule sa bosse depuis longtemps : elle a ouvert sa petite boutique avenue Duluth en 2003. « Je n’ai jamais eu d’idée de grandeur ! Pour moi, l’important, c’est ma petite équipe, garder la qualité et les relations humaines ! »

Du côté du prix des producteurs de l’année, Porc de Beaurivage, qui était finaliste pour la deuxième fois dans cette catégorie, est reparti avec les grands honneurs.

À boire !

Finaliste également l’an dernier, Claudia Doyon, de la Distillerie de la Chaufferie, à Granby, a finalement mis la main sur le prix de mixologue ou bartender de l’année. « Cette vague d’amour me montre qu’on est sur la bonne voie au Québec. Tous ces chefs qui ont travaillé le boréal ont mis la charpente, on est en train de lever les murs ! »

Pier-Alexis Soulière, couronné meilleur sommelier des Amériques en 2018 et sommelier au Clan, restaurant du chef Stéphane Modat, a remporté le titre de sommelier de l’année. Dans la catégorie des producteurs de boissons de l’année, la réputée distillerie Menaud, à Clermont, a mis la main sur le prix.

Pierre Julien, du restaurant Graziella, a de son côté remporté le prix du meilleur service. Et c’est le restaurant L’Express, fondé en 1980, qui a reçu le Prix hommage. « On est des gens de théâtre, tout est parti d’un scénario. Oui, c’est un bistro européen, mais on a toujours été profondément montréalais », a résumé un des fondateurs, Pierre Villeneuve.

Le Québec dans l’assiette

La cueillette de produits sauvages a plus que jamais la cote au Québec et c’est sans contredit grâce à l’apport immense de l’entreprise Gourmet Sauvage, à Mont-Blanc. Cette dernière a remporté le prix du tourisme gastronomique, qu’Ariane Paré-Le Gal a dédié à son père, Gérard Le Gal, qui a fondé l’entreprise il y a aujourd’hui 30 ans et ouvert la voie à l’industrie du sauvage.

Caribou a reçu le prix du rayonnement de la culture culinaire. Le magazine a su tirer son épingle du jeu depuis le lancement de son premier numéro en octobre 2014. « On a vraiment été bien accueilli par l’industrie, qui a été la première à croire à Caribou », a réagi Geneviève Vézina-Montplaisir, l’une des cofondatrices.

Fondée par Adelle Tarzibachi en 2017 afin d’offrir une occasion d’emploi aux femmes syriennes nouvellement arrivées au pays, Les Filles Fattoush a remporté le prix de l’entreprise de l’année.

Cuisine, Cinéma & Confidences, évènement hybride qui a lieu dans Charlevoix chaque automne, a été nommé évènement de l’année.

Faudrait-il renommer le Laurier du public « Laurier de Ricardo » ? Eh oui, le populaire cuisinier a encore une fois remporté ce prix, un règne incontesté depuis la toute première édition des Lauriers, en 2018.

Consultez le site des Lauriers de la gastronomie québécoise

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