COVID-19

Appel à un « soulèvement » contre la gouverneure du Michigan

Un conseiller du président sortant Donald Trump a appelé dimanche à un « soulèvement » contre la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer – provoquant une pluie d’accusations d’incitation à la violence dans un État où un complot de miliciens d’extrême droite pour enlever et tuer Mme Whitmer a été stoppé par le FBI le mois dernier.

Dans un tweet diffusé dimanche dans la foulée de l’annonce de nouvelles mesures au Michigan afin de lutter contre la propagation de la COVID-19, le DScott Atlas, membre du groupe de travail sur le coronavirus de la Maison-Blanche, a déclaré : « La seule façon d’arrêter [ces mesures] est que les gens se soulèvent. Vous obtenez ce que vous acceptez. »

Accusé d’inciter à la violence, le DScott Atlas a tenté de rectifier le tir, écrivant qu’il appelait les gens à voter, et non à prendre les armes.

Une explication « qui n'a aucun sens », estime Samuel Bagenstos, professeur de droit à l’Université du Michigan et ancien sous-procureur général adjoint principal au département de la Justice.

« Il essaie de rétropédaler parce qu’il se fait critiquer ; nous venons tout juste de voter, et il n’y a pas d’élection au Michigan avant deux ans, a dit M. Bagenstos en entrevue téléphonique. Ce que fait Scott Atlas est simple : il jette de l’huile sur le feu. C’est la chose la plus irresponsable que l’on puisse imaginer. Et ça vient d’une personne dont le travail est supposément de régler le problème du coronavirus, au moment où la propagation du virus atteint des sommets aux États-Unis. »

M. Bagenstos note que le message du DAtlas ressemble à celui diffusé plus tôt cette année par Donald Trump, qui avait écrit « LIBÉREZ LE MICHIGAN » au début des mesures de confinement. Quelques mois plus tard, 14 personnes ont été arrêtées au Michigan à la suite d'un complot pour enlever et assassiner la gouverneure Whitmer, une démocrate qui tient tête à Trump.

Lundi, la gouverneure Whitmer s’est dite « ébranlée » par les propos du DAtlas, un radiologiste controversé qui n’a pas d’expérience dans le domaine des maladies infectieuses.

« Cela m’a réellement coupé le souffle, pour dire la vérité. Je ne vais pas me laisser intimider », a-t-elle affirmé, ajoutant que plus de 20 000 personnes dans son État pourraient mourir de la COVID-19 cet hiver si rien n’est fait pour endiguer la propagation du virus.

Pour le DJon Zelner, professeur adjoint au département d’épidémiologie à l’Université du Michigan, les attaques de l’administration Trump contre la gouverneure Whitmer sont motivées en partie par le sexisme.

« Vous avez une gouverneure d’un grand État important politiquement qui a la témérité de prendre des mesures décisives contre la COVID-19 – en contradiction totale avec ce que l’administration Trump a tenté sans succès de créer jusqu’ici », dit le DZelner en entrevue.

Dimanche, la gouverneure Whitmer a annoncé la mise en place d’une série de restrictions d’une durée de trois semaines dans son État afin de lutter contre le coronavirus, notamment la fermeture de toutes les écoles secondaires, des salles à manger des restaurants et des bars, à partir de mercredi. Les écoles primaires, les garderies, les salons de coiffure, les gymnases et les commerces resteront ouverts.

Ces mesures qui ont provoqué l’ire du DAtlas sont loin d’être extrêmes, note le DZelner.

« Il y a une volonté d’équilibrer les considérations économiques avec les besoins très réels de prendre des mesures énergiques contre la hausse de la transmission. »

– Le Dr Jon Zelner, professeur adjoint au département d’épidémiologie à l’Université du Michigan

« En fait, l’étendue des restrictions est bien inférieure à celles qui sont employées dans des endroits où l’épidémie est beaucoup moins grave que celle que nous traversons actuellement au Michigan et dans la plupart des autres États américains.», explique le Dr Zelner.

Mesures rehaussées

Les États-Unis vivent un pic de transmission du coronavirus, avec une moyenne de plus de 150 000 nouveaux cas d’infection enregistrés par jour depuis une semaine, une hausse de 81 % par rapport aux données enregistrées il y a deux semaines.

Plus de 1000 personnes en meurent chaque jour, une donnée en hausse et qui promet de continuer à grimper au cours des prochaines semaines, selon les prévisions des experts, alors que le virus a fait près de 250 000 victimes jusqu’ici aux États-Unis.

Devant l’inaction de la Maison-Blanche, les États prennent de nouvelles initiatives en rang dispersé afin de tenter de maîtriser la  pandémie.

Avec le Michigan, l’État de Washington a récemment appliqué une série de mesures. Les salles à manger des restaurants, les gymnases, cinémas, théâtres et musées fermeront dès mardi, et ce, pour une période de quatre semaines.

