Le pape s’arrêtera trois jours à Québec

Le pape François passera deux nuits à Québec fin juillet, selon l’horaire dévoilé jeudi matin par le Vatican.

Des activités auront lieu le 27 et le 28 sur les plaines d’Abraham, avec une allocution du pape depuis la Citadelle le 27. Le 28, une messe pour 10 000 à 15 000 personnes aura lieu à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, lieu de pèlerinage populaire auprès de plusieurs communautés autochtones. Le 29, avant de s’envoler pour Iqaluit, le pape rencontrera des délégations autochtones.

Une visite à Wendake, la communauté autochtone la plus proche, n’est pas prévue. Le pape a des problèmes aux genoux qui l’ont forcé à annuler un voyage en Afrique début juillet.

« Notre grand chef Rémy Vincent ne prévoit pas pour le moment de faire partie de la délégation qui rencontrera le pape le 29 juillet au matin », explique la coordonnatrice aux communications du Conseil de la Nation huronne-wendat, Rose-Marie Ayotte. « Il tient à laisser toute la place aux survivants et à leur famille. »

Wendake a été moins touchée que d’autres communautés par les pensionnats pour Autochtones, explique le prêtre Mario Côté, qui était jusqu’à récemment responsable de la paroisse. « Une venue du pape à Wendake a été envisagée au début, mais rapidement écartée », dit-il.

La mobilisation d’une délégation de Wendake à Sainte-Anne-de-Beaupré a été ralentie par l’absence d’un prêtre responsable depuis mars. Le père Côté a célébré sa dernière messe à Wendake en mars et le nouveau prêtre, Pierre-Luc Gilbert, est arrivé il y a deux jours.

Une bénévole du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, Andrée Paul, est submergée d’appels. « Tout le monde veut avoir des billets », dit Mme Paul, infirmière innue qui habite Wendake. « C’est très important pour les Innus. J’ai accompagné beaucoup de gens qui avaient des blessures intergénérationnelles à cause des pensionnats. »

Mme Paul, qui est bénévole depuis 30 ans à Sainte-Anne-de-Beaupré, sera sur place dimanche pour la traditionnelle messe pour les Autochtones. « Il va y avoir de 2000 à 3000 personnes à la messe, c’est sûr qu’on va parler beaucoup de la visite du pape dans un mois. »

Visite à Edmonton

Avant d’arriver à Québec, le pape passera trois nuits à Edmonton, où il fera plusieurs déplacements. Il visitera le pensionnat Autochtone d’Ermineskin, à Maskwacis, au sud d’Edmonton, qui a été dirigé par des missionnaires catholiques de 1894 à 1969, et où des recherches par géoradar pour trouver des tombes anonymes sont en cours.

À Edmonton, le pape François célébrera une messe dans une église autochtone, puis dans le stade du Commonwealth, qui peut accueillir 65 000 personnes. Il se rendra aussi au sanctuaire du lac Sainte-Anne, à l’ouest d’Edmonton.

La visite du pape au Canada fait suite à des excuses présentées à Rome en avril à des délégations autochtones canadiennes, et coïncide avec la fête de sainte Anne, grand-mère de Jésus, figure populaire chez plusieurs groupes autochtones.

Fillette agressée à Pointe-aux-Trembles

La Couronne veut faire déclarer Tanvir Singh « accusé à haut risque »

L’homme qui a violemment battu une fillette de 10 ans à Pointe-aux-Trembles en mars dernier pourrait recevoir la rarissime étiquette d’« accusé à haut risque ». C’est du moins ce que le ministère public entend réclamer lorsque Tanvir Singh sera déclaré non criminellement responsable (NCR) en raison de ses troubles mentaux le mois prochain.

« La Couronne veut déposer une requête pour le déclarer accusé à haut risque. Étant donné les circonstances troublantes et sérieuses de l’affaire, on veut qu’il soit évalué en ce sens », a annoncé à la cour la procureure de la Couronne, MAnnabelle Sheppard, mercredi au palais de justice de Montréal.

Instaurée en 2014 dans la foulée de l’affaire Turcotte, la désignation d’« accusé à haut risque » est réservée aux délinquants déclarés NCR à haut risque de récidive violente. Elle permet de restreindre considérablement leurs sorties à l’extérieur de l’hôpital psychiatrique.

Mais avant de présenter la requête de la poursuite à ce sujet, il faut d’abord que l’homme de 21 ans soit déclaré NCR par un juge. Or, pour la deuxième journée d’affilée, un juge a refusé d’entendre la suggestion commune des avocats. Mercredi, le juge Christian M. Tremblay s’est dessaisi soudainement de l’affaire devant le refus obstiné de la défense de présenter les faits du dossier.

