Une troisième course WorldTour en attendant les Mondiaux de 2026 ?

Ébranlée par l’annulation des deux dernières années, au point de craindre pour sa survie, l’organisation des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal (GPCQM) est prête pour sa relance, les 9 et 11 septembre.

L’équipe du président-directeur général Sébastien Arsenault caresse même de nouveaux projets, dont celui d’une troisième course WorldTour en 2024, pour laquelle elle détient déjà une licence, et les Championnats du monde UCI sur route, prévus à Montréal en 2026.

« Ce ne sera pas cette année ni l’an prochain, parce que ça prend quand même un an et demi de travail pour lancer une nouvelle course, mais pour 2024, techniquement, elle est au calendrier », a confié Arsenault lors d’une rencontre de presse, mardi matin.

« Elle est au calendrier, mais le plus gros reste à faire : trouver le financement [et l’endroit] où je peux l’organiser. »

Le PDG a d’abord ciblé la région de l’Estrie, mais il n’y a pas déniché le soutien souhaité. « Le problème pour nous, les organisateurs de courses cyclistes, c’est qu’on ne vend pas de billets et qu’on a besoin de travailler avec les gouvernements pour aller chercher les apports financiers. On demande quand même beaucoup. »

Sans infrastructures à construire et avec la télédiffusion internationale pour mettre une région en valeur, Arsenault estime néanmoins avoir un projet alléchant à offrir.

Il a évoqué Gatineau, Québec-Charlevoix et « peut-être ailleurs en Ontario » pour l’épreuve qui aurait lieu une semaine avant les Grands Prix de Québec et de Montréal. Il n’écarte pas non plus le nord-est des États-Unis, une destination longtemps explorée par son père Serge, dont il a officiellement pris la relève durant la pandémie.

« L’Estrie aurait été magnifique. Le Québec, c’est ma cible. Vu la quantité de kilomètres de pistes cyclables qu’on développe partout, la façon dont on s’est positionnés en Amérique du Nord depuis 20 ans, ce serait tellement magnifique en allant vers 2026. »

– Sébastien Arsenault

Arsenault dit avoir reçu cette troisième licence WorldTour de la part l’Union cycliste internationale (UCI) il y a environ un an. « Je ne veux pas dire que nous deviendrions comme les Belges, mais trois courses WorldTour en une semaine, ça commence à peser lourd dans l’échiquier mondial. »

Les Championnats du monde de 2026 sont l’autre grand projet à moyen terme de l’équipe des GPCQM. Arsenault pensait recevoir le feu vert l’automne dernier, puis en janvier. Toujours pas de nouvelles, mais l’organisateur a promis « une annonce prochainement ». « J’attends la confirmation d’un partenaire », a-t-il expliqué, soit le gouvernement du Québec. « On doit seulement arrimer de petits trucs, tout va super bien. »

En plus des 13 épreuves sur 8 jours, le promoteur imagine « quatre ans de festivités » jusqu’à la tenue de l’évènement qu’il télédiffuserait lui-même, ce qui n’est pas dans les coutumes de l’UCI. Budget anticipé : de 30 à 50 millions.

La « priorité » des GPCQM, qui organiseront également le marathon Beneva de Montréal du 23 au 25 septembre, demeure les deux prochains Grands Prix cyclistes. Après deux années d’interruption due à la COVID-19, les deux courses reviendront à Québec (9 septembre) et à Montréal (11 septembre).

« Exténuant »

Pendant la pandémie, l’OBNL a pu survivre grâce au soutien financier d’urgence des quatre ordres de gouvernement. « Sans ça, on ne serait plus là. »

L’équipe a été réduite à sa plus simple expression, d’autant que la vente des entreprises familiales Serdy Media et Serdy Vidéo au Groupe TVA, en 2018, ne permettait plus le partage de services et d’employés.

« On était dix personnes, à temps plein et à temps partiel, et on est tombés à quatre ou cinq à se farcir beaucoup plus de travail. En plus, tu travailles et tu mets tout aux poubelles après parce que finalement, le scénario ne marche plus. Ç’a été exténuant. »

Comme dans plusieurs secteurs, certaines dépenses « ont augmenté de 40 % ». Par exemple, les voitures de location se font rares.

Les GPCQM ont également perdu une importante commandite d’Air Transat, qui permettait le transport des cyclistes dans un vol nolisé aller-retour de Paris. « Ça fait mal », a admis Arsenault, qui travaille sur une solution de rechange.

Après un voyage au printemps en Belgique, il a bon espoir d’accueillir un peloton aussi relevé qu’aux dix premières présentations. « Les gens ont hâte de revenir. Je pense que c’est à cause de la façon dont ils ont été traités, pas juste par l’organisateur, mais par la foule. Ils en font une priorité. »

Le Belge Wout Van Aert, l’un des cyclistes les plus spectaculaires sur la planète, a déjà annoncé son intention de disputer les deux épreuves pour la première fois, a révélé le mois dernier le Canadian Cycling Magazine. « De plus en plus, les plus grands coureurs veulent accrocher cette course à leur palmarès », s’est réjoui Arsenault.

La grande incertitude est l’impact de la tenue des Championnats du monde une semaine plus tard en Australie. En revanche, les nombreux points UCI accordés au Canada, un sujet chaud à l’heure actuelle dans le peloton, risquent d’inciter certaines formations à débarquer avec leur meilleur effectif.

Le critérium national, destiné aux cyclistes de la relève tant féminine que masculine, reviendra également à Montréal le samedi après-midi.

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