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Le gouvernement Legault réfléchit aux façons de sévir contre les personnes réfractaires au port du masque et annonce qu’il rachètera des publicités sur Facebook pour sensibiliser les jeunes.

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Vers un resserrement des « mesures répressives »

Devant les comportements observés dans les manifestations anti-masque de la fin de semaine, en particulier contre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions, le gouvernement Legault évalue comment sévir contre le non-respect des consignes de santé publique.

« Ce n’est pas acceptable, ça n’a pas de bon sens d’observer ça dans le cadre, en plus, d’une manifestation où on a vu plusieurs dérogations aux consignes de santé publique », s’est indignée la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en conférence de presse à Montréal lundi.

Mme Guilbault s’est dite « très choquée » que des gens « se permettent en plus d’insulter des journalistes », leurs équipes, et aillent « jusqu’à se coller physiquement sur une journaliste alors qu’elle essaie de faire son travail ».

Une journaliste de TVA Nouvelles a été la cible de deux individus alors qu’elle couvrait une manifestation contre le port du masque à Québec dimanche.

Pendant une intervention en direct sur les ondes de LCN, les deux participants à l’évènement lui ont imposé leur proximité physique et l’un d’eux lui a même enserré la taille. Malgré l’absence de distanciation, les hommes étaient à visage découvert. La journaliste portait un masque.

« On est en train de travailler justement sur le resserrement des mesures répressives à notre disposition pour intervenir dans ce genre de situation. »

— Geneviève Guilbault

La ministre de la Sécurité publique a indiqué que le dossier avait fait l’objet de discussions le matin même.

La ministre n’a pas précisé les mesures envisagées, mais a rappelé que les contrevenants s’exposent déjà à des rapports d’infraction. De tels rapports sont ensuite transmis au directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui décide s’il y a lieu de porter des accusations.

Dans le cas d’un refus de porter le masque dans les endroits où il est obligatoire (lieux publics fermés ou couverts, et transports collectifs), l’amende prévue va de 400 à 6000 $.

« Il ne s’agit pas de remettre en question le droit de ces personnes-là de s’exprimer, de manifester […], la question n’est vraiment pas là », a martelé la ministre en faisant valoir que « les gens se sont très bien comportés » lors de manifestations précédentes. « Mais personne n’a le droit de mettre en danger la santé des autres et, malheureusement, c’est ce qu’on a pu observer en fin de semaine, a indiqué Mme Guilbault. On ne peut pas tolérer des situations comme ça. »

Outre les rapports d’infraction, Québec a « outillé » les corps policiers de constats d’infraction portatifs qui leur ont permis de décerner eux-mêmes des amendes dans certaines circonstances, a rappelé la ministre de la Sécurité publique. Cet outil a notamment été utilisé contre les rassemblements illégaux durant la première vague et à la réouverture des bars, quoique très peu d’amendes aient été données dans ce dernier cas.

« On n’hésitera pas à donner des amendes sur une base personnelle si les gens ne respectent pas la consigne », a assuré le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Pour l’instant, ce sont les commerçants et les sociétés de transport qui ont la responsabilité de faire respecter le port du couvre-visage dans leurs espaces respectifs.

« À part des exceptions, il y a vraiment une adhésion des gens à le porter », a reconnu le ministre de la Santé. « Mais si on sentait qu’on doit aller jusqu’à des amendes personnelles, on ne se cachera pas de le faire », a souligné M. Dubé.

« Il faut aussi que des fois, il y ait des conséquences pour les gens qui ne veulent pas du tout. Et cette réflexion-là est en cours actuellement. »

— Le DRichard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux

Une telle opération se ferait en collaboration avec les équipes de santé publique régionales, a noté M. Dubé en donnant l’exemple de Montréal et du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Un millier d’agents ont été engagés par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) au cours des derniers mois, et ceux-ci font une centaine d’interventions par jour, a noté le DMassé.

Par ailleurs, la limite de 10 personnes s’applique toujours à domicile, à l’intérieur comme à l’extérieur, a rappelé Mme Guilbault. « Là aussi, vous vous exposez à des rapports d’infraction si vous êtes plus que 10 personnes et qu’il y a un signalement », a indiqué la ministre de la Sécurité publique en parlant de « rassemblements considérés illégaux parce que supérieurs à 10 personnes ».

Près de 8000 constats en lien avec des infractions aux consignes de la Santé publique ont été décernés depuis le début de la pandémie, mais ces dernières semaines, il n’y en a pratiquement pas eu, a indiqué la ministre de la Sécurité publique. « On n’est plus dans cette disposition d’esprit là parce qu’on considère que les gens ont adhéré, les gens respectent les règles, a dit Mme Guilbault. Mais si le portrait épidémiologique, l’évolution de la contagion nous forcent à sévir à nouveau, on va devoir le faire. »

Aucun nouveau décès

Ces mises en garde ont été faites alors que 145 nouveaux cas se sont ajoutés au bilan québécois lundi. Les hospitalisations ont également recommencé à grimper pour la première fois depuis le 18 juillet, avec une augmentation de 3 patients en 24 heures. Le nombre de malades aux soins intensifs a cependant continué à diminuer, avec trois patients de moins que la veille. Et aucun décès ne s’est ajouté au bilan, qui est toujours de 5667 morts depuis le début de la pandémie.

Des conditions médicales exceptionnelles

Les conditions médicales justifiant qu’un Québécois de 12 ans ou plus soit exempté du couvre-visage dans les endroits où il est obligatoire « demeurent l’exception », a souligné le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, dans un communiqué envoyé aux directeurs de santé publique la semaine dernière.

