Entente entre Québec et la FAE

Rattrapage salarial « historique » pour les enseignants

Les 49 000 enseignants représentés par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ont voté à 88 % pour l’entente de principe avec le gouvernement Legault. Cela leur permet « un rattrapage salarial historique » par rapport aux enseignants du reste du Canada, s’est réjoui Sylvain Mallette, président de la FAE.

En conférence de presse vendredi matin, Sylvain Mallette a indiqué qu’au sommet de l’échelle, les enseignants du reste du Canada gagnent 92 000 $, tandis que l’entente obtenue de Québec permettra aux enseignants de toucher 91 116 $.

Tous les échelons ont été revus. À l’entrée, par exemple, le salaire passe de 46 000 $ à 53 000 $.

Pour Sylvain Mallette, ce contrat de travail, qui est d’une durée de trois ans, est « historique » en raison de ce rattrapage salarial par rapport au reste du Canada, mais aussi parce que les enseignants ont obtenu une autonomie réclamée de longue date.

Ainsi, sur 32 heures de travail hebdomadaire, les enseignants pourront en passer deux à l’extérieur de l’école pour faire de la planification ou de la correction, par exemple.

« C’est la première fois que le statut de professionnel des enseignants est reconnu dans un contrat de travail », a dit M. Mallette en conférence de presse virtuelle.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, dont le leadership a été salué par Sylvain Mallette, a déclaré : « Nous sommes convaincus que les mesures contenues dans cette entente auront un effet positif, non seulement sur la rétention et le recrutement des enseignantes et des enseignants, mais aussi sur la réussite de nos jeunes, particulièrement ceux en difficulté d’apprentissage. »

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, s’est lui aussi montré ravi que le gouvernement se soit entendu avec la FAE. « Je suis très fier de cette entente. Nous mettons en place des mesures qui amélioreront la réussite éducative des élèves et nous valorisons le travail des enseignants. »

Le ministre s’est aussi réjoui que des sommes supplémentaires permettent l’ajout de professionnels comme des orthopédagogues, des psychologues ou des psychoéducateurs (particulièrement difficiles à attirer dans le système scolaire en raison des salaires moindres que dans le secteur privé).

Pas encore d’entente pour la majorité des enseignants

Si c’est réglé avec la FAE, des ententes restent cependant à conclure avec la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente 73 000 autres enseignants.

Bien qu’elle présente l’offre à ses membres ces jours-ci, la CSQ demeure insatisfaite parce qu’elle espère un plus grand allégement de la tâche des enseignants.

Les salaires prévus pour eux seront cependant les mêmes que pour les enseignants représentés par la FAE.

Hausse du télétravail

Les prévisions de fréquentation du REM ne changent pas

La fréquentation des transports en commun demeure en berne au Québec et notamment à Montréal, avec des millions perdus pour les opérateurs, mais le Réseau express métropolitain (REM) compte toujours remplir ses rames.

Jean-Marc Arbaud, grand patron de CDPQ Infra, a affirmé vendredi que ses équipes maintenaient leurs prévisions prépandémiques d’utilisation du REM, dont le premier tronçon sera inauguré à l’été 2022.

Le télétravail est là pour de bon, mais le développement rapide de projets immobiliers autour du tracé compensera, croit le gestionnaire.

« Sur le long terme, on ne prévoit aucune baisse d’achalandage », a dit M. Arbaud, qui s’exprimait dans le cadre d’une causerie de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Le choix de certains travailleurs de rester à la maison pourrait avoir un impact « d’environ 10 % à court terme » en baisse d’achalandage, a-t-il calculé. Mais, a-t-il continué, « il s’est fait pour presque 5 milliards d’investissements autour des stations du projet REM alors qu’il n’est pas encore en service ». « C’est quasiment comme si on avait fait en 3 ans une grande partie de ce qui était prévu sur 10 ou 20 ans. Ça va avoir un impact sur l’achalandage qu’on évalue à plus 10 %, plus 20 %. »

Résultat des courses : « Oui, il y a aura un impact […], mais il sera sur le court terme. »

L’inauguration du premier tronçon du REM de l’Ouest – qui relie Longueuil au centre-ville – a été reportée de six mois en raison de la pandémie et de la découverte de vieux explosifs autour du tunnel sous le mont Royal. « L’année dernière, ç’a été une année difficile », a dit M. Arbaud, qui évoque une « tempête presque parfaite ». Il n’a pas voulu s’avancer sur une date exacte de mise en service, entre le début et la fin de l’été.

