Nunavik

L’INSPQ recommande une campagne de vaccination massive contre l’hépatite A

Depuis septembre 2021, 19 personnes ont contracté l’hépatite A dans une communauté du Nunavik, dont une majorité d’enfants. Treize de ces personnes ont dû être hospitalisées. Dans un avis rendu public lundi, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommande qu’une campagne de vaccination massive soit menée partout au Nunavik pour prévenir d’autres cas.

Jusqu’à maintenant, 15 enfants de 2 à 9 ans et 4 adultes de 41 à 47 ans ont contracté le virus dans cette communauté du Nunavik, non identifiée dans l’avis. « Tous les cas se retrouvent chez deux groupes d’âge qui n’ont pas bénéficié de l’offre vaccinale du calendrier régulier de vaccination ou des campagnes de vaccination massive ayant précédemment eu lieu dans la région », note l’INSPQ dans son avis.

Les personnes atteintes de l’hépatite A présentent différents symptômes, comme de la fièvre, de la fatigue, un manque d’appétit et des maux de tête, peut-on lire sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux.

La vaccination contre l’hépatite A est offerte en 4année du primaire depuis 2013 au Québec. Depuis juin 2019, le vaccin HAHB est aussi administré à l’âge de 18 mois et il continue d’être administré en milieu scolaire, indique l’INSPQ, qui souligne que des enfants de 8 ans et moins n’ont donc pas encore été vaccinés. L’INSPQ ajoute que « la vaccination scolaire a été perturbée par la pandémie de COVID-19 et il est possible que les enfants de 9-10 ans n’aient pas été vaccinés contre l’HVA ».

Un « bassin d’adultes non immuns »

L’INSPQ constate aussi que des adultes de 40 à 50 ans semblent avoir échappé aux campagnes de vaccination massive contre l’hépatite A menées notamment en 1997 et en 2002 au Nunavik, « créant un bassin d’adultes non immuns d’où proviennent les 4 cas adultes de l’éclosion ».

Depuis le début de l’éclosion, en septembre, une vaccination ciblée a été offerte dans la communauté touchée par l’éclosion. En tout, 52 enfants de 6 mois à 4 ans et 139 enfants de 5 à 9 ans ont été vaccinés, de même que des adultes à risque.

Mais dans son avis, l’INSPQ estime que tous les enfants et les adultes du Nunavik qui n’ont pas profité de la vaccination jusqu’à présent, et non pas uniquement ceux de la communauté visée, devraient être vaccinés. Les cohortes visées sont celles des enfants de 18 mois à 9 ans et des adultes nés entre 1970 et 1981. Toutes les autres personnes non vaccinées ou au statut vaccinal inconnu vivant au Nunavik devraient aussi se faire offrir le vaccin, conclut l’INSPQ, qui souligne que la campagne de vaccination pourra se faire en même temps que celle de la COVID-19.

Enseignement en présentiel

Trois écoles juives mises en demeure de cesser leurs activités

Le ministère de l’Éducation a mis en demeure trois écoles juives ultra-orthodoxes de Montréal de cesser toute activité immédiatement. Celles-ci continuaient de recevoir des élèves malgré le fait que la pandémie force l’école à distance pour l’ensemble des élèves de la province.

Le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, confirme que des inspecteurs ont effectué des visites dans certaines écoles des communautés juives la semaine dernière, mais refuse pour l’instant de dire combien d’établissements ont été visités.

Lundi, trois ont reçu des mises en demeure, mais d’autres pourraient suivre.

Plusieurs médias, dont La Presse, ont rapporté dans les dernières semaines que certaines écoles de la métropole fréquentées par les enfants de la communauté juive ultra-orthodoxe poursuivent leurs activités, malgré les directives gouvernementales.

Des dizaines d’élèves ont notamment été vus sortant de l’école Belz, dans l’arrondissement d’Outremont.

« Certaines écoles [juives] respectaient les règles et n’ont pas eu de mise en demeure », nuance toutefois Florent Tantlet, attaché de presse du ministre Roberge, qui fait état pour certaines d’elles de « portes barrées en raison de la COVID-19 ».

