Hospitalisations

Québec NE PRÉVOIT pas de baisse à court terme

La baisse du nombre des cas de COVID-19 au Québec permet d’envisager une stabilisation du nombre d’hospitalisations pour les prochaines semaines. Mais la pression sur les hôpitaux ne devrait toutefois pas diminuer immédiatement en raison du nombre élevé de personnes âgées, plus vulnérables, qui continuent à contracter le coronavirus.

Le Québec observe depuis deux semaines et demie une baisse du nombre des nouveaux cas de COVID-19. Alors qu’une baisse des cas se traduisait par une baisse du nombre d’hospitalisations, puis des morts dans les vagues précédentes, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) s’attend à une stabilité pour les deux à trois prochaines semaines.

En effet, la baisse du nombre des cas se concentre actuellement chez les moins de 40 ans. À l’inverse, les cas continuent d’augmenter de 27 % chez les 70 ans et plus. Il reste que le nombre de cas dans ce groupe plus vulnérable demeure peu élevé.

Au cours de la prochaine semaine, l’INESSS s’attend ainsi à ce que les hôpitaux doivent composer avec 171 nouvelles hospitalisations, dont 49 aux soins intensifs, ce qui est semblable à la dernière semaine.

« On veut que le nombre d’hospitalisations soit le plus bas possible, parce que des personnes sont en attente d’opérations chirurgicales, alors il faut leur laisser la place. En plus, avec la pénurie de personnel qui sera accentuée à partir du 15 octobre, il est vraiment important de diminuer la pression sur les hospitalisations », a indiqué la Dre Maryse Guay, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Montérégie et à l’Institut national de santé publique du Québec.

Afin de diminuer le nombre d’hospitalisations, la Dre Guay rappelle l’importance de la vaccination.

« Dans la région de Chaudière-Appalaches, par exemple, il y a beaucoup de cas, et c’est entretenu par les gens non vaccinés. »

— La Dre Maryse Guay, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke

Le Grand Montréal le plus touché par la quatrième vague

La vaste majorité des hospitalisations prévues se concentrent dans le Grand Montréal, qui a été le plus touché par la quatrième vague. On prévoit toutefois une augmentation dans les régions de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale, où l’on note une hausse du nombre des cas. La Beauce et Thetford Mines affichent en ce moment les taux de propagation de la COVID-19 les plus élevés de la province.

Le Québec compte à l’heure actuelle 297 personnes hospitalisées en raison de la COVID-19, dont 88 aux soins intensifs. La tendance sur une semaine est légèrement à la baisse (- 4,5 %).

Le nombre élevé de patients devant être admis aux soins intensifs en raison de la COVID-19 accentue grandement la pression sur le réseau de la santé. Actuellement, un séjour hospitalier dure en moyenne huit jours si une personne ne doit pas être admise aux soins intensifs. Quant aux patients devant y séjourner, ils doivent passer en moyenne 15 jours à l’hôpital, dont 8 aux soins intensifs.

Notons que la moyenne d’âge des personnes devant être hospitalisées a diminué durant la quatrième vague. Lors des deux premières, les patients avaient en moyenne 72 ans. Or, cet automne, la moyenne d’âge est passée à 57 ans.

Morts en hausse

En raison de la stabilité du nombre d’hospitalisations, le bilan humain de la COVID-19 devrait continuer à s’alourdir. En ce moment, le Québec rapporte cinq morts en moyenne par jour, en légère hausse par rapport à la semaine dernière. Depuis le début de la pandémie, le Québec a déploré 11 405 morts en raison de la COVID-19.

On note également une baisse de la moyenne d’âge des victimes de la COVID-19. Durant les deux premières vagues, les personnes succombant au coronavirus avaient en moyenne 84 ans. Depuis le début de la quatrième vague, elles ont 76 ans.

La baisse de la moyenne d’âge pourrait être liée à la couverture vaccinale élevée chez les plus âgés.

Or, les non-vaccinés sont nettement plus à risque. Ceux-ci affichent à l’heure actuelle un taux de 190 nouveaux cas par million de personnes, contre 24 chez les pleinement vaccinés.

Le risque d’hospitalisation est également plus élevé chez les non-vaccinés. Leur taux d’hospitalisation est de 7,4 par million de personnes, contre 1,7 chez les pleinement vaccinés.

À ce jour, 78,5 % des Québécois ont eu une dose de vaccin, et 75,4 % sont pleinement vaccinés. « On est quand même chanceux au Québec, par rapport à d’autres pays ou d’autres provinces au Canada, parce qu’on a vraiment une bonne couverture vaccinale », conclut la Dre Guay.

— Avec Alice Girard-Bossé, La Presse

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