Diamants

Le luxe façon responsable

Symbole des relations et des moments les plus significatifs de votre vie, le diamant exerce un attrait qu’il est difficile d’expliquer. Mais au-delà des carats et de l’éclat, plusieurs questions éthiques découlent aujourd’hui de l’achat de cette pierre. Comment choisir un diamant de façon responsable, sans vous laisser aveugler par son lustre ?

Lorsqu’il parle de la plus précieuse des pierres précieuses, Louis-Alexandre Laferrière a l’œil qui brille. « Je me souviens de la première fois que j’ai tenu un diamant dans le creux de la main, dit-il. C’est très spécial, un diamant, parce que c’est exceptionnellement rare. » L’entrepreneur montréalais, qui évoluait déjà dans l’industrie du luxe, s’est laissé entraîner par la force d’attraction de cette pierre extraite du manteau terrestre.

Aujourd’hui, il dirige avec Nadia Brixi — sa complice en affaires et dans la vie — Laferrière & Brixi Diamantaires, une enseigne spécialisée dans l'achat et la vente de diamants. Le duo tient aussi un atelier de confection de haute joaillerie. De ses bureaux de Montréal, de Saint-Lambert et de ce qu’on appelle le Diamond District à New York, il joue parmi les plus grands à l’échelle mondiale. La maison s’est d’ailleurs illustrée ces dernières années en se portant acquéreuse de diamants bruts fort convoités, dont le plus gros à avoir été acheté au Québec.

Acheter un diamant éthique, c’est possible !

Comme bon nombre de diamantaires aujourd’hui, Laferrière & Brixi se targue de pratiquer un approvisionnement responsable. « En plus de privilégier les fournisseurs locaux, nous adhérons au Kimberley Process », explique Louis-Alexandre Laferrière. Réunissant 85 pays, ce forum international endossé par l’Organisation des Nations unies (ONU) vise à enrayer le commerce de diamants liés aux conflits armés. Diamants « de sang », diamants de guerre, violation des droits de la personne, enjeux environnementaux : l’expert estime que le paysage de l’industrie a bien changé et que la majorité des diamants naturels sont, de nos jours, extraits et transformés éthiquement.

Partout dans le monde, les coopératives et microentreprises d’exploitation minière se multiplient, ce qui crée de la prospérité pour les communautés locales. Dans l’industrie, la traçabilité accrue des diamants permet aux acheteurs de connaître la provenance de leur pierre. Pour se procurer un diamant en toute confiance, l’achat local reste une option de choix. Chez Laferrière & Brixi, ce sont les diamants canadiens qui ont la cote.

« Peu de gens le savent, mais il y a une mine de diamants au Québec ! » dit Louis-Alexandre Laferrière en faisant référence à la mine Renard de Stornoway.

Lumière sur la pierre synthétique

Aux yeux de Louis-Alexandre Laferrière, la prétention écologique du diamant de laboratoire est un non-sens : « Le diamant synthétique est fabriqué en usine dans des fours industriels à très, très haute température. C’est un processus extrêmement énergivore. » Selon un rapport de la Diamond Producers Association (aujourd’hui le Natural Diamond Council) publié en 2019, on estime que les émissions de gaz à effet de serre libérées au moment de fabriquer un carat de diamant synthétique sont trois fois plus élevées que celles d’un carat de diamant miné, soit 511 kg de dioxyde de carbone (CO2) contre 160 kg.

« Il faut aussi penser à la valeur de l’investissement », croit l’expert. La rareté du diamant naturel en fait une marchandise d’exception qui, historiquement, prendra de la valeur avec le temps. Les diamants de laboratoire, bien qu’ils gagnent en popularité auprès des consommateurs souhaitant s’offrir une pierre à moindre coût, n’offrent pas le même potentiel. « Sur le marché secondaire, ils n’ont pas de valeur, puisque ce sont des produits de masse », estime l’équipe de Laferrière & Brixi.

Diamant rétro

Une autre avenue pour les amoureux du beau soucieux de faire un achat responsable : le diamant recyclé. Dans l’atelier de Laferrière & Brixi Diamantaires, les joailliers s’affairent à remodeler les bijoux anciens que leur confie la clientèle pour en faire des pièces sur mesure. « Souvent, ce sont des bijoux provenant d’une succession que les propriétaires veulent actualiser », précise Louis-Alexandre Laferrière. Le diamant n’ayant pas besoin d’être miné, ni poli, ni fabriqué en laboratoire sera toujours celui qui affiche le meilleur bilan écologique. « Et il sera unique et doté d’une histoire », conclut le diamantaire.

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