Une guerre du bungalow dans les couronnes de Montréal

D’un côté de la frontière, à Terrebonne, un quartier « aussi dense que le Plateau Mont-Royal ». De l’autre, à Saint-Lin–Laurentides, un terrain vague qui se transforme graduellement en champ de bungalows.

L’allure des nouveaux quartiers résidentiels de la banlieue de Montréal fait l’objet d’une guerre sans merci entre les villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et les municipalités situées juste au-delà de ses limites. Un conflit qui sert de décor aux élections municipales qui s’y tiennent actuellement.

En jeu : les règles que s’imposent les municipalités métropolitaines au nom de l’environnement – construire densément, en épargnant les espaces verts et agricoles, autour des transports en commun – et auxquelles leurs voisines immédiates ne sont pas soumises. Bref, condos et jumelés contre bungalows.

« Il faut que les règles du jeu soient les mêmes partout au Québec », estime Marc-André Plante, maire sortant de Terrebonne. « À 10 minutes d’ici, il n’y a absolument rien de ça. […] Les municipalités du pourtour de la CMM n’ont généralement pas de règles à respecter autres que celles dictées par le schéma d’aménagement. Ces critères sont substantiellement plus faibles. » Résultat : des taxes municipales et des coûts d’immobilier plus élevés à Terrebonne qu’à Saint-Lin, par exemple.

« Défaire l’American way of life »

L’entrevue se déroule en plein cœur d’Urbanova, nouveau quartier résidentiel qui devrait à terme accueillir 30 000 résidants. Le secteur est montré en exemple par la CMM. « C’est une ville dans une ville. C’est comme si on créait Sainte-Julie dans les limites de Terrebonne », a illustré l’élu.

Derrière lui, des résidences multifamiliales qui abritent chacune huit condos, installées face à un parc et un jardin communautaire. Le projet compte aussi une pléthore de maisons de ville, de grands immeubles d’appartements et des résidences unifamiliales avec de petits terrains. Des dizaines d’autos sont garées dans la rue, comme dans les quartiers centraux de Montréal.

Le défi d’Urbanova : « défaire l’American way of life des années 1960, 1970, et aller vers un ensemble qui permettra de rentabiliser les infrastructures », selon Serge Gagnon, conseiller municipal sortant du secteur, qui fait partie de l’équipe du maire Plante. Il ne cache pas que de nombreux nouveaux résidants ont eu de la difficulté à s’adapter à leur nouveau mode de vie, avec des voisins plus près et des poubelles collectives pour accélérer la collecte.

Et les nouveaux arrivants d’Urbanova ne seront pas les seuls à devoir s’adapter : à peine 4 % des habitations dont la construction a été autorisée par Terrebonne dans la dernière année étaient des résidences unifamiliales, selon le conseiller Gagnon. Tout un changement au royaume du bungalow.

Mathieu Traversy, qui veut ravir l’hôtel de ville de Terrebonne le mois prochain, ne s’oppose pas à l’adhésion de la municipalité aux objectifs de densification de la CMM. Mais cette transformation doit se faire de façon plus harmonieuse, fait-il remarquer.

« La façon dont on va développer notre ville au cours des prochaines années intéresse beaucoup nos électeurs. Beaucoup de projets ont été balayés du revers de la main par les citoyennes et les citoyens au cours des derniers mois, des projets qui ont été mal présentés à la population. »

— Mathieu Traversy, candidat à la mairie de Terrebonne

M. Traversy fait notamment référence au projet de construction d’une tour de 25 à 32 étages (baptisée « Cachemire ») dans le secteur des Jardins d’Angora. Une modification réglementaire concernant le projet a été désapprouvée par une mince majorité lors d’un référendum local le mois dernier.

« Ce qui revient dans la plupart des dossiers de densification et d’aménagement, ce sont les infrastructures routières, l’accessibilité aux quartiers », a continué M. Traversy. Dans Urbanova – où les résidants sont encore largement dépendants de leur voiture pour se déplacer –, c’est un accès à l’autoroute 640 qui manque.

« J’ai besoin d’espace »

Juste à la limite de Terrebonne (et donc du territoire de la CMM), des ouvriers font sortir de terre des bungalows les uns après les autres à la Seigneurie Villemory, à Saint-Lin–Laurentides. Les rues sont prolongées régulièrement, chaque fois qu’une nouvelle section est inaugurée.

Vers 14 h 30, les enfants sortent de l’école primaire du Ruisseau – inaugurée en 2019 – et envahissent les rues du nouvel ensemble résidentiel.

