COVID-19

4,5 milliards

Les pays du G20 doivent aider à combler un manque de 4,5 milliards de dollars dans le fonds de l’Organisation mondiale de la santé pour assurer la vaccination contre le coronavirus dans les pays en voie de développement, exhortent des dirigeants dans une lettre. (AFP)

Ouganda

La campagne présidentielle s’amorce dans le sang

Au moins 37 personnes ont été tuées depuis mercredi dans les violences déclenchées par une nouvelle arrestation de Bobi Wine, 38 ans, principal rival de Yoweri Museveni, 76 ans, sortant à la présidentielle, qui a promis de poursuivre le combat après avoir été libéré vendredi. L’entourage du président Museveni, au pouvoir depuis 1986, a montré ces derniers mois de nombreux signes de nervosité envers Bobi Wine, arrêté ou assigné à résidence à de nombreuses reprises depuis 2018. Élu député en 2017, le chanteur, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, est devenu le porte-parole d’une jeunesse ougandaise urbaine et souvent très pauvre qui ne se reconnaît pas dans le régime vieillissant du président Museveni. Il a été arrêté mercredi à Jinja, où il faisait campagne, pour avoir violé les mesures de lutte contre le coronavirus lors de ses rassemblements, selon la police. Après deux jours en garde à vue, il a finalement été relâché vendredi après-midi, après avoir été inculpé d’« actes susceptibles de propager une maladie infectieuse » et d’infractions aux « règles sur la COVID-19 ». — Agence France-Presse

Espagne

Madrid dévoile un vaste plan de vaccination

Après huit mois d’angoisse et plus de 42 000 morts, le gouvernement espagnol a voulu redonner espoir au pays vendredi en annonçant un ambitieux plan de vaccination contre la COVID-19, dont une grande partie de la population pourrait bénéficier d’ici l’été prochain. Alors que le pic de la seconde vague semble être passé, le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a assuré que l’Espagne serait « le premier pays de l’UE, avec l’Allemagne, à avoir un plan global de vaccination » pour ses 47 millions de citoyens. Ce plan doit être adopté mardi lors de la prochaine séance du Conseil des ministres, a-t-il précisé, ajoutant que son gouvernement travaillait à sa préparation depuis septembre et que l’Espagne disposait d’une « importance infrastructure logistique » pour la distribution des vaccins. Ces déclarations interviennent alors que les annonces prometteuses se multiplient pour la commercialisation des vaccins tant attendus. Mercredi, l’Agence espagnole des médicaments a autorisé le lancement dans le pays de la dernière phase d’essai d’un vaccin en deux doses du groupe américain Johnson & Johnson, qui sera aussi menée dans huit autres pays. — Agence France-Presse

Yémen

L’ONU craint la pire famine depuis des décennies

Le Yémen est « maintenant en danger imminent de la pire famine que le monde ait connue depuis des décennies », a alerté vendredi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avant de demander aux États-Unis « de ne pas faire tanguer le bateau ». Cette mise en garde, qui s’ajoute à plusieurs avertissements de l’ONU ces dernières semaines, intervient alors que les États-Unis pourraient inscrire sur leur liste des « organisations terroristes » les rebelles houthis, compliquant encore davantage la livraison d’aide humanitaire au Yémen. « En l’absence d’action immédiate, des millions de vies pourraient être perdues », souligne dans un communiqué M. Guterres, en évoquant indirectement la menace américaine. « Je demande que chacun évite de prendre des mesures qui pourraient aggraver la situation déjà désastreuse », indique-t-il. Comme raisons d’une menace de famine accrue, le chef de l’ONU parle dans son communiqué d’une « réduction drastique » du financement de l’aide coordonnée par l’ONU comparé à 2018 et à 2019, de l’instabilité du rial yéménite et des obstacles posés par les belligérants aux humanitaires sur le terrain. — Agence France-Presse