Fin décembre, le Service de police de la Ville de Montréal avait confirmé s’être rendu dans des écoles à la suite de plaintes pour non-respect des mesures sanitaires.

Les mises en demeure du ministère de l’Éducation « n’effacent pas » les plaintes portées auprès des policiers, indique M. Tantlet. Des amendes pour violation des règles sanitaires pourraient aussi être imposées à ces écoles.

Le gouvernement a fermé les écoles primaires et secondaires jusqu’au 17 janvier en raison de la flambée des cas de COVID-19. D’ici là, les écoles doivent offrir un enseignement à distance.

Une situation semblable en 2020

Une situation semblable s’était produite en décembre 2020. Le ministère de l’Éducation avait alors qualifié d’« inacceptable » le fait que des élèves continuent de fréquenter des écoles malgré la situation sanitaire.

Le Conseil des juifs hassidiques du Québec s’était alors dit « consterné par les accusations » du ministre de l’Éducation. Ces écoles, soutenait-on alors, respectaient le décret gouvernemental permettant aux élèves ne bénéficiant pas de la technologie nécessaire à l’enseignement à distance de se présenter à l’école en personne.

« Nous croyons que les élèves de nos communautés tombent dans ces catégories », avait argué le Conseil des juifs hassidiques. Au moment d’écrire ces lignes, lundi soir, le Conseil n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue.

— Avec Florence Morin-Martel, La Presse

Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le fonctionnement de la banque de sang « ne tient qu’à un fil »

Le manque de techniciennes de laboratoire est si criant à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont que le fonctionnement de la banque de sang « ne tient qu’à un fil » depuis le début de l’année.

C’est ce qu’affirme l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, selon qui la population de l’est de l’île de Montréal est « mise en danger » par cette situation critique.

« Je ne voudrais pas avoir un accident de la circulation dans l’est de Montréal », dénonce Nathalie Chalifoux, représentante nationale du Syndicat APTS-CHUM.

Dans la journée de lundi, la coagulation fonctionnait avec 33 % des effectifs nécessaires, l’hématologie, à 64 %, et la banque de sang, à 71 %, dit-elle. « Nos techniciennes sont épuisées, elles sont à bout de souffle et elles sont obligées d’en faire plus, alors les démissions s’accumulent et le problème empire. »

Des manques criants

Les manques sont criants en tout temps, mais les quarts de travail de soir et de nuit sont les plus difficiles à remplir, dit-elle. « Il y a tellement de postes vacants que les gens ont le choix, ils postulent sur des postes de jour. Les gens de soir se retrouvent avec tout le travail que les gens de jour n’ont pu faire. Nos mesures temporaires ne suffisent pas, et le moral est au plus bas. Il y a plusieurs mois de retard dans les analyses non COVID. »

Dans l’ensemble des laboratoires du CHUM, ce sont 135 techniciennes de laboratoire et technologistes médicales qui manquent afin de répondre aux besoins de base, comme pourvoir aux postes vacants et effectuer les remplacements du personnel absent, note le syndicat. Il s’agit d’environ 10 % du personnel de laboratoire.

Malgré de nombreuses représentations au cours des derniers mois, le gouvernement du Québec ne reconnaît pas la pénurie de techniciennes de laboratoire, dit Mme Chalifoux.

Surtout que le travail des techniciennes de laboratoire est dans « l’angle mort » du réseau de la santé, dit-elle, même si leur travail est essentiel au fonctionnement des hôpitaux.

« Il faut des gens pour faire des diagnostics »

Le sang est fourni par Héma-Québec, mais chaque hôpital doit avoir son laboratoire afin d’analyser différentes composantes du sang avant qu’il ne soit utilisé dans un cadre médical.

« Il y a les hémorragies, il y a les accidents, mais au jour le jour, il y a aussi l’oncologie, les leucémies, les anémies… Beaucoup de gens ont des maladies qui requièrent du sang ou du plasma ou des plaquettes. Ce sont ces produits sanguins que nous devons analyser avant de pouvoir les donner à quelqu’un. Chaque culot de sang donné doit faire l’objet de tests de compatibilité. »

Ce mardi, le syndicat organisera un point de presse devant l’hôpital Maisonneuve-Rosemont afin de dénoncer la situation et d’obtenir l’attention des décideurs.