Patrick Massé, maire sortant de Saint-Lin–Laurentides, en a assez d’entendre les récriminations des maires voisins sur la façon dont sa municipalité se développe. « Je trouve ça aberrant », lance-t-il en entrevue téléphonique, faisant observer qu’elle respectait les obligations imposées par Québec et qu’elle s’était même donné un cadre plus strict pour densifier les secteurs les plus rapprochés de son cœur villageois. « C’est un besoin. Les gens ne partent pas de Montréal et de la CMM pour rien. Ils veulent avoir une qualité de vie, ils veulent des espaces verts. Ils veulent être bien. »

L’élu voudrait que l’on arrête de considérer Saint-Lin comme une simple lointaine banlieue de Montréal et qu’on reconnaisse plutôt la ville comme le centre urbain de la MRC de Montcalm. M. Massé tentera justement d’en devenir préfet le 7 novembre. Le principal candidat à sa succession, Mathieu Maisonneuve, a indiqué qu’il exposerait sa « vision en tant que maire [seulement s’il a] la chance d’être élu ».

Rencontrés devant leur maison de la Seigneurie Villemory, Rachel Fontaine et Jonathan Beaudoin font prendre l’air à leur nourrisson de seulement 5 jours. Ils ont acheté leur maison à Saint-Lin après avoir vécu en condo à Terrebonne.

« Après le condo, des voisins collés, c’était fini pour moi », dit la nouvelle mère. « J’ai besoin d’espace. On a choisi le terrain parce que c’était l’un des plus larges disponibles au moment où on a acheté », a continué son conjoint.

La sœur de ce dernier, Vickie Beaudoin, vient de s’installer dans le quartier il y a cinq mois. Elle a accouché deux mois plus tard. « C’est vraiment très, très, très familial », explique-t-elle.

Statut linguistique de la métropole

Mouvement Montréal propose un référendum

Malgré les « deux solitudes » qu’ils incarnent en matière linguistique, Balarama Holness et Marc-Antoine Desjardins s’engagent à ce que leur parti unifié tienne une consultation publique d’un an sur l’usage du français et de l’anglais dans les institutions, en vue de la tenue d’un « référendum sur le statut linguistique » de la métropole.

« Nous comprenons que nous avons des différences, mais ces différences ne l’emportent pas sur une possibilité d’une autre administration de Valérie Plante ou de Denis Coderre. Nous sommes l’avenir, ils sont le passé », a martelé mardi Balarama Holness, chef du parti Mouvement Montréal.

C’est l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) qui serait mandaté pour tenir la consultation, afin de déterminer si les citoyens veulent d’un référendum. « Nous ne pouvons pas laisser l’Assemblée nationale déterminer les langues officielles de la métropole. C’est aux Montréalais de le faire », dit M. Holness, qui maintient « vouloir reconnaître Montréal comme une ville bilingue ».

Questionné à savoir comment il arriverait à modifier la Charte de la Ville – une compétence provinciale –, M. Holness a répondu qu’il demandera à Québec « de nous écouter », ajoutant plus tard qu’il en va du « même concept » que les référendums sur l’indépendance tenus par le passé.

Maintenant candidat à la mairie d’Outremont pour Mouvement Montréal, Marc-Antoine Desjardins, lui, a parlé d’un « juste milieu intéressant » en ne cachant toutefois pas ses divergences avec le chef.

« On va avoir deux camps : les gens qui vont vouloir rendre Montréal bilingue – je leur dis bonne chance – et ceux qui veulent garder Montréal française, qui vont m’avoir dans leur camp. »

— Marc-Antoine Desjardins, candidat à la mairie d’Outremont pour Mouvement Montréal

Les deux hommes, qui ont fusionné leurs partis à la fin de septembre, s’entendent toutefois sur le fait qu’il faut éviter une « guerre linguistique » et « revenir aux enjeux de base » comme le logement, la sécurité publique, l’économie et le transport. « Le cône orange, il s’en fout si vous parlez français ou anglais, il veut juste être retiré », a ironisé M. Desjardins.

Plante et Coderre s’opposent

Appelée à réagir mardi, la mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, s’est dite « très inconfortable » avec l’annonce de MM. Holness et Desjardins. « Je pense que c’est l’idée la plus divisive depuis le référendum de 1995. Il ne faut pas monter les communautés les unes contre les autres », a-t-elle rétorqué, rajoutant « qu’il n’y a pas de raison de remettre en question le statut francophone de Montréal ».

« Le rôle d’un maire, c’est de rassembler, pas de diviser. Nous avons une métropole francophone dont je suis fier, cosmopolite, avec une charte claire et qui peut donner des services. Je m’oppose complètement à un référendum sur cette question-là, je ne pense pas que ce soit une bonne idée », a aussi affirmé le candidat à la mairie et chef d’Ensemble Montréal, Denis Coderre.

