Le Club

Les contrats des entraîneurs, le filet désert… et le dopage à Montréal

Le Club a fait relâche durant les Fêtes, mais nous voici de retour à nos postes. Quelques réponses pour commencer l’année en douceur.

LES CONTRATS DES DG ET DES ENTRAÎNEURS

Pourquoi les DG et les entraîneurs ont-ils des contrats à durée fixe ? Pourquoi pas des contrats ouverts comme dans d’autres domaines ? On éviterait d’être dans « la dernière année du contrat de Marc Bergevin », avec tous les problèmes associés. On éviterait aussi de payer Claude Julien après son renvoi.

— George McIsaac

Réponse de Guillaume Lefrançois :

Les ententes avec les directeurs généraux ou les entraîneurs sont des processus dont on connaît très peu les détails. Tournons-nous donc vers François Giguère, ancien DG de l’Avalanche du Colorado, qui représente maintenant des entraîneurs et dirigeants dans la LNH. « Il y a beaucoup d’insécurité dans ces postes-là. Tu peux te faire congédier rapidement, rappelle Giguère au bout du fil. Il y a un nombre limité d’individus qui ont le talent pour le faire, et il y a 32 équipes. Si tu te mets à refuser de donner des contrats à long terme, tu n’auras pas de candidats de qualité. »

Giguère note cependant une nouvelle tendance : les dirigeants qui, comme Marc Bergevin justement, amorcent une dernière année de contrat sans prolongation pour la suite. « Avant, c’était une loi non écrite, la personne était vue comme un lame duck. » Giguère sait de quoi il parle. Au Colorado, il avait laissé son entraîneur-chef, Joel Quenneville, écouler sa dernière année de contrat en 2007-2008. L’été venu, Quenneville avait profité de son autonomie pour accepter le poste de coach des Blackhawks, avec lesquels il a gagné trois fois la Coupe Stanley. « Ma plus grande erreur a été de le laisser finir son contrat. Pour lui, le risque de laisser expirer son contrat était minime, car il allait se retrouver du travail ailleurs. »

OÙ SONT LES GARDIENS QUÉBÉCOIS ?

Comment se fait-il que nous n’ayons presque plus de gardiens québécois dans la LNH ? Est-ce en raison de la venue des gardiens finlandais, suédois, russes, lettons et américains ? Et est-ce que le gabarit des gardiens a toujours une grande importance ?

— Jacques Létourneau

Réponse de Simon-Olivier Lorange :

La question est complexe, et les explications, nombreuses. Vous en soulevez deux : l’amélioration des systèmes de développement des gardiens hors du Québec ainsi que la question du gabarit. Le hockey québécois discrimine peu (ou pas) les petits gardiens, dont raffolent aujourd’hui les équipes de la LNH. Il y a aussi d’autres facteurs, comme les règles du repêchage, qui ne donnent que deux ans aux équipes pour accorder un contrat à un joueur canadien. Et il y a enfin une réalité crue, celle d’une perte d’expertise québécoise qui s’est observée au cours de la dernière décennie. Cela est même plutôt ironique, puisque des entraîneurs de gardiens québécois ont joué un rôle déterminant dans le développement d’autres programmes nationaux. Tous ces enjeux, résumés ici grossièrement, ont été abordés par La Presse dans un dossier d’une rare rigueur au début de l’année 2021. Je vous invite à le lire ou à le relire.

LE DOPAGE À MONTRÉAL

Quelle était la place du dopage aux Jeux olympiques de Montréal ? Y avait-il des pays en avance ? Des médecins canadiens qui encourageaient cette pratique ?

— Guillaume Dallaire-Tremblay

Réponse d’Alexandre Pratt :

Il y a eu 11 cas avérés de dopage aux Jeux de Montréal. Presque tous des haltérophiles, qui avaient abusé de stéroïdes anabolisants. Un tireur monégasque s’était fait prendre avec des amphétamines, et un Canadien inscrit en voile, Lorne Liebel, avait utilisé un décongestionnant nasal. Par ailleurs, il y a eu une tricherie spectaculaire en pentathlon moderne, qui n’avait rien à voir avec le dopage. Le Soviétique Boris Onishchenko avait installé un petit dispositif sous la poignée de son épée. L’équivalent d’un interrupteur. Lorsqu’il l’activait, il marquait automatiquement un point. Il s’est fait prendre après avoir inscrit un point sans même avoir touché son adversaire.

LE FILET DÉSERT

Le [27 novembre dernier], Josh Anderson a marqué deux buts dans un filet désert. Y a-t-il déjà eu un joueur qui a réussi un tour du chapeau dans la LNH dans un filet désert ?

— Serge Trudeau

Réponse de Katherine Harvey-Pinard :

Non, ce n’est jamais arrivé. Josh Anderson est le 19e joueur de l’histoire à avoir réussi à en inscrire deux dans un seul match. Parmi les autres qui y sont parvenus, on compte notamment Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Marcel Dionne. Un joueur est cependant passé bien près de réaliser un tour du chapeau : le 26 octobre 1984, Danny Gare a récolté deux buts et une passe, tous dans des filets déserts, dans une victoire de 7-3 des Red Wings de Detroit face aux Sabres de Buffalo.

D’ailleurs, tant qu’à y être : le record de buts inscrits dans un filet désert dans un seul et même match a été établi le 5 avril 1970. Les Blackhawks de Chicago ont battu le Canadien de Montréal au compte de 10-2. Ils ont marqué, tenez-vous bien… cinq buts dans un filet désert ! Le Tricolore, alors à égalité au classement avec les Rangers de New York, devait marquer au moins cinq buts dans le match pour arriver à accéder aux séries, raison pour laquelle il continuait de retirer son gardien malgré l’écart qui se creusait.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.