« Il faut de bonnes conditions de travail, il faut des incitatifs pour garder les gens qu’on a présentement, et donner le goût aux jeunes de venir faire carrière dans ce beau domaine que sont les laboratoires. Oui, on a des appareils et des machines, mais il faut des gens pour faire des diagnostics, entrer les données, confirmer des résultats. Ça ne marche pas tout seul, ces machines-là. »

Meurtre d’un présumé trafiquant

Les enquêteurs appuyés par 16 informateurs différents

Mobilisés pour élucider le meurtre d’un présumé trafiquant commis à l’été 2020, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été appuyés par 16 informateurs différents, qui les ont menés aux présumés meurtriers, mais également à une vieille relation des Hells Angels qui aurait contrôlé un réseau familial de trafic de cocaïne dans l’est de Montréal.

Ce réseau aurait été dirigé par Gaétan Bradette, un ami de Steven Bertrand, autrefois proche du chef guerrier des Hells Angels Maurice Boucher. Deux des fils de Bradette, Francis et Tommy, auraient aussi été impliqués dans le trafic de drogue, ainsi que l’une de ses brus, Marybel Bouchard-Frenette, aussi accusée.

Gaétan Bradette, qui fait face à des chefs de gangstérisme et de trafic de stupéfiants, a passé les Fêtes derrière les barreaux, sa demande de remise en liberté ayant été refusée.

Lors de l’audience, un enquêteur de la Division du crime organisé (DCO) du SPVM, Francis Derome, a expliqué que l’enquête, baptisée Maculé, a été amorcée par les Crimes majeurs, à la suite du meurtre d’un présumé vendeur de drogue du Village gai qui aurait été séquestré, battu et abandonné grièvement blessé, à demi nu, dans le parc industriel d’Anjou, avant de mourir à l’hôpital trois semaines plus tard.

Après le crime, 16 informateurs ont appuyé les limiers vers des gens de l’entourage des Bradette.

À partir de mars 2021, les suspects ont été mis sur écoute. Des mouchards ont aussi été installés dans leur résidence. Durant l’enquête, les policiers ont intercepté plus de 82 000 communications (appels et messages textes), effectué 162 surveillances physiques, exécuté 220 autorisations judiciaires, effectué plusieurs scénarios d’infiltration avec des agents doubles et saisi 4 kg de cocaïne et 250 000 $.

« Enfant de chienne »

Selon la preuve présentée, Gaétan Bradette et son fils Francis, qui aurait agi comme gérant, auraient dirigé trois vendeurs. Le réseau fonctionnait avec une ligne téléphonique, mais les appels étaient transférés directement aux vendeurs. Ceux-ci distribuaient la cocaïne aux quarts. L’enquêteur Francis Derome évalue sommairement que les profits auraient été de 4000 à 5000 $ par semaine.

Les enquêteurs des stupéfiants de la région ont aussi eu leur rôle à jouer et effectué plusieurs filatures. Au cours de l’une d’elles, ils ont été repérés par Marybel Bouchard-Frenette, qui a immédiatement appelé son beau-père, Gaétan.

« Va chez ton grand-père, on arrive », a dit ce dernier.

Lui et son fils Francis ont quadrillé le secteur, à la recherche de véhicules de filature. Francis a cru en voir un.

« Enfant de chienne », a répondu Gaétan Bradette.

« La Honda Accord est un peu maganée, ce n’est pas la même que d’habitude », a précisé Francis un peu plus tard.

« Ce sont des fatigants, ils ne lâchent pas », dira Gaétan Bradette le 19 mai, lorsqu’il apprendra que son fils Tommy a été arrêté pour sa présumée implication dans un réseau qui opérait en Abitibi.

« Je ne fais rien de mal. Je loue des chars à tous les trafiquants de drogue d’Hochelaga-Maisonneuve. Je paye mes taxes », ajoutera-t-il, comme pour se disculper, croit le témoin, comme s’il se doutait qu’il était écouté.

Une semaine plus tard, deux femmes ont parlé d’un individu que la police croyait être Gaétan Bradette.

