SKI DE FOND  ALEX HARVEY

Un podium-surprise avant les Mondiaux

Alex Harvey ne pouvait souhaiter une meilleure rampe de lancement vers les Championnats du monde de ski nordique, qui s’ouvrent mercredi à Falun, en Suède.

Fraîchement débarqué d’un long stage d’entraînement en altitude, le fondeur de 26 ans s’est étonné lui-même en décrochant le deuxième rang du sprint classique de la Coupe du monde d’Östersund. Très court et accidenté, ce parcours de 1,2 km ne l’enthousiasmait pas.

« Un sprint court comme ça, avec des montées abruptes, je sais que c’est un peu plus difficile pour moi », soulignait Harvey, qui a dédié son podium à Anthony Laroche, un ami mort de la leucémie la semaine dernière. « J’ai beaucoup travaillé en salle de musculation, l’été dernier, pour aller chercher de l’explosivité. C’est satisfaisant de voir que ces efforts-là payent. »

Sur le plan technique, il a également adapté la cadence de son style, généralement très allongé, pour le rendre plus nerveux et dynamique lorsque la situation le commande. Cela lui a été très utile sur les rampes d’Östersund, dont une qui s’élevait au milieu des gradins.

Déjà heureux de se qualifier pour les vagues éliminatoires avec le 26e temps, Harvey a retrouvé de l’allant de ronde en ronde, évitant une double chute en quarts et se détachant des sprinters purs dans le dernier mur. En finale, seul le Norvégien Finn Haagen Krogh, numéro un de la spécialité depuis le début de la saison, a su résister à la remontée du Québécois.

Sa meilleure prestation cet hiver ? « C’est celle qui me surprend le plus, donc celle qui me satisfait le plus », a réagi Harvey, qui a bondi de la 10e à la 8e place au classement général de la Coupe du monde. Son seul autre podium cette année est survenu à la deuxième étape du Tour de ski, où il avait terminé deuxième du skiathlon.

BON PRÉSAGE

Autre motif de réjouissance, Harvey semble avoir très bien encaissé le camp de deux semaines en altitude, partagé entre Livigno et Seiser Alm, en Italie. 

« Dans ma carrière, ça a souvent été un coup de dés les premiers jours de repos. Comme si mon corps recevait toute la fatigue d’un coup. On dirait que j’ai digéré le volume d’entraînement plus vite. »

— Alex Harvey

Fidèles à leurs habitudes, Harvey et son entraîneur Louis Bouchard ont fait la navette entre les hauteurs et la vallée pour les séances en intensité, dans le but d’en préserver la qualité.

« Ça permet de bouger à une vitesse normale, a expliqué le fondeur. Ce n’est pas tout le monde qui le fait, parce que ça implique de faire une heure d’auto pour se rendre plus bas. Ça complique la logistique. Mais Louis y croit beaucoup. On apporte des vêtements de rechange et on se trouve une pizzéria pour manger. »

Ce podium est évidemment un heureux présage pour les Mondiaux de Falun, où un sprint classique est la première course à l’horaire jeudi. Il y a quatre ans, à Drammen, Harvey avait aussi terminé deuxième d’un sprint avant sa médaille d’or en sprint par équipes avec Devon Kershaw aux Mondiaux d’Oslo. En 2013, Harvey avait gagné le bronze au sprint individuel classique à Val di Fiemme. Ce sont les deux seuls podiums masculins pour le Canada aux Championnats du monde.

Harvey ne disputera pas comme prévu le 15 km libre d'aujourd'hui à Östersund. Sa longue journée au sprint a changé ses plans. Il se rendra à Falun aujourd'hui en voiture. Pour l’heure, il doit prendre le départ de quatre épreuves (sprint, skiathlon, relais et 50 km). La réémergence de Len Valjas (13e hier) pourrait l’inciter à prendre part au sprint par équipes, où il s’élancerait le premier.

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