En tout, 34 États ont imposé le port obligatoire du couvre-visage dans les commerces et les endroits publics intérieurs et les rassemblements publics extérieurs où la distanciation physique ne peut être respectée.

L’endroit le plus touché, en proportion de sa population, est le Dakota du Nord. Un ratio de 2494 cas d’infection par 100 000 habitants y a été rapporté au cours des deux dernières semaines. Les chercheurs de l’Université Johns Hopkins affirment qu’une personne sur 79 au Dakota du Nord a été déclarée positive à la COVID-19 la semaine dernière.

Les salles à manger des restaurants demeurent ouvertes au Dakota du Nord, mais doivent fonctionner à une capacité maximale de 50 %, avec un maximum de 150 personnes à la fois. Longtemps hostile à l’adoption d’une consigne du port obligatoire du couvre-visage, sujet qu’il qualifiait « d’obsession des médias », le gouverneur républicain Doug Burgum vient d’imposer la mesure à l’ensemble de l’État.

Biden veut un plan de soutien « immédiat » à l’économie

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden, a souligné lundi la nécessité de voter « rapidement » un nouveau plan d’aide à l’économie, toujours fragilisée par la pandémie de COVID-19, et a réitéré ses principaux objectifs de campagne, notamment la création de millions d’emplois « bien payés » et d’un salaire minimum.

M. Biden, dont la victoire à l’élection présidentielle n’a toujours pas été reconnue par le président républicain Donald Trump, s’exprimait de sa ville de Wilmington, dans le Delaware, à l’issue d’une rencontre virtuelle avec des responsables syndicaux et des hauts dirigeants d’entreprise, dont la patronne du constructeur automobile General Motors, Mary Barra, et le dirigeant du géant informatique Microsoft, Satya Nadella.

C’était sa première intervention sur l’économie, une de ses priorités avec la lutte contre la pandémie de coronavirus.

« Nous avons discuté de l’opportunité d’être [économiquement] plus forts, plus résilients que nous l’étions » avant la pandémie, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Il s’est dit « très encouragé » par ses premiers échanges, non seulement avec des entreprises, mais aussi avec des responsables syndicaux, dont Richard Trumka, le président de l’AFL-CIO, principal syndicat des États-Unis.

Voter « rapidement »

Le futur président, qui a prédit un « hiver sombre », a en outre martelé que la condition sine qua non pour une reprise économique était de contrôler le virus.

Parallèlement, a-t-il relevé, le Congrès doit absolument voter « rapidement » un plan de « soutien immédiat » à l’économie, alors que les Américains font face à une résurgence du coronavirus à travers le pays, obligeant certaines autorités locales, comme à New York, à durcir leurs mesures pour endiguer la pandémie.

« Notre plan est de créer des millions d’emplois bien payés dans l’industrie manufacturière, dans la construction de voitures, de produits et de technologies. [Des emplois] dont nous aurons besoin à l’avenir pour être compétitifs face au reste du monde », a-t-il déclaré.

« Nous achèterons américain », a-t-il également promis, dans la continuité de ses discours de campagne.

Le démocrate a également réaffirmé sa volonté de mettre en place une « fiscalité équitable » qui consistera à faire payer les grandes entreprises et les Américains les plus aisés une « part juste », prenant le contrepied de l’administration Trump, qui avait abaissé l’impôt sur les entreprises de 35 % à 21 %, et aussi celui des foyers les plus aisés.

15 $ l’heure

Joe Biden compte aussi mettre en place un salaire minimum à 15 $ l’heure, une revendication syndicale, alors que nombre d’emplois, notamment dans le secteur de la restauration, ont un salaire fixe misérable (quelques dollars) et que les travailleurs comptent donc essentiellement sur les pourboires des clients pour obtenir une rémunération décente.

Plus tôt, ses conseillers avaient indiqué que M. Biden et sa vice-présidente désignée, Kamala Harris, devaient rencontrer virtuellement les dirigeants syndicaux et les dirigeants « pour discuter de la manière dont, malgré nos perspectives différentes », ils pouvaient « travailler ensemble » pour atteindre des « objectifs communs ».

Selon ses conseillers, M. Biden entend « garantir » que travailleurs et entreprises pourront fonctionner en toute sécurité dans le contexte de la pandémie et « reconstruire l’économie pour qu’elle soit plus résiliente et inclusive ».

Au cours de sa conférence de presse, le démocrate a répété que la bonne santé de l’économie du pays était étroitement liée à l’évolution du virus. Pour lui, revitaliser l’économie passe par la maîtrise de la pandémie, une opinion partagée par le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell.

Le choix de la rencontre avec certains patrons tels que Mary Barra apparaît par ailleurs comme un signal de sa volonté de rétablir une bonne relation avec ceux qui ont été les cibles de Donald Trump.