« Il devrait prendre sa retraite. C’est mieux comme ça qu’il ne touche plus à rien. À l’âge qu’il est rendu, ça fait longtemps qu’il aurait dû être tassé de là. Il ne lui est jamais rien arrivé, il devrait penser à ça, il est passé à côté toute sa vie », a dit l’une d’elles.

Tommy Bradette, Samir Drissi et Jonathan Fortier sont accusés du meurtre du présumé trafiquant de drogue.

La poursuite est représentée par MMarie-France Drolet et la défense, par MBenoit Cliche.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

Saguenay

Une explosion fait au moins deux morts à Arvida

Une explosion inexpliquée a fait plusieurs morts lundi matin dans une maison de Saguenay. Les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) ont été dépêchés sur les lieux pour tenter de faire la lumière sur cette tragédie. « J’étais dans ma maison et vers 10 h, j’ai entendu un “boum”. Je suis sorti. J’avais l’impression que le voisin avait fait exploser de la dynamite », raconte Régis Bélanger, résidant du coin, encore secoué. L’enquête a pris du temps à se mettre en branle lundi, car les policiers ont dû s’assurer que les lieux étaient sans danger. Ce sont les techniciens en explosif de la Sûreté du Québec (SQ) qui sont rentrés en premier. Ce n’est finalement qu’en fin d’après-midi que les enquêteurs ont pu entrer. La division des crimes contre la personne de la SQ est responsable de l’enquête. « On peut confirmer des décès. On ne donne pas le nombre pour le moment, car on ne le connaît pas », a indiqué le porte-parole de la SQ Hugues Beaulieu. Le sergent Beaulieu a précisé qu’aucune hypothèse n’était écartée.

— Gabriel Béland, La Presse

Poursuite rocambolesque

Un chauffard plaide coupable

Un chauffard qui a blessé 6 personnes et endommagé 8 voitures au cours d’une cavale de 300 km qui a tenu en haleine plusieurs corps policiers, en juin 2018, a plaidé coupable lundi, au palais de justice de Montréal, à 14 chefs d’accusation allant de voies de fait à conduite dangereuse ayant causé des blessures. Alexandre Brière était sous l’influence de la métamphétamine lors de cette poursuite rocambolesque. Le parcours destructeur de l’homme de 40 ans de Trois-Rivières a commencé à Shawinigan, quand il a frappé à coups de poing et de pied un véhicule garé avant de s’en prendre à une passante qui tentait d’intervenir. Il s’est ensuite emparé de la voiture d’une femme qui venait de déposer son conjoint, agrippant la conductrice par le cou pour lui voler ses clés. Après coup, le chauffard a commis bon nombre d’infractions au Code de la sécurité routière en plus de happer plusieurs véhicules dans une course folle qui le mènera à Montréal, volant au passage deux autres véhicules. Alexandre Brière devrait recevoir sa peine en avril. Son avocat, Yan Primeau, a tenté de faire valoir que l’homme s’était repris en main, qu’il avait cessé de consommer de la drogue et qu’il se cherchait un emploi.

— Isabelle Ducas, La Presse

Mort de la fillette de Granby

La belle-mère interjette appel

La belle-mère de la fillette de Granby interjette appel du verdict de culpabilité prononcé à son endroit, ainsi que de sa peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 13 ans. Elle a reçu sa peine le 17 décembre dernier, après avoir été reconnue coupable, lors d’un procès devant jury, de meurtre au deuxième degré et de séquestration à l’endroit de sa belle-fille de 7 ans, dont la mort, en avril 2018, avait ému tout le Québec. Déclarée coupable le 9 décembre dernier, la femme de 38 ans avait 30 jours pour interjeter appel de la décision. Elle s’est rendue à la limite du délai. La belle-mère a admis avoir ajouté du ruban adhésif sur la fillette alors qu’elle était déjà enroulée de plusieurs couches de papier collant. Elle voulait alors empêcher l’enfant, enfermée dans sa chambre, de s’enfuir. Elle avait plaidé qu’elle ne savait pas qu’attacher ainsi la petite fille risquait de la tuer.

— Isabelle Ducas, La Presse

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