Ironman de Mont-Tremblant

Courir contre papa

Il y a tout plein de façons de célébrer la fête des Pères. Le bon vieux brunch au restaurant. Le barbecue dans la cour arrière. À une certaine époque, on pouvait même aller aux Expos.

L’ancien cycliste olympique Martin Gilbert, lui, a trouvé une façon originale de fêter son papa. Demain matin, lui et son père se jetteront dans les eaux plutôt froides du lac Tremblant pour participer au demi-Ironman (70.3).

Daniel Gilbert, 59 ans, s’élancera à 8 h 16, avec tous les autres hommes de 55 ans et plus. Martin Gilbert, 32 ans, prendra quant à lui le départ à 9 h, dans la catégorie des hommes de 30 à 34 ans.

Il y aura même la conjointe de Daniel, Silvana Ferrara, inscrite dans la catégorie féminine des 40 à 44 ans. Sans oublier la mère de Martin, Colette Brunet, qui ne participera pas, mais qui a toujours appuyé son fils. « Elle a toujours été là pour moi », lance-t-il.

Martin a beau avoir cessé de pratiquer le sport de haut niveau il y a trois ans, l’esprit de compétition reste toujours bien présent. « Nous, les athlètes de haut niveau, on reste toujours compétitifs », rappelle-t-il. Il va donc tenter de rattraper les 44 minutes qui le sépareront de son paternel en début de parcours !

« J’ai fait beaucoup de natation quand j’étais jeune, je pourrais aller chercher cinq minutes là, calcule Martin Gilbert. Mon père aussi est un très bon cycliste, donc je n’irai pas chercher 40 minutes. Peut-être 15. Mais la course à pied, c’est notre point faible à tous les deux. Comme j’ai quelques années de moins, j’ai eu moins de blessures, on ne sait jamais ! »

« J’ai de l’orgueil, je vais essayer de me sauver, mais la course à pied, c’est vrai que ça ne fonctionne plus pour moi avec mes opérations au genou ! admet Daniel Gilbert. Ça me fait peur, j’espère que je ne marcherai pas. Mais en natation et à vélo, je suis capable de me sauver. »

RATTRAPER LE TEMPS PERDU

C’est en 2012 que Martin Gilbert a mis fin à sa carrière de cycliste pour se consacrer à ses études. Il a atteint son objectif puisqu’il vient tout juste de terminer son doctorat de premier cycle en pharmacie.

Parmi les faits saillants de sa carrière, on notera des titres de champion national (sur piste et sur route), une victoire d’étape au Tour du Missouri 2009 et, surtout, une participation aux Jeux de Pékin en 2008. Avec son coéquipier Zach Bell, il avait alors atteint la 12e place à l’épreuve de course à l’américaine.

Pékin, c’était l’un des plus grands moments de sa carrière, mais la vie d’athlète d’élite étant ce qu’elle est, les parents de Martin Gilbert n’ont pu y assister. Qualification à la dernière minute, coûts exorbitants pour s’y rendre et y demeurer… « C’est la plus grosse peine que j’ai jamais eue », avoue Daniel Gilbert.

« Mais [ce week-end], c’est une belle façon de se reprendre », ajoute-t-il.

« J’y vais pour un vivre un nouveau défi qui ne sera pas facile, estime Martin Gilbert. J’y vais pour passer une belle journée, participer à un bel événement et passer un beau moment avec mon père. »

DANS LA SOUFFRANCE

Daniel Gilbert a l’habitude des Ironman. Il participe même une année sur deux à l’épreuve pleine distance (3,8 km de nage, 180 km de vélo, 42,195 km de course). Le fils, lui, renouera avec le triathlon – toutes distances confondues – pour la première fois depuis l’adolescence.

Pour Martin, le défi consistera justement à apprivoiser les volets natation et course.

« Pendant ma carrière, je me concentrais sur le vélo, rappelle-t-il. Et quand j’en faisais, marcher était difficile. Il n’y avait pas un cycliste à l’hôtel qui prenait les escaliers pour monter ne serait-ce que deux étages ! C’est un méchant défi de s’entraîner et performer dans les trois, sans se brûler avant l’épreuve. Et ce ne sont pas des disciplines qui vont nécessairement bien ensemble. Un bon coureur n’est pas toujours fait pour le vélo, et vice versa. »

Et pour le père, qui a déjà fait de bien plus longues distances, en quoi consiste le défi ?

« La difficulté, ce n’est pas l’événement, c’est la préparation, soutient-il. Le jour même, tu doses ton effort, que ce soit pour 5 ou 11 heures. Mais il s’agit de se préparer à l’année, on ne suit pas un programme. L’hiver, je continue, je fais du ski de fond ou même du pentathlon des neiges. »

Ce qui ne veut pas dire que les Gilbert se privent de tout plaisir. Par exemple, pendant la préparation.

« On s’est fait un mini-camp de deux jours, raconte Daniel. On a été en montagne dans les Adirondacks, on a nagé dans le lac Placid et on a fini avec une pizza à Saranac Lake ! »

Ce sera la même chose demain. Après la course, ce sera le moment de se détendre. De vivre une fête des Pères un peu plus traditionnelle, quoi !

« On va rester à Mont-Tremblant dimanche soir, mais on aura peut-être de la misère à bouger, prédit Martin. Ce sera une fête des Pères tranquille, je pense qu’on va chercher notre chaise pour nous asseoir ! »

Entraves routières

L’Ironman 70.3 aura lieu demain, mais aujourd’hui, ce sera le triathlon 5150, qui entraînera également quelques fermetures de route.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.