Baisse draconienne de la fréquentation

Si Jean-Marc Arbaud garde confiance, d’autres opérateurs de réseau de transports en commun doivent fonctionner au ralenti.

L’Autorité régionale de transport de Montréal (ARTM) a indiqué jeudi que ses réseaux étaient actuellement utilisés à environ 35 % de leur achalandage habituel et que ce sont les pouvoirs publics qui compensent les pertes financières importantes.

Le plus important transporteur du Grand Montréal, la Société de transport de Montréal (STM), a confirmé la tendance vendredi en révélant que le nombre de passagers dans son réseau en mars 2021 était en baisse de 64 % par rapport à mars 2020, période déjà touchée par la pandémie de COVID-19.

Toujours vendredi, Statistique Canada a calculé que l’impact était encore plus grand à l’échelle de la région Québec-Ontario, avec une baisse d’utilisation de 75 % des transports en commun au cours de la dernière année.

Allégations de conflit d'intérêts

La commissaire à l'éthique blanchit Louis-Charles Thouin

Québec — La commissaire à l’éthique blanchit un député caquiste qui était visé par des allégations de conflit d’intérêts.

Le député de Rousseau, Louis-Charles Thouin, faisait l’objet d’une enquête de la commissaire à l’éthique et à la déontologie pour son rôle dans la modification du schéma d’aménagement de la MRC de Montcalm, dont il a été préfet.

Dans un rapport déposé jeudi matin, la commissaire Ariane Mignolet juge qu’il n’a pas commis de manquement au code d’éthique des élus de l’Assemblée nationale.

Cependant, elle fait remarquer que M. Thouin a manqué de prudence et de clairvoyance.

« Ayant été lié de près à ce dossier en raison de ses fonctions antérieures, le député aurait dû raisonnablement s’attendre à ce que son implication comme député soulève un questionnement », écrit-elle.

« Il aurait pu se distancier un peu du dossier, par exemple en demandant à un collègue de la région d’agir comme intermédiaire à sa place. »

M. Thouin avait été exclu du caucus caquiste, le temps que la lumière soit faite sur l’affaire. Le groupe parlementaire caquiste devra donc se prononcer sur sa réintégration.

Le Collège des médecins reconnaît le racisme systémique en santé

À quelques semaines de l’ouverture de l’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, le Collège des médecins du Québec (CMQ) reconnaît l’existence du racisme systémique dans le réseau de la santé de la province et signifie son appui au principe de Joyce.

Le président du CMQ, Mauril Gaudreault, et le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, en ont fait l’annonce conjointement dans une lettre publiée dans La Presse. « Ensemble, reconnaissons ce qui doit l’être, dénonçons le racisme systémique, et posons des gestes qui appuieront cette posture et permettront de le combattre », ont écrit les deux signataires de la lettre.

La mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette en septembre dernier a été le catalyseur d’une préoccupation qui existait déjà parmi les médecins, affirme M. Gaudreault. « On a convenu qu’il était temps de poser des actions, dont celle-ci », dit-il.

Plus tôt cette année, il s’est assis avec Constant Awashish et le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa. « Je leur ai demandé : “Comment pouvons-nous aider ?” D’abord et avant tout, il fallait reconnaître le problème du racisme systémique. » De ce fait, le CMQ reconnaît aujourd’hui « un mal encore trop présent au sein de notre société, celui engendré par les iniquités dues à des barrières culturelles nourries de préjugés que subissent les Autochtones, et de manière plus large, nombre de personnes racisées ».

Pour M. Awashish, cette prise de position est un « grand pas » vers la justice. « Le Collège des médecins est un appui de taille. Je suis enchanté et je crois que les Autochtones seront choyés aussi », confie-t-il.

