Projet de loi C-63

Plus de 200 millions pour la sécurité en ligne

Les nouvelles institutions chargées de veiller à la sécurité en ligne que promet de mettre en place le gouvernement fédéral coûteront 201 millions sur cinq ans, estime le Directeur parlementaire du budget (DPB). Ce coût pourrait être moindre considérant l’argent de sanctions pécuniaires qui pourrait être amassé, précise le DPB. Ces entités seront créées si le projet de loi C-63 visant à contrer la haine en ligne est adopté. — La Presse Canadienne

Ottawa met 120 millions dans un réseau canadien de semi-conducteurs

De la conception à la commercialisation, le gouvernement Trudeau veut passer « à la vitesse grand V » dans l’industrie cruciale des semi-conducteurs, avec un investissement de 120 millions pour la mise sur pied d’un réseau pancanadien.

C’est le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, qui en a fait l’annonce jeudi dans les bureaux montréalais de la Banque de développement du Canada. Décrivant les semi-conducteurs comme « l’ADN du progrès », le ministre a annoncé la création d’un réseau appelé FABrIC (pour Fabrication of Integrated Components for the Internet’s Edge).

Les fonds seront gérés par un organisme à but non lucratif, CMC Microsystèmes, dans le cadre de ce programme totalisant 220 millions. FABrIC aura notamment pour mission de stimuler l’innovation à toutes les étapes de la mise en marché de ces micropuces équipant pratiquement tous les appareils, et interviendra également pour le développement de technologies de capteurs de pointe.

Annonce « historique »

Pour le ministre François-Philippe Champagne, les grands développements technologiques du XXIsiècle reposeront en grande partie sur ces micropuces.

« Je suis un de ceux qui croient à l’intervention de l’État pour bâtir ces écosystèmes forts. C’est important de bâtir des écosystèmes parce que c’est comme ça qu’on fait jaillir les innovateurs, nos PME, des gens qui vont pouvoir ensuite être des leaders à l’échelle mondiale. »

— François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie

Qualifiant l’annonce d’« historique », il a rappelé que 80 % des semi-conducteurs fabriqués en Amérique du Nord étaient « finalisés » au Québec, plus précisément à l’usine IBM de Bromont.

« C’est une annonce qui va aider à la fabrication, mais aussi à la commercialisation, qui est un peu notre talon d’Achille, a déclaré M. Champagne. C’est un investissement aussi qui va nous aider à renforcer nos chaînes d’approvisionnement et les sécuriser […] On avait vécu une fragmentation des chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Dans le cas de crise géopolitique, un maillon faible, ce sont certainement les semi-conducteurs. »

Objectif 25 000 étudiants

Un des éléments clés de cette stratégie est l’accès aux fonderies des plus petites entreprises, un domaine dans lequel intervient CMC Microsystèmes, a fait valoir son PDG, Gordon Harling. « Les grandes usines n’aiment pas les petits clients. Nous, on offre une porte à côté pour ces gens-là. On met une vingtaine de clients dans le même lot de fabrication […], c’est un point d’accès pour les compagnies qui veulent développer un prototype. »

FABrIC s’est donné un mandat ambitieux, avec le lancement de 75 nouvelles entreprises, 215 dépôts de nouvelles demandes de propriété intellectuels, 85 produits ou procédés commercialisés et la formation de 25 000 étudiants et 1000 professeurs sur cinq ans.

Sans chiffrer aussi précisément ses objectifs, le ministre François-Philippe Champagne estime que le succès de cette initiative sera surtout mesuré sur l’« écosystème » autour des semi-conducteurs qu’on souhaite mettre sur pied. « Est-ce qu’on a amené des joueurs dans la conception ? Est-ce qu’on a réussi à commercialiser des produits ? […] Le gouvernement est là pour donner un effet de levier, mais on laisse des spécialistes décider de la mise en place et de l’investissement. »

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