France

Un article de loi controversé adopté sur les images de policiers

L’Assemblée nationale de France a voté vendredi soir la mesure la plus controversée d’une proposition de loi dite de « sécurité globale », qui limite la diffusion d’images de policiers en opération, après avoir obtenu des garanties du gouvernement sur le « droit d’informer ». Cette disposition est considérée par les médias et les défenseurs des droits de la personne comme une possible entrave au droit à l’information. Dans plusieurs villes de France, des milliers de manifestants ont dénoncé une « loi liberticide ». « L’équilibre est réaffirmé entre la liberté d’informer et la protection des forces de l’ordre », a affirmé le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lors d’un débat houleux à l’Assemblée. Le gouvernement a précisé l’article litigieux, qui punit d’un an de prison et 45 000 euros (environ 70 000 $ CAN) d’amende la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » des forces de l’ordre en intervention quand elle porte « atteinte » à leur « intégrité physique ou psychique ». Un amendement gouvernemental adopté vendredi par l’assemblée, par 146 voix contre 24, précise que la mesure ne peut porter « préjudice au droit d’informer », et souligne que l’intention malveillante contre les forces de l’ordre doit être « manifeste ».

— Agence France-Presse

Thaïlande

La jeunesse réclame une réforme de l’école

Bangkok — Coupe à frange et lunettes cerclées qui lui donnent un air sage : de prime abord, Benjamaporn « Ploy » Nivas n’a rien d’une fauteuse de troubles.

La jeune fille de 15 ans est pourtant l’une des figures du mouvement des Bad Students (« mauvais élèves »), qui organise une nouvelle manifestation samedi à Bangkok pour réclamer une réforme du système scolaire thaïlandais ultraconservateur.

« Les élèves du secondaire devraient pouvoir penser par eux-mêmes et être eux-mêmes », a expliqué Ploy à l’AFP, lors d’un précédent rassemblement.

En Thaïlande, les établissements scolaires suivent des normes vestimentaires très strictes, avec queue de cheval et ruban dans les cheveux obligatoires pour les filles et coupe militaire pour les garçons.

Enhardis par le mouvement prodémocratie qui agite actuellement le royaume, les élèves ont commencé à réclamer eux aussi plus de libertés.

Refonte des programmes, assouplissement des règles, égalité, droit à la parole : leurs revendications ébranlent tous les piliers du système.

À l’école, « nous subissons un lavage de cerveau… On nous apprend à ne poser aucune question, mais seulement à mémoriser et réciter des faits en vue des examens », dit-elle.

Les manuels d’histoire sont une pomme de discorde particulière dans un pays qui a connu une douzaine de coups d’État depuis la fin de la monarchie absolue en 1932.

Les manuels scolaires passent sous silence des évènements tels que le massacre des étudiants prodémocratie dans les années 1970 et se concentrent sur la vie et l’œuvre des monarques.

Certains enseignants « sont du même côté que moi, du côté de la démocratie, et ils m’admireront – d’autres veulent le statu quo, ceux-là me détestent », raconte Ploy.

Défier les dangers

Les manifestations prodémocratie menées par les jeunes secouent la Thaïlande depuis juillet et, pour la plupart, elles ont été pacifiques.

Mais lors d’un rassemblement mardi, la police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes contre des militants, et six personnes ont été blessées par balle.

Malgré le danger, « nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir peur, sinon nous ne pourrons rien changer », affirme Ploy.

Depuis août, les Bad Students exigent la démission du ministre de l’Éducation, et ils ont même organisé un simulacre de funérailles.

« Cela fait longtemps que des appels à réformer les écoles du royaume existent, mais les progrès ont été minimes », explique Pumsaran Tongliemnak, expert du Fonds pour l’éducation équitable.

Pour lui, le gouvernement thaïlandais doit améliorer l’accès à l’éducation, et doit se donner un objectif de qualité pour tous les élèves, du public comme du privé.

« L’écart entre les nantis et les pauvres est important », résume Pumsaran à l’AFP.

Des scores inférieurs

Dans les évaluations internationales, les élèves thaïlandais obtiennent des scores inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE en mathématiques et en sciences.

Ils réussissent particulièrement mal en lecture, et un rapport de la Banque mondiale en 2015 a noté « l’analphabétisme fonctionnel » des élèves.

Le rapport note l’accent mis sur l’apprentissage par cœur, et la pratique régulière des châtiments corporels malgré leur interdiction récente.

— Agence France-Presse

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