Le 10 mai prochain, les audiences publiques pour l’enquête de la coroner Me Géhane Kamel sur la mort de Joyce Echaquan débuteront au palais de justice de Joliette. Elle doit déterminer les circonstances et les causes de la mort et, peut-être, émettre des recommandations. Le grand chef de la nation atikamekw se dit impatient d’en voir les résultats : « On espère un dénouement positif pour la famille de Joyce et la communauté autochtone. »

Adoption du principe de Joyce

Dans sa lettre, le Collège des médecins réclame aussi l’adoption du principe de Joyce, « la pierre angulaire d’un virage essentiel pour notre société ». Élaboré par le Grand Conseil de la Nation atikamekw et la communauté de Manawan, il propose des solutions pour assurer aux membres des Premières Nations un accès équitable aux services sociaux et de santé du Québec, dont la création d’un bureau d’ombudsman et une formation obligatoire pour les professionnels du réseau.

Le premier ministre François Legault n’entend pas adopter ce principe qui reconnaît la notion de racisme systémique, ce à quoi se refuse son gouvernement.

« Le gouvernement est mal à l’aise avec le mot, on est mal à l’aise avec la situation », rétorque Mauril Gaudreault, qui espère voir d’autres ordres professionnels de la santé joindre leurs voix à la cause.

Constant Awashish partage son avis. « La société est prête à avancer, maintenant il faut lui donner les moyens pour le faire, et ça commence par la reconnaissance [du racisme systémique]. Je pense qu’on est dans la bonne direction, mais il faut que le gouvernement travaille dans le même sens que la population. »

Permis de conduire

Un congé de paiement de près de 185 $ en 2022 et 2023

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) offrira un « congé de paiement » aux détenteurs de permis de conduire pour 2022 et 2023 allant jusqu’à environ 185 $, en raison d’un bilan routier « amélioré ». Ainsi, le renouvellement du permis de conduire ne devrait coûter que 23 $ l’an prochain, en moyenne. Les détenteurs de permis de conduire n’auront en effet qu’à payer les frais de 4,75 $ et les droits de 18,60 $ inscrits à leur avis de renouvellement. La mesure, qui touche 6,4 millions de Québécois, est rendue possible grâce à un excédent de capital de 1,2 milliard de dollars qui a été dégagé l’an dernier par la SAAQ. Une exception demeure toutefois : les conducteurs blâmés pour leurs mauvais comportements devront continuer de payer « la portion de contribution d’assurance pour les points d’inaptitude inscrits à leur dossier », qui peut aller jusqu’à environ 450 $.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

« Rénovictions » au Manoir Lafontaine

Expulsés en anglais

Les résidants du Manoir Lafontaine ont d’abord reçu leurs documents d’expulsion en anglais seulement, une situation que les propriétaires ont éventuellement corrigée en soirée vendredi. Les locataires ont reçu jeudi, par huissier, une copie des procédures entamées par leur propriétaire pour les évincer du bâtiment en vue de travaux majeurs. Ces documents étaient tous en anglais, a dénoncé Nadine Freville, l’une des locataires. En tout, « 98 % des gens [du bâtiment] ne parlent pas anglais », a-t-elle déploré. Les documents incluent les procédures devant le Tribunal administratif du logement afin que l’organisme force les locataires à quitter le Manoir Lafontaine avant le 30 juin prochain. Les propriétaires se disent forcés d’agir par un rapport d’ingénieur. Ce rapport n’est pas annexé aux documents. Dans une déclaration transmise à La Presse vendredi, les propriétaires avaient assuré que la version française de la documentation suivrait sous peu. Mme Freville a confirmé avoir reçu les documents en français au cours de la soirée.

— Philippe Teisceira-Lessard et Henri Ouellette-Vézina, La Presse

L’Ontario demande d’interdire l’entrée aux étudiants étrangers

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a demandé au gouvernement fédéral d’interdire temporairement aux étudiants étrangers d’accéder à son territoire. La question a été soulevée lors d’un échange téléphonique entre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et ses homologues provinciaux, jeudi – leur 30e depuis le début de la pandémie. « Le premier ministre [Doug] Ford nous a demandé de suspendre l’arrivée d’étudiants internationaux », a expliqué Justin Trudeau en conférence de presse, vendredi. « Parce qu’à l’heure actuelle, l’Ontario est la seule province à en faire la demande, nous sommes heureux de travailler plus étroitement avec [elle]. Nous contacterons aujourd’hui [ses] fonctionnaires pour officialiser cette demande », a-t-il ajouté.

— Mélanie Marquis, La Presse

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