Transport ferroviaire

Alstom dopé par Bombardier Transport

Paris — Le constructeur ferroviaire Alstom a vu ses prises de commandes bondir de 290 % au premier trimestre de son exercice décalé, à 6,4 milliards d’euros (9,6 milliards CAN), dopées par de gros contrats, mais aussi par l’intégration de Bombardier Transport, acquis en début d’année civile.

Ce niveau « exceptionnel » permet à Alstom d’afficher un carnet de commandes de 76,8 milliards d’euros (115 milliards CAN) fin juin, contre 74,5 milliards (112 milliards CAN) à la clôture de l’exercice précédent, fin mars.

Parallèlement, son chiffre d’affaires a progressé de 146 % sur un an, à 3,7 milliards d’euros (5,5 milliards CAN), une hausse due là encore en partie à l’accroissement du périmètre, mais aussi à un exercice précédent affaibli par la pandémie de COVID-19, a précisé mardi l’entreprise dans un communiqué.

Alstom a finalisé fin janvier l’acquisition de Bombardier Transport, ce qui lui a permis de presque doubler son chiffre d’affaires annuel pro forma, à quelque 14 milliards d’euros (21 milliards CAN).

Même en intégrant Bombardier à la base de calcul de l’exercice précédent, la hausse des commandes au premier trimestre s’établit à 106 %.

Alstom a souligné avoir conclu « le plus gros contrat ferroviaire de l’histoire du Danemark », portant en particulier sur 100 trains régionaux.

Il a également signé un accord de quelque 1,1 milliard d’euros (1,6 milliard CAN) « pour fournir la prochaine génération de trains périurbains reliant Paris et la banlieue » et un autre de 1 milliard (1,5 milliard CAN) au Mexique pour le projet de train « Maya ».

Côté chiffre d’affaires, l’activité a été soutenue « par la solide montée en cadence des projets de matériel roulant », pour 2,16 milliards d’euros (3,3 milliards CAN). Cela représente un montant quasi triplé par rapport au premier trimestre 2020-2021, qui avait, rappelle Alstom, été touché par la première vague de COVID-19 en Europe et les confinements induits.

Le rapport « commandes sur chiffre d’affaires », qui laisse entrevoir l’évolution de l’activité à moyen terme, « est très haut à 1,74 », s’est félicité Alstom, remarquant aussi que le carnet de commandes – plus de cinq ans de ventes sur une base actuelle – « offre une forte visibilité sur le chiffre d’affaires à venir ».

Le défi Bombardier Transport

Mais plus que l’activité, le défi pour Alstom dans les années à venir sera de digérer Bombardier Transport, qui était bien moins profitable que lui.

Le carnet de commandes hérité de Bombardier a une marge de l’ordre de 3 ou 4 % quand la marge d’Alstom sur son ancien périmètre était de 8 % en 2020-2021, avait indiqué début juillet le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge.

Le patron du constructeur ferroviaire avait affirmé qu’il devrait retrouver « une rentabilité parmi les meilleures du marché » d’ici à 2025, entre 8 et 10 %, une fois l’intégration terminée, des objectifs réitérés mardi.

La progression des ventes d’Alstom devrait, selon son PDG, dépasser les 5 % par an en moyenne d’ici à 2025. M. Poupart-Lafarge avait salué « une dynamique sans précédent » du marché, aidée par les différents plans d’investissements post-COVID-19, tant aux États-Unis qu’en Europe, au Canada ou en Inde.

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