Clay and Friends

Les moments Clay

Clay and Friends, qui a fait bouger notre « thang » tout l’été, est de passage aux Francos le 12 septembre au bout d’une saison surchargée. Entre deux répétitions, le grouillant Mike Clay, fier ambassadeur de la « musique populaire de Verdun », a accepté de rester en place une demi-heure en compagnie de La Presse.

Le 31 janvier 2020, le quintette Clay and Friends lançait l’EP Grouillades avec la confiance du conquérant. Environ un mois plus tard, le collectif hip-hop, funk et soul faisait salle comble aux côtés des Louanges à La Maroquinerie de Paris. Puis… la pandémie !

« Par rapport à mon ambition de conquête mondiale qui est sincère, ça m’a pincé, raconte l’auteur et chanteur Mike Clay au bout du fil. Être de l’autre bord de l’océan et faire un show sold-out, c’est quelque chose que tu ne peux pas imaginer. »

Le rêve outre-Atlantique a été mis sur pause, mais les gars ne se sont pas reposés pour autant dans la dernière année et demie, accumulant du matériel pour « presque l’équivalent de trois albums ».

En mai dernier, Clay et ses « Friends » ont largué la bombe estivale Bouge ton thang sur les palmarès du Québec.

« C’est tellement cool d’avoir une de nos chansons qui tourne autant à la radio sans qu’on ait fait aucun compromis, se réjouit Clay. Pour moi, c’est une ode à la liberté. Je ne danse pas particulièrement bien, ni particulièrement mal, mais j’adore danser. »

Du nouveau matériel sera bientôt dispersé, mais le groupe « attend le contexte idéal », explique le charismatique leader, qui parle à demi-mot d’un lancement en février prochain. « Je ne dis pas où, mais c’est dans une grosse salle à Montréal, la plus grosse qu’on ait jamais faite. »

Lorsqu’on demande s’il s’agira encore d’immortaliser des moments éphémères glanés sur la route, la réponse se transforme en partie de Taboo, par crainte de laisser échapper le titre du prochain album. « Tu pourras t’y baigner, il y aura un flot d’idées, tu pourras y tremper tes lèvres, énumère Mike Clay avec le sourire. Ça va être rempli de précipitations, un dialogue avec la source. Il y a un élément qui a joué un grand rôle dans ma vie au cours de la dernière année et il est au centre du projet. »

On vous laisse deviner…

Clay and Friends, qui privilégie les simples et les mini-albums depuis ses débuts en 2017, tentera-t-il enfin le long jeu ? « Est-ce que, dans le contexte actuel, ça a du sens pour nous ? Je ne pense pas. »

« Je compare souvent les EP à des “dates”. Il faut apprendre à se connaître et, après un long moment ensemble, on peut parler de projet de vie. Je sens que je suis encore à un point où on sort ensemble. »

— Mike Clay

Chose certaine, ce quatrième opus sera encore le fruit d’essais-erreurs sur scène, où se multiplient les séances d’improvisation et les accidents heureux. « On essaie de recréer une trame sonore en studio avec un état d’esprit et des paramètres similaires. »

« Groover » en français

Cet été, Clay and Friends a presque noirci toutes les cases du calendrier, dans le cadre d’une tournée de festivals et de salles ROSEQ (Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec). Une douzaine de dates sont à l’horaire en septembre. Autant d’occasions de se dandiner au rythme de « la musica popular de Verdun », titre du deuxième EP de Clay and Friends, qui accumule plus de 13 millions d’écoutes sur les plateformes numériques. Sa chanson Going Up The Coast a d’ailleurs été certifiée disque d’or récemment.

« C’est le premier que je reçois et qui porte notre nom. C’est complètement fou pour un groupe indépendant, de Verdun, qui a fait une chanson en anglais sur laquelle on a enregistré la foule avec nos iPhone. Notre prochaine mission, ce serait d’y parvenir avec une chanson en français. »

Parce que oui, le parolier, influencé par des références tardives comme Robert Charlebois, Serge Gainsbourg, Léo Ferré ou Gaston Miron, a troqué l’anglais contre le français sur Grouillades. Plaquer du franco sur du « up-tempo », faire « groover sans négliger le contenu » ; l’auteur veut apporter sa pierre à l’édifice.

« Je suis DJ aussi et, en mixant, j’ai la chance de voir l’effet que la musique francophone a sur des personnes qui ne parlent pas du tout la langue. Je me dis : “OK, la mélodie est universelle.” » Et si, en plus, quelqu’un veut se prêter au jeu, il pourrait découvrir une tout autre facette de la chanson. C’est quelque chose que j’adore faire, écrire des chansons tristes qui sonnent happy. »

Le pari franco a été payant au sein de l’industrie. Clay and Friends a été nommé Révélation Radio-Canada en chanson 2020-2021, tandis que les gaillards pourraient devenir ce week-end le premier groupe à obtenir le prix Félix-Leclerc de la chanson depuis Karkwa en 2006. C’est sans compter que la pièce OK a été finaliste au Prix de la chanson SOCAN.

« Un des trucs qui me gardent motivé avec Clay and Friends, c’est que chaque chanson est différente. On passe du disco au hip-hop, à une toune acoustique de bossa. Notre canevas nous permet de faire ce qu’on veut. »

— Mike Clay

Les éléments Clay ? Des bribes du quotidien, des références à la culture populaire, une abondance de figures de style, une prosodie preste et des refrains simples et accrocheurs.

À l’instar des membres d’Alaclair Ensemble ou de Dead Obies, ceux de Clay and Friends chérissent tous des projets parallèles. En solo, le chanteur poursuit son travail de parolier fantôme, enchaîne des collaborations, notamment avec Caracol et le duo Hansom Ēli, convie des musiciens pour des sessions sur Instagram ou encore officie à l’émission alldayjam sur les ondes de Brooklyn Radio.

Juste ça ? Ah oui, Mike Clay planche sur l’enregistrement d’un pilote pour un projet télé et sur l’écriture d’une bande dessinée.

Se « bouger le thang », vous dites ?

Clay and Friends sera aux Francos le 12 septembre à 21 h 15 (à guichets fermés) avec les invités FouKi, Kirouac & Kodakludo et Claire Ridgel. Il accompagnera en outre Koriass & FouKi le 11 septembre à 21 h 45.

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