À l’Assemblée nationale, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a aussi condamné le référendum proposé par Mouvement Montréal comme « une tentative à peine cachée d’angliciser encore davantage la métropole ». « Avec sa proposition, M. Holness veut non seulement qu’on consente au déclin de notre langue, mais il veut l’accélérer. Quand on sait que 45 % des nouveaux arrivants choisissent l’anglais et que toute tentative de préserver le français est souvent taxée d’intolérance, il y a lieu de remettre en question notre modèle d’immigration », soutient-il.

Réduction des dépenses du SPVM

S’il refuse de parler de « définancement de la police », le parti unifié de Balarama Holness s’engage néanmoins à « réduire les dépenses du SPVM, notamment en éliminant et en gelant les nouveaux projets du SPVM, dont le champ de tir de 57 millions de dollars qui était prévu pour 2020-2022 ».

« On peut combattre le crime organisé et la prolifération des armes à feu en ayant un SPVM qui est flexible et qui a de la transparence. Ce n’est pas parce que c’est la police qu’ils doivent avoir un chèque en blanc », soutient-il, affirmant que le budget du corps policier « ne peut pas être enflé de façon perpétuelle ».

Le parti propose en contrepartie d’injecter 1 milliard de dollars, avec Québec et Ottawa, dans les installations sportives, de loisirs et de récréation à Montréal pour « améliorer la santé urbaine, limiter le décrochage scolaire et bâtir des communautés plus fortes et plus sûres ».

Plante propose des chantiers jour et nuit, Coderre, une taxe sur les stationnements

Valérie Plante a promis de raccourcir les chantiers au centre-ville en autorisant les travaux nocturnes, mardi, alors que Denis Coderre s’est engagé à taxer les stationnements commerciaux.

À quatre semaines du scrutin municipal, les candidats à la mairie ont pesé sur l’accélérateur et dévoilent chaque jour des promesses électorales sur différents thèmes.

En début d’avant-midi, la mairesse sortante a présenté son plan pour la relance du centre-ville de Montréal. Flanquée par plusieurs membres de son équipe, elle a dit vouloir limiter la durée des chantiers au centre-ville en autorisant les travaux 24 heures sur 24 dans certains secteurs.

La mairesse sortante s’est aussi engagée à rendre le stationnement sur rue gratuit le soir et la fin de semaine pendant le mois de décembre, pour encourager le magasinage local.

« Oui, la relance économique, elle va bien, elle est lancée, mais on veut continuer à lui donner du pep. »

— Valérie Plante, mairesse sortante de Montréal, en dévoilant mardi sa plateforme pour le centre-ville

Mme Plante a fait valoir que sa formation politique travaillerait à en faire un quartier plus vert, plus fluide et qui accueille davantage de logements abordables. Un milliard de dollars seront investis dans différents projets au cours des prochaines années ; certains, comme le réaménagement de l’avenue McGill College, sont déjà annoncés.

Les autorisations de poursuivre les travaux en continu – même la nuit – pourraient permettre aux cônes orange de quitter plus rapidement les rues de Montréal, selon Projet Montréal.

« C’est une demande des commerçants », a expliqué la mairesse. Elle a ajouté, avec son collègue responsable du développement économique, Luc Rabouin, que de telles autorisations seraient données seulement dans les secteurs purement commerciaux.

Projet Montréal veut aussi faciliter la transformation de certains édifices de bureaux en logements, mais sans investissement d’argent public. « On va les soutenir, on va les accompagner, a dit Mme Plante. Mais on ne veut pas prendre l’argent des Montréalais pour le donner aux promoteurs privés. »

Taxe sur le stationnement

De son côté, Denis Coderre veut imposer une taxe supplémentaire aux grands stationnements commerciaux, à laquelle les propriétaires pourraient échapper en les verdissant.

L’ex-maire et son équipe ont présenté mardi leur plateforme en matière de développement durable, qui vise à rendre la métropole carboneutre d’ici 2045.

M. Coderre a affirmé qu’il veut moins de véhicules dans les rues de Montréal, mais que « la voiture n’est pas l’ennemie ».

« Il faut travailler pour réduire le nombre de voitures, mais il faut arrêter d’être anti-voitures. Ce n’est pas la voiture contre le vélo, c’est une question de cohabitation. »

— Denis Coderre, candidat à la mairie et chef d’Ensemble Montréal

Son équipe et lui voudraient instaurer une taxe foncière sur les stationnements commerciaux de plus de 500 mètres carrés, comme ceux des supermarchés ou des grandes surfaces. La taxe entrerait progressivement en vigueur pendant cinq ans.

Ces commerces pourraient toutefois y échapper en verdissant leur stationnement.

« Il y a plusieurs bons comportements qui peuvent être pris à des degrés différents pour arriver au même résultat. […] Ça peut être l’addition de canopée, ça peut être l’addition de matériel pour absorber les eaux pluviales, l’aménagement pour donner plus de place à la mobilité active », a expliqué Guillaume Lavoie, chargé de l’élaboration de la plateforme d’Ensemble Montréal.

