Patinage de vitesse longue piste

« Je voulais prendre ma revanche »

Après une contre-performance la veille, le Québécois Laurent Dubreuil a remporté samedi l’épreuve du 500 mètres à la Coupe du monde de Heerenveen

Laurent Dubreuil était en train de souper dans un restaurant des Pays-Bas lorsqu’il s’est adressé aux médias, quelques heures après son triomphe au 500 mètres à la Coupe du monde de Heerenveen, samedi. Sortis de nulle part, des serveurs lui ont apporté des desserts à la crème fouettée, dominés par un immense feu de Bengale pour célébrer sa victoire.

« Est-ce que ça va s’arrêter tout seul ? », s’est enquis le Québécois dans la langue de Shakespeare. Lui-même étonné, le patineur de vitesse longue piste terminait à peine son repas principal.

Il ne faut pas être surpris que Dubreuil reçoive une telle attention. Les partisans néerlandais et lui entretiennent une belle relation. Lorsqu’il a franchi la ligne d’arrivée et qu’il a mis ses bras de chaque côté pour célébrer humblement sa victoire, les amateurs réunis dans l’aréna l’ont chaudement applaudi.

« C’est ma place préférée dans le monde ! Après Québec, évidemment », a-t-il insisté.

Toutefois, il n’a pas pu en profiter pleinement, la veille, avec une dixième position au 1000 mètres. Il avait remporté l’argent une semaine plus tôt à cette même épreuve en Norvège. Comble de malheur, un incident avec l’équipement de l’Américain Jordan Stolz l’a ralenti et il a été incapable de profiter du bon état physique dans lequel il se trouvait.

D’autant plus qu’en raison d’un mauvais départ, Dubreuil a dû se contenter de la médaille d’argent aussi au 500 mètres lors de la dernière Coupe du monde.

« Je voulais prendre ma revanche de la semaine passée et d’hier, parce que je n’ai pas pu avoir le résultat que j’aurais pu avoir. […] J’étais frustré, j’étais fâché et je voulais utiliser cette agressivité pour avoir une bonne course et me venger contre la malchance. »

Il a ajouté que pour être pleinement satisfait de sa fin de semaine, « ça me prenait cette victoire-là aujourd’hui ».

Des conditions gagnantes

Dans la dernière confrontation de la journée, Dubreuil affrontait son bon ami Yuma Murakami. Il avait été le seul à le devancer en Norvège il y a quelques jours. « On s’est textés hier. On était contents d’être l’un contre l’autre », a souligné l’athlète de Lévis.

Affronter le Japonais représentait aussi un défi intéressant pour Dubreuil, car Murakami est reconnu pour être l’un des meilleurs au monde au départ. Facette de la course que le Québécois maîtrise un peu moins, admet-il. C’est d’ailleurs ce qui l’avait coulé la semaine dernière, avait-il rapporté aux journalistes après sa course au 500 mètres.

Il devait aussi penser au temps à battre. Wataru Morishege avait privé Dubreuil d’une médaille aux derniers Jeux olympiques et il avait établi samedi le meilleur temps de la journée avec un impressionnant chrono de 34,44 s. Dubreuil savait qu’il allait devoir livrer une grande performance pour espérer le devancer et c’est ce qui l’a motivé.

« J’aime penser que je suis meilleur que lui. […] Je peux légitimement affirmer que je suis le meilleur au monde et mon but est de battre les gars. Donc, si Morishege fait un temps incroyable, je me dis que s’il fait ça, je suis capable moi aussi. »

— Laurent Dubreuil

Au coup de canon, Dubreuil est sorti des blocs beaucoup plus rapidement qu’en Norvège. Il a arrêté le chrono de départ à 9,60 s. Seulement trois dixièmes derrière Murakami. « C’était quand même un très bon départ. Avec un 9,60, je savais que je pouvais gagner. »

L’athlète de 30 ans a rapidement comblé son retard pour imposer son rythme. Il a explosé et filé vers la victoire. Il a complété le demi-kilomètre en 34,34 s.

« Je suis pleinement satisfait de ma course. Il y a toujours des choses à améliorer et à corriger. Cependant, aujourd’hui, c’était vraiment presque parfait. L’une de mes bonnes courses en carrière. »

Cette première médaille d’or de la saison arrive à point pour Dubreuil. Elle est venue combler en lui le regret d’être passé à côté de la plus haute marche du podium samedi dernier. « Ma deuxième place la semaine passée c’était très bon, mais au 500 mètres, je savais que j’aurais probablement dû gagner. »

Dubreuil peut maintenant fêter, avec ou sans feu de Bengale, mais les célébrations seront de courte durée, puisqu’il participera dimanche au sprint par équipes.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.