Candidat dans l’embarras à Verdun

Coderre et Plante s’échangent des attaques sur l’habitation

Denis Coderre a assuré mercredi avoir eu de « bonnes discussions » avec le candidat à la mairie de Verdun Antoine Richard, dans la foulée de révélations voulant qu’il ait réalisé des flips immobiliers. Valérie Plante, elle, en a profité pour critiquer la vision de son adversaire en matière d’habitation.

Le Journal de Montréal a révélé mercredi que M. Richard, un ex-restaurateur aujourd’hui courtier immobilier, a touché un peu plus de 470 000 $ en quatre mois en réalisant au moins deux opérations d’achat-revente (aussi appelées flips). De plus en plus répandue, cette pratique revient grosso modo à acquérir une propriété à bas prix, pour ensuite la rénover dans l’unique but de la revendre et d’en tirer profit.

Par écrit, M. Coderre a soutenu que son équipe et lui avaient « eu de bonnes discussions avec Antoine Richard concernant les pratiques immobilières ». « Son ordre professionnel a suivi l’affaire de près, nous nous en remettons à leur bon jugement. Nous réitérons notre confiance envers notre candidat », a-t-il offert.

Son attachée de presse, Elizabeth Lemay, a aussi fait valoir que « les pratiques immobilières de M. Richard ne sont pas interdites, comme l’affirme le Journal de Montréal, mais simplement non recommandées ». Le parti fait ainsi référence à la position de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), qui suggère d’éviter les opérations d’achat-revente dans la mesure où « le courtier doit en tout temps éviter de se placer en situation de conflit d’intérêts ».

« Projet Montréal est mal placé pour nous faire la leçon. Peu de temps avant d’adopter un règlement interdisant la conversion d’immeubles, Valérie Plante a elle-même supprimé un des appartements dans son multiplex pour agrandir le sien. Ça aussi, c’est questionnable », a aussi fustigé Mme Lemay.

Valérie Plante réplique

La mairesse sortante Valérie Plante a de son côté martelé mercredi que ces révélations « s’ajoutent à d’autres » concernant la vision de Denis Coderre en habitation.

« Pour lui, l’habitation, c’est un bien de consommation, alors que pour nous, c’est un droit fondamental. »

— Valérie Plante, mairesse sortante

« Ce qu’on apprend concernant le candidat à la mairie de Verdun, qui est un des arrondissements les plus touchés par les flips et la spéculation, je trouve ça très troublant. […] Pour moi, c’est un échec.

« Le test de crédibilité en matière de logement, Denis Coderre et son équipe ne le passent pas », a-t-elle ensuite martelé, en accusant M. Richard de « contourner les règles » en « retirant du logement abordable pour les familles ».

Projet Montréal s’est d’ailleurs engagé mercredi à limiter les opérations d’achat-revente en obtenant de Québec « le pouvoir de moduler le droit de mutation en fonction de la durée de propriété d’une résidence ». Le parti promet aussi que les flips « seront plus fortement taxés que les ventes de résidences occupées depuis de nombreuses années par le même ménage », ce qui permettra de « ralentir la spéculation effrénée qui nuit à l’abordabilité, sans pour autant pénaliser les ménages montréalais ».

Plusieurs autres candidats de l’équipe Coderre se sont retrouvés dans la tourmente au cours des dernières semaines, dont plus récemment le candidat Dan Kraft, qui a dû s’excuser pour avoir relayé du contenu sur les réseaux sociaux remettant en question les changements climatiques.

30 millions pour l’économie verte

Valérie Plante s’est par ailleurs engagée mercredi à affecter 30 millions à la création de plusieurs « zones d’innovations » qui feraient une place de choix aux entreprises vertes, dans la Pointe-de-l’Île, Lachine, Saint-Laurent et Ahuntsic-Cartierville. Les 30 millions promis par Projet Montréal iraient dans deux enveloppes distinctes. La première, évaluée à 10 millions, permettrait de transformer des terrains de la Ville en lançant « cinq appels à projets urbains innovants (APUI) » pour créer des emplois verts. Un premier appel est prévu dans le secteur Louvain Ouest, dans Ahuntsic-Cartierville, où la Ville estime être en mesure d’exploiter 650 000 pi2. L’autre budget de 20 millions serait destiné à la décontamination de terrains, à la construction ou à la rénovation de bâtiments industriels et à l’augmentation de l’offre d’incitations fiscales aux entreprises situées dans les trois zones citées plus haut.

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