Ensemble Montréal promet aussi de planter massivement des arbres dans l’île de Montréal en s’assurant qu’aucune rue de la ville n’en soit privée.

Débat à la mairie de Montréal

Les priorités pour la jeunesse sous la loupe des candidats

Les chefs des quatre principales formations politiques qui se présentent à la mairie de Montréal ont fait part, mardi soir, de leur vision pour la jeunesse dans le cadre d’un débat au Campus MIL de l’Université de Montréal.

À moins d’un mois des élections municipales, Gilbert Thibodeau, d’Action Montréal, Denis Coderre, d’Ensemble Montréal, Balarama Holness, de Mouvement Montréal, et Valérie Plante, de Projet Montréal, ont pris part à un débat portant sur cinq enjeux qui interpellent la jeunesse montréalaise, soit le logement, le transport, l’inclusion, la place des jeunes et l’environnement.

Lors des élections municipales de 2017, à peine plus du quart des 18-25 ans et le tiers des 26-35 ans se sont rendus aux urnes à Montréal.

Plus de logements abordables, s’entendent les chefs

Les chefs de toutes les formations politiques sont unanimes : il faut plus de logements abordables. « Le logement abordable, c’est à mon avis une des choses les plus importantes », a affirmé d’emblée Gilbert Thibodeau, d’Action Montréal.

Sur le même thème, Denis Coderre a promis de miser sur le logement abordable, particulièrement sur les logements étudiants.

« Dans les quatre prochaines années, à la lumière des terrains qu’on a déjà, on veut créer 50 000 unités de logement […] et 2000 logements étudiants. »

— Denis Coderre, candidat à la mairie et chef d’Ensemble Montréal

La mairesse sortante, Valérie Plante, veut également se pencher sur l’abordabilité. Tout comme son adversaire, elle veut mettre en priorité les étudiants, pour qui trouver un logement abordable « est d’autant plus difficile ».

Balarama Holness, de Mouvement Montréal, ne veut pas se limiter aux logements étudiants abordables, il veut une ville abordable. « Ce n’est pas assez, les logements étudiants. Nos universités sont en train de grandir et donc il faut une ville abordable. »

Transport

« On a besoin de plus de transport collectif », a déclaré M. Coderre, affirmant « qu’il faut terminer la ligne bleue ». M. Thibodeau souhaite également que la ligne bleue soit fonctionnelle le plus rapidement possible, soit avant 2025.

Mme Plante souhaite mettre ses efforts sur le transport collectif et le transport actif, comme le vélo. Enfin, M. Holness souhaite que les transports en commun deviennent gratuits d’ici 10 ans. « C’est comme ça qu’on va avoir une transition écologique intéressante », a-t-il affirmé.

Inclusion et racisme systémique

Lorsqu’on lui a demandé quels moyens il met en œuvre pour rendre son parti plus représentatif de la population montréalaise, M. Coderre a répondu « nous sommes la diversité », soutenant que son parti est composé de plus de 35 % de candidats ayant moins de 35 ans et qui représentent la diversité.

Balarama Holness a dit vouloir forcer une consultation publique sur le racisme systémique, puisqu’il vise « une société juste et inclusive ».

Toujours sur le thème de l’inclusion, Mme Plante a abordé la réconciliation avec les peuples autochtones.

« Il faut poser des gestes concrets, parler de nation à nation. Il faut cesser de décider pour les [communautés autochtones], elles doivent être partie prenante des décisions et des processus. »

— Valérie Plante, mairesse sortante et cheffe de Projet Montréal

Contrairement à ses adversaires, Gilbert Thibodeau a soutenu qu’il n’y a « pas de race » et qu’il n’y a « rien de pire que créer une division ».

Place des jeunes

Quel est l’enjeu prioritaire jeunesse sur lequel M. Coderre va mettre ses efforts ? L’environnement. « Il n’y a pas de plan B à la planète », a-t-il affirmé. Il a ensuite évoqué l’importance de la sécurité dans la métropole.

M. Holness a dit vouloir appuyer la jeunesse, tandis que Mme Plante souhaite « accompagner les problématiques qui tiennent aux jeunes et qu’il y ait une bonne représentation des jeunes dans les partis politiques ».

L’environnement, une autre priorité

M. Coderre veut éliminer les iniquités liées aux changements climatiques, tandis que Mme Plante souhaite augmenter le nombre de parcs, bonifier les quartiers et développer des artères locales dynamiques.

Pour sa part, M. Holness veut augmenter le nombre d’espaces verts, particulièrement dans les quartiers à plus faibles revenus.

Le débat a été organisé par le Forum jeunesse de l’île de Montréal, le Conseil jeunesse de Montréal, Force Jeunesse, la Jeune Chambre de commerce de Montréal, le Conseil interculturel de Montréal et la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal.

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