Skateboard

Apprendre à rouler avec l’élite

Le son des roulettes qui crissent sur le béton lisse. Celui du bois qui heurte, frotte et glisse sur les rampes. Le désordre organisé de planchistes de tous les niveaux venus rouler sous le soleil réconfortant de la mi-septembre. Il est un peu passé 10 h, samedi matin sur l’Esplanade du Parc olympique, et ce joyeux brouhaha se déroulerait une bonne partie de la journée.

« J’aime vraiment ça, explique le petit Renaud, casque sur la tête et protecteurs aux genoux. On fait du skate. C’est cool qu’on ait tout l’équipement ! J’ai beaucoup appris quand même. »

L’évènement, organisé par l’entreprise Vans dans le cadre du prestigieux Dime Glory Challenge, rassemblait en matinée des jeunes provenant des organismes communautaires JM Court et Tyndale St-Georges. Mais pas que. Des amateurs de tous les âges étaient venus s’initier au sport, ou simplement le pratiquer.

Ils avaient de bons enseignants, d’ailleurs. L’olympienne Annie Guglia était du nombre. On l’aperçoit, à l’ombre, entourée d’enfants assis sur leurs planches. Elle leur explique la pratique du « tic-tac », qui consiste à soulever les roulettes avant à gauche, à droite, pour changer de direction.

Puis elle pointe vers une planchiste vêtue de beige qui passe derrière eux. « Elle, c’est Lizzie Armanto », leur explique-t-elle. « Elle est allée aux Jeux olympiques comme moi. »

Il s’agit de l’une des plus grandes athlètes du moment en skateboard. Elle a notamment été invitée à participer au Dime Glory Challenge, un des plus grands « spectacles » de planche à roulettes au monde, qui avait lieu en après-midi.

« C’est drôle parce que moi aussi j’étais aux Jeux, lance Guglia à La Presse en souriant. Mais pour moi, Lizzie, c’est une légende. C’est une icône. »

La Californienne était « contente de voir le skatepark rempli de jeunes venus apprendre à rouler ».

« Je me rappelle quand j’ai commencé à skater. Ce sentiment était spécial. Voir ça se produire ici à Montréal, c’est incroyable. »

— Lizzie Armanto

Et elle n’a que de bons mots pour l’« inspirante » Annie Guglia.

« C’est tellement cool que vous l’ayez ici, et de voir que la communauté en prend soin. Elle est ici à enseigner à des enfants. C’est quelque chose dont on se souvient toute sa vie. »

« Rendre le skateboard accessible »

Notre petit Renaud était venu avec ses deux sœurs, Clara et Mathilde. Tous les trois, ainsi que les 35 jeunes invités par les deux organismes, s’étaient vu offrir l’équipement complet du parfait planchiste : le skateboard, le casque et les genouillères. Gracieuseté de la Fondation Dillon Ojo Ligne de Vie.

« C’est malade, souligne Guglia. Ce sont vraiment de bons skates de qualité. »

« C’est ça qu’on veut dire par “rendre le skateboard accessible” », renchérit celle qui travaille dans l’équipe marketing de Vans pour promouvoir l’inclusion et la diversité.

« Pour moi, ça passe par la visibilité et le fait de montrer aux jeunes que c’est possible d’en faire. Et aussi de briser les barrières socioéconomiques. Se faire donner un skate, ça facilite l’accès [à ce sport]. »

Lizzie Armanto est du même avis.

« Ça peut changer ta vie, dit-elle. Ça te permet de canaliser tes énergies. Et il y a tellement à apprendre de la communauté du skate. Tu peux te faire des amis. C’est tellement bien pour les jeunes d’avoir un endroit où ils se sentent à leur place. »

L’élite à Montréal

Avec la multiplication de ses infrastructures et des évènements en faisant la promotion, Montréal est en train de devenir une plaque tournante mondiale de la planche à roulettes.

« Les gens pensent à Montréal comme à une ville de skateboard », estime Alex Auchu, directeur du marketing de Vans Canada.

Le Dime Glory Challenge est présenté à Montréal depuis 2015, et y réunit l’élite du sport.

« Ce sont les meilleurs au monde, confirme Auchu. À Montréal, avant, on n’avait pas ce genre de représentation là dans le skateboard. Depuis quelques années, avec le Dime de Montréal, ça met la ville sur la mappe. »

Pendant ce temps, la prochaine génération de planchistes commençait à trouver ses repères dans son parc.

Béatrice Leduc enseigne à des jeunes de 6 à 14 ans à l’organisme JM Court, dont le skatepark est situé dans les garages de l’école secondaire Jeanne-Mance. Après un petit répit donné à son groupe de six ou sept jeunes, samedi matin, elle les invite à se relever.

« Êtes-vous prêts à apprendre un autre truc ? »

« Oui ! », répondent-ils en chœur, avant de prendre leurs élans. Et de retourner faire crisser leurs roulettes.

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