Si une personne n’est pas capable de mettre ou d’enlever le masque à cause d’une « incapacité physique » ou qu’elle présente une déformation faciale, elle peut obtenir une exemption, a notamment écrit le DArruda. Une personne ayant une infection cutanée sévère au visage pourrait aussi avoir cette permission spéciale.

Si un médecin évalue que les risques associés au port du couvre-visage d’un patient « surpassent les bénéfices individuels et collectifs de cette mesure », il peut également l’exempter.

Parmi les autres exemples donnés par le directeur national de santé publique, on retrouve « les personnes qui ont un trouble cognitif, une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme, un problème de toxicomanie ou un problème de santé mentale sévère qui ne sont pas en mesure de comprendre l’obligation ou pour lesquelles le port du masque ou du couvre-visage entraîne une désorganisation ou une détresse significative ».

Il est par ailleurs recommandé aux personnes exemptées du port du masque « d’éviter de se rendre dans un lieu public intérieur ».

Quant aux personnes atteintes d’une maladie chronique, elles devraient privilégier le masque médical, plutôt que le couvre-visage, pour encore mieux se protéger. Mais elles doivent porter l’un ou l’autre dans les lieux publics, souligne le DArruda.

Pour ceux qui « ne bénéficient pas d’une exemption et qui semblent réfractaires » à le porter, le directeur national de santé publique leur recommande de ne pas aller dans un lieu public intérieur, d’essayer divers modèles de masque « pour trouver un modèle qui convient » et de commencer par porter le masque pendant de « courtes périodes » pour s’y habituer graduellement.

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Québec repassera par Facebook pour sensibiliser les jeunes

Le boycottage des placements publicitaires sur Facebook ordonné par le premier ministre François Legault prendra fin au début du mois d’août, ce qui permettra de diffuser des messages visant à enrayer la recrudescence de la COVID-19 parmi les jeunes adultes.

« Alors qu’on observe dernièrement une hausse des cas parmi les personnes plus jeunes, nous serons ainsi en mesure de rejoindre et de sensibiliser plus directement et efficacement les jeunes via les médias sociaux », a indiqué un porte-parole du bureau du premier ministre, Ewan Sauves, à La Presse lundi.

François Legault a interdit à l’ensemble du gouvernement d’acheter de la publicité sur Facebook le 3 juillet dernier, et ce, pour une période de 30 jours. Cette décision s’inscrivait dans un vaste mouvement de boycottage visant à dénoncer la circulation de messages à caractère raciste, haineux et discriminatoire sur le réseau social. Des sociétés d’État et d’autres institutions publiques, dont des musées, avaient aussi emboîté le pas.

Cette directive a aussi eu pour effet d’empêcher le placement de messages de prévention contre la COVID-19 sur Facebook alors que le Québec assiste à une augmentation des cas, en particulier chez les jeunes adultes.

« On observe une tendance qui est inquiétante chez nos adolescents et nos jeunes de 15 à 34 ans. »

— Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, en conférence de presse à Montréal lundi

La tranche d’âges de 20 à 29 ans s’est fait particulièrement remarquer du 8 au 14 juillet. Durant cette période, le nombre de cas confirmés dans l’ensemble de la population a augmenté de 40 % par rapport aux sept jours précédents. Chez les 20-29 ans, ils ont augmenté de 128 % durant la même période, montrent les chiffres projetés sur écran durant la conférence de presse.

La situation n’est pas unique au Québec. Dans la semaine suivante, du 15 au 21 juillet, 30 % des cas déclarés dans l’ensemble du Canada étaient imputables à des adultes de 20 à 29 ans, soit le double de leur poids démographique (14 % de la population canadienne).

Bien que les adolescents et les jeunes adultes soient peu à risque de mourir de la COVID-19, ils peuvent en subir des conséquences, a souligné Mme Guilbault. « Croyez-moi, vous n’avez pas envie de vous retrouver aux soins intensifs », a lancé la vice-première ministre.

Mais la première raison pour laquelle la contagion chez les jeunes, en particulier dans les bars et les fêtes privées, inquiète Québec, c’est qu’ils « peuvent devenir des vecteurs de transmission pour des gens qui sont plus vulnérables qu’eux », a indiqué Mme Guilbault.

Les jeunes, a-t-elle fait valoir, ont le pouvoir d’infléchir le cours des choses puisqu’ils sont le groupe le plus affecté en ce moment.

« Je m’adresse à eux aujourd’hui, je m’adresse aussi aux influenceurs, à tous ceux qui peuvent avoir une incidence sur le comportement des jeunes : j’aimerais qu’on se conscientise tous socialement. »

— Geneviève Guilbault

Lancement d’une campagne

Québec a lancé lundi une campagne visant à sensibiliser les jeunes au port du couvre-visage et au respect des mesures de distanciation physique. La diffusion de certains messages a cependant commencé la semaine précédente à la radio et sur Spotify. Des vidéos et des bannières sur le Web, ainsi que de l’affichage public sont aussi prévus.

Des placements sur les réseaux Instagram et Snapchat commenceront dès mardi, sur Facebook « dès le début du mois d’août » et la possibilité d’utiliser TikTok est envisagée, a indiqué le ministère de la Santé par courriel.

Il n’a cependant pas été possible de connaître la facture de cette offensive publicitaire. « Les coûts liés à cette campagne seront connus au terme de celle-ci », a répondu le ministère de la Santé.

Pour ce qui est de Facebook, « le mouvement auquel nous avons pris part ne visait que le mois de juillet. Ainsi, [comme prévu], dès le 2 août prochain, nous reprendrons des placements publicitaires », précise-t-on au cabinet du premier ministre.

« Depuis le début de la pandémie, la très grande majorité de nos publicités se retrouve dans les médias écrits québécois », a ajouté M. Sauves.

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