Tout au long de sa présidence, le président républicain avait en effet vertement critiqué les choix stratégiques de la PDG de General Motors, critiquant la fermeture d’une usine dans l’Ohio. M. Trump avait aussi forcé en mars dernier le groupe à produire des respirateurs artificiels pour les malades de la COVID-19.

Facebook supprime des messages haineux à propos de Kamala Harris

Facebook a supprimé une série de message, de mèmes et de commentaires haineux, racistes et misogynes au sujet de la vice-présidente désignée, Kamala Harris, après que BBC News eut alerté le réseau social, selon le média en question. Le réseau BBC News rapporte qu’il a lui-même signalé à Facebook trois groupes publiant ce genre de contenu sur une base régulière. Le contenu a été supprimé, mais Facebook a déclaré qu’aucune action ne serait entreprise contre les groupes en question et que les pages demeureraient ouvertes. Le géant a été critiqué à plusieurs reprises par les annonceurs et les groupes de défense des droits civiques, qui estiment qu’il n’en fait pas assez pour lutter contre les discours haineux. En août, des centaines d’entreprises ont cessé de faire de la publicité sur la plateforme en guise de protestation.

La Presse, selon BBC News

Fox News perd ses téléspectateurs de droite, selon des chercheurs

La chaîne d’information Fox News serait en train de perdre ses téléspectateurs au profit de chaînes YouTube d’extrême droite, ont observé des chercheurs indépendants, selon une étude rapportée par le New York Times. Les données recueillies par les chercheurs derrière Transparency Tube démontrent que les chaînes YouTube qui diffusent de manière agressive des allégations infondées de fraude électorale gagnent une part d’auditoire plus importante parmi les chaînes YouTube conservatrices qu’avant les élections. D’un autre côté, Fox News a vu sa part d’audience conservatrice diminuer sur la plateforme, alors qu’elle a été plus réservée dans la promotion d’allégations non fondées sur la fraude électorale. « Malgré les efforts de YouTube, les chaînes diffusant des informations erronées sur les élections ont vu leur part de trafic augmenter », a déclaré au NYT Sam Clark, l’un des chercheurs à l’origine de Transparency Tube. Dans l’ensemble, les vidéos les plus populaires sur l’élection continuent heureusement de provenir des organes de presse faisant autorité, selon un porte-parole de YouTube.

La Presse, selon le New York Times

Le conseiller à la Sécurité nationale promet une transition en douceur

Le conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis a promis lundi une transition en douceur vers une administration Biden, alors que le président Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite face au démocrate. Robert O’Brien, qui coordonne les questions de sécurité nationale à la Maison-Blanche, a déclaré que le pays avait eu « des transitions pacifiques et réussies même dans les périodes les plus litigieuses ». « S’il est déterminé que le ticket Biden/Harris est le gagnant, et évidemment il semble que ce soit le cas maintenant, nous aurons une transition très professionnelle de la part du conseil à la Sécurité nationale, cela ne fait pas de doute », a-t-il dit lors du Global Security Forum, conférence virtuelle. En décalage avec le président Trump, M. O’Brien a aussi affirmé que Joe Biden et sa colistière, Kamala Harris, avaient « des gens très professionnels » dans leur équipe, capables de reprendre les rênes. « Ils méritent d’avoir un peu de temps pour arriver et mettre en œuvre leurs politiques », a-t-il ajouté. — Agence France-Presse

McConnell met en garde Trump contre un retrait accéléré des troupes d’Afghanistan

Le chef de la majorité républicaine au Sénat a vivement mis en garde le président Donald Trump contre une accélération du retrait des soldats américains en Afghanistan et en Irak, qui viendrait alimenter, selon lui, la « propagande » des extrémistes. « Les conséquences d’un départ prématuré des États-Unis pourraient se révéler pires encore que le retrait d’Obama en Irak en 2011, qui avait alimenté l’essor de l’EI », a déclaré lundi au Sénat Mitch McConnell, habituellement un allié politique du président. En faisant cela, les États-Unis « abandonneraient », selon lui, leurs alliés et laisseraient la place aux talibans en Afghanistan, en permettant également au groupe État islamique et à Al-Qaïda de se reconstruire. M. Trump, qui avait promis de mettre un terme aux « guerres sans fin », a annoncé qu’il souhaitait ramener à 2500 le nombre de soldats américains en Afghanistan au début de 2021 et a même évoqué un retrait total pour Noël. Selon des médias américains, le Pentagone a reçu des instructions pour préparer le retrait de 2000 soldats d’Afghanistan et de 500 d’Irak avant que M. Trump ne passe le pouvoir au démocrate Joe Biden, le 20 janvier – ce qui reviendrait à garder un contingent militaire d’environ 2500 soldats dans chaque pays.

— Agence France-Presse

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