Rectificatif

Menaces contre des personnalités

Dans un article publié jeudi, nous avions inclus le PDG de Bombardier, Éric Martel, dans une liste de personnalités publiques qui ont été la cible de menaces au cours des dernières semaines. Or, un suspect a bien été arrêté pour menaces le jour de l’entrée en poste de M. Martel, mais nous avons appris depuis qu’il visait un homonyme de M. Martel, et non le PDG de l’entreprise. Toutes nos excuses.

Remboursement des vol annulés

Ottawa cherche le « juste équilibre »

Ottawa — Si le premier ministre, Justin Trudeau, dit avoir « clairement » entendu la grogne des voyageurs aériens qui n’ont pas été remboursés pour leurs vols annulés, il évite d’y réagir en avançant des pistes de solution précises.

Lors de son allocution à Rideau Cottage, jeudi, il n’a pas voulu dire, par exemple, si une éventuelle aide du fédéral pourrait être assortie d’une obligation pour les compagnies de remettre à leurs clients l’argent des billets achetés, mais non honorés.

« J’ai entendu clairement énormément de Canadiens qui sont préoccupés avec l’argent qu’ils ont déjà dépensé pour acheter des billets qu’ils ne vont évidemment pas utiliser », a-t-il énoncé lorsqu’on lui a posé cette question.

Ottawa examine ce que d’autres pays « sont en train de faire », et des discussions sont en cours avec les transporteurs aériens afin de trouver le « juste équilibre », a soutenu Justin Trudeau.

Car si la colère des consommateurs est réelle, ils s’attendent en même temps à pouvoir compter sur une industrie aérienne prête à reprendre son envol au Canada une fois la tempête passée, a dit Justin Trudeau.

« Nous reconnaissons la vulnérabilité du secteur du transport aérien et les défis auxquels il fait face, mais nous reconnaissons également ces préoccupations économiques des Canadiens. »

— Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les transporteurs aériens Air Canada, Air Transat, WestJet ainsi que Sunwing ont tous offert un crédit de voyage pouvant aller jusqu’à 24 mois plutôt qu’un remboursement pur et simple.

« Nous ne pensons pas devoir, dans cette situation de force majeure, totalement en dehors de notre contrôle, procéder à un remboursement complet pour les voyages qui n’ont pu être effectués », a déclaré Debbie Cabana, porte-parole d’Air Transat.

Elle n’a pas précisé à combien s’élevait le montant perçu pour des services qui n’ont pu être rendus en raison de la pandémie de COVID-19. L’entreprise québécoise cotée en Bourse doit présenter sa mise à jour financière le 11 juin prochain.

Chez Air Canada, la note atteint 2,6 milliards de dollars perçus. Le transporteur n’a pas répondu aux questions de La Presse, se contentant de fournir un lien vers la politique en vigueur.

Du côté de Sunwing, on avait initialement proposé aux clients le choix entre un crédit valable 12 mois et un remboursement intégral, mais on a finalement opté pour un crédit de 24 mois « afin que tous les clients soient traités de la même manière », a exposé à La Presse la porte-parole Marie-Josée Carrière.

PÉTITION POUR RÉCLAMER UN REMBOURSEMENT

Une pétition démarrée par Option consommateurs et parrainée par le Bloc québécois qui a été déposée à la Chambre des communes a recueilli plus de 15 000 signatures en date du 21 mai.

Cette pétition exige du gouvernement qu’il « ordonne aux compagnies aériennes et autres transporteurs de juridiction fédérale de permettre aux clients dont les voyages ont été annulés en raison de la pandémie actuelle d’obtenir un remboursement ».

Les signataires en ont notamment contre les conditions assorties à ces crédits voyage, qu’ils jugent « restrictives, stipulant notamment […] qu’ils ne sont pas transférables ou qu’ils n’offrent aucune garantie de prix », lit-on dans le libellé.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a déjà prévenu qu’il allait continuer à livrer bataille pour corriger la situation, « de telle sorte que la pression politique va devenir tellement insoutenable » que le gouvernement libéral « va devoir courber l’échine ».

Les néo-démocrates aussi dénoncent le refus des compagnies aériennes de redonner à leurs clients l’argent qu’ils avaient dépensé, le député Alexandre Boulerice avançant que ces gens « ont peut-être besoin de l’argent aujourd’hui ».

Dans le camp conservateur, on ne s’est pas encore fait une tête. « Pour l’instant, on étudie encore la question. C’est au gouvernement de Justin Trudeau de présenter un plan que nous devrons examiner », a déclaré la porte-parole Josée Morissette.

Le premier ministre Trudeau a assuré il y a quelques jours qu’il était ouvert à l’idée de fournir de l’aide aux compagnies aériennes. C’était après qu’Air Canada annonce le licenciement d’au moins 20 000 de ses employés, soit de 50 à 60 % de sa masse salariale.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.