Fierté

La réalité virtuelle pour vivre les microagressions

Dans le cadre de Fierté Montréal, la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais propose de se glisser dans la peau d’une personne lesbienne, gaie, bisexuelle ou trans pour mieux comprendre ce qu’est une microagression… et s’outiller pour éviter les commentaires souvent d’apparence anodins, mais qui peuvent être blessants.

Jusqu’au vendredi 5 août, le public est invité à regarder gratuitement quatre capsules immersives d’un atelier baptisé « Dans la peau d’une personne LGBT » à la place du Village, angle Sainte-Catherine et Wolfe. Dans chacune d’elles, un personnage vit ou raconte une situation difficile vécue avec des amis, dans une salle de sport ou au travail. Grâce à un casque de réalité virtuelle, le spectateur assiste à la scène comme si elle se déroulait devant lui.

« Dans les capsules, on met de l’avant des inconduites relationnelles, souvent faites sans mauvaises intentions », explique Jasmin Roy, président de la fondation. Ces inconduites peuvent prendre la forme de questions déplacées (« Es-tu sûr que tu es vraiment gai ? ») ou de remarques qui se veulent inclusives, mais qui s’avèrent humiliantes (« Je t’accepte, même si tu es trans, je n’ai rien contre ça »).

« Il faut arrêter de dire ça, qu’on accepte du monde, dit Jasmin Roy. À la base, on devrait tous s’accepter. Il faut faire évoluer les langages et travailler sur une meilleure communication. »

Avec ce projet, la Fondation ne cherche pas à générer des conflits, précise son président, mais plutôt à créer des occasions d’apprentissage. Chaque présentation est d’ailleurs suivie d’une discussion animée.

« Tu as le droit d’être maladroit, de te tromper, puis de t’excuser. Notre but, c’est de désamorcer les situations blessantes, de favoriser le dialogue et de dire aux gens quoi faire. »

— Jasmin Roy

Un exemple de bonne pratique ? « L’une des meilleures choses, c’est souvent de se demander : pourrait-on poser cette question ou faire ce commentaire à un hétérosexuel ? Par exemple, demanderait-on à un homme hétéro s’il est bien certain de son orientation ? S’il a déjà couché avec un homme pour le savoir ? »

Les ateliers ont recours à la réalité virtuelle parce que cette technologie favorise l’empathie cognitive, poursuit Jasmin Roy. « Avec la VR, les gens peuvent vivre les microagressions. Pour leur cerveau, la recherche montre que c’est comme s’ils avaient vraiment vécu l’expérience, illustre-t-il. S’ils se retrouvent ensuite dans une situation similaire, ils sont plus susceptibles de réagir rapidement, et pas dans la confrontation. »

Après leur présentation à Fierté Montréal, la Fondation souhaite diffuser ses capsules de réalité virtuelle dans les cours de sexualité au secondaire, dans des milieux de travail et auprès des nouveaux arrivants.

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