Génie

Des écarts de salaires persistants

La 30e enquête annuelle sur la rémunération en génie au Québec, publiée par Genium360, fait état d’un écart toujours persistant entre les salaires des femmes et ceux de leurs homologues masculins. L’enquête s’est aussi penchée sur l’inflation, les conditions de travail et les jeunes. Survol.

Hommes et femmes : un écart toujours présent

Longtemps milieu quasi exclusivement d’hommes, la profession d’ingénieur compte aujourd’hui 15 % de femmes pour 85 % d’hommes. La situation change tranquillement, si bien que l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a comme objectif d’augmenter à 30 % d’ici 2030 le nombre de femmes dans la profession. Quant aux salaires, l’enquête de Genium360 révèle qu’il subsiste encore un écart salarial de 11 % entre les deux sexes, une réduction comparée à 2021 où l’écart était de 13 %. Selon Michel Barbier, directeur général de Genium360, ces chiffres vont continuer de diminuer au fur et à mesure que les femmes vont accéder à des postes de gestion et lorsqu’elles vont acquérir plus d’ancienneté. Il admet toutefois qu’il y a encore un bout de chemin à faire de la part de l’industrie pour atteindre l’équité salariale.

Inflation : pas d’inquiétude en vue

Michel Barbier explique que la pénurie d’ingénieurs met la profession dans une position enviable. Cela, jumelé à la forte augmentation des salaires entre 2007 et 2021, fait en sorte que l’impact de l’inflation est amoindri. « Il peut y avoir un écart, mais sur le long terme, il va y avoir un rééquilibrage. Le rattrapage va se faire de façon naturelle. Il ne faut pas oublier que la situation actuelle est liée à une conjoncture mondiale, mais la demande pour les ingénieurs est bel et bien présente et cela a une incidence sur la rémunération. »

Un petit plus qui fait toute la différence

Le salaire moyen des ingénieurs s’établit à 116 237 $ et la médiane est quant à elle à 110 000 $. Une rémunération enviable, mais qui n’est pas toujours suffisante pour se démarquer et recruter du personnel. « Les employés veulent avant tout une vie équilibrée, de la valorisation, du soutien, un bon encadrement. Des aspects qui ne sont pas différents des autres professions », constate Michel Barbier. La pandémie a évidemment mis le télétravail au premier plan, ce qui était auparavant dans certains secteurs comme un tabou. D’ailleurs, selon le sondage, 84 % des entreprises l’ont instauré de manière permanente. Parmi les autres mesures de rétention mises en place : la flexibilité des horaires (82 %) et les mesures de conciliation famille-travail (73 %). L’instauration de semaines de travail de 32 heures sur 4 jours est aussi un élément favorable pour 49 % des dirigeants.

Peu de différences entre le privé et le public

Les données du sondage indiquent que 81 % des ingénieurs répondants travaillent au privé, contre 19 % au public. Si les salaires moyens dans les secteurs privé et public sont relativement proches (117 196 $ et 112 230 $ respectivement), le plafond salarial demeure considérablement plus élevé dans le privé, atteignant 159 307 $, contre 129 689 $ dans le secteur public. Il faut faire attention à ces chiffres, selon Michel Barbier. « Il ne faut pas sous-estimer toutes les autres composantes qui forment l’enveloppe de la rémunération globale. On doit prendre en compte le nombre d’heures travaillées, le régime de retraite, les congés, etc. »

Quel choix pour la relève ?

Le salaire de base moyen des finissants en 2022 s’établissait à 67 949 $. Pour 74 % d’entre eux, il a été facile de trouver un emploi correspondant à leurs attentes à la fin de leurs études. Les secteurs les plus payants sont les mines (155 074 $), les matériaux et la métallurgie (132 417 $) et la géologie (122 884 $). « Dans ces secteurs, les étudiants sont sollicités dès leur deuxième année d’études », souligne Michel Barbier. Quant à la nature du diplôme, il est plus avantageux financièrement de terminer un MBA, lequel permet d’avoir un revenu moyen de 141 842 $, comparativement à 138 225 $ pour un doctorat.

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