Transparence judiciaire

Jeudi matin, le juge Alexandre Dalmau a vite annoncé ses couleurs aux avocats. « Vous n’êtes pas tombés sur le bon juge. Je ne fais pas de procès dans cette salle. On a 50 individus sur le rôle », a-t-il lancé.

Le juge a d’ailleurs été très clair en matière de transparence judiciaire : un résumé des faits doit être présenté, et le rapport psychiatrique sera déposé. Dans ce rapport, les psychiatres concluent à la non-responsabilité criminelle de Tanvir Singh.

Pour permettre de traduire le rapport, la cause a été reportée au 19 juillet prochain. Les parties auront alors une troisième occasion de présenter leur suggestion commune. C’est seulement lorsque le juge aura déclaré Tanvir Singh NCR que la Couronne présentera sa requête pour faire évaluer le délinquant comme « accusé à haut risque ».

Tanvir Singh, 21 ans, est accusé d’avoir tabassé en plein jour une fillette de 10 ans sur le trottoir du boulevard du Tricentenaire, dans l’est de Montréal. Mercredi, MSheppard a mentionné que l’accusé tenait un « cutter » dans ses mains avant d’être interrompue par l’avocate de la défense, MMilèva Camiré. Sauvée par des passants, la fillette avait été gravement blessée.

Le président du BAPE part chez Hydro-Québec

Le président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) du Québec quittera ses fonctions quatre mois avant la fin de son mandat, à la mi-juillet, pour aller travailler chez Hydro-Québec.

Philippe Bourke occupera un nouveau poste de directeur de l’activation et de l’intégration du développement durable au sein de la société d’État.

« L’intention, c’est qu’on passe à un autre niveau », dit-il, évoquant la question des changements climatiques et celle de la biodiversité. « On veut vraiment intégrer ça partout dans la structure, dans la chaîne de valeur de l’organisation. »

Ironiquement, Hydro-Québec fait partie des organisations ayant accumulé le plus de sanctions environnementales au Québec au cours de la dernière décennie, rapportait La Presse en janvier dernier.

La société d’État et ses filiales ont été sanctionnées 24 fois entre 2013 et 2019, écopant d’amendes totalisant plus d’un demi-million de dollars.

« Évidemment, ça va être une préoccupation et ça va faire partie des choses que je vais vouloir surveiller, [mais] le développement durable, ce n’est pas la même chose que l’environnement », répond Philippe Bourke.

« Il faut intégrer l’économie, le social, j’en fais un devoir depuis le début de ma carrière », explique celui qui a été pendant 20 ans le directeur du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec.

Aucune tension

Philippe Bourke quitte le BAPE alors qu’il était le premier président qui aurait pu solliciter un second mandat, une possibilité introduite dans la réforme de la Loi sur la qualité de l’environnement de 2017.

« J’avais besoin de nouveaux défis », explique-t-il, assurant qu’il quitte l’organisation « dans la sérénité ». « Personne ne me pousse dehors et je ne me sauve pas parce que quelque chose est arrivé. »

Le président démissionnaire se dit fier de son parcours au BAPE, qu’il estime avoir su transformer.

Il évoque notamment le virage numérique de l’organisation, accéléré par la pandémie de COVID-19. « On parle d’une organisation dont la business est de faire des rassemblements de citoyens dans des salles, et là, on ne pouvait plus rassembler les gens », rappelle M. Bourke.

Les changements apportés demeureront en place, car ils offrent de nouvelles possibilités et améliorent la capacité des gens à participer aux consultations publiques, affirme-t-il.

Turbulences

Philippe Bourke a aussi dû se porter à la défense du BAPE, notamment lors des audiences publiques sur le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay, de GNL Québec.

« Il y a eu des turbulences », métaphorise-t-il, estimant qu’il était nécessaire de « corriger des perceptions erronées ».

« On mettait en doute l’intégrité du président de la commission et par le fait même la mienne, ç’a été une période difficile pour le Bureau », dit-il.

Le président démissionnaire se dit également fier des deux mandats génériques menés par son organisation, celui sur l’amiante et celui sur la gestion des déchets.

Ces réflexions sont « porteuses et structurantes », estime-t-il.

Des groupes écologistes dénoncent une « pseudocrise des déchets »

Réagissant à la fermeture partielle de la plus grande décharge du Québec, le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) dénonce ce qu’il considère comme un stratagème pour obtenir un rehaussement des quantités autorisées de matières à enfouir.

« C’est une crise montée de toute pièce pour forcer le gouvernement à endosser l’agenda et les demandes de ces compagnies », a dit Denis Blaquière, président du FCQGED, cité dans un communiqué publié jeudi.

« Ce qu’elles y gagnent, c’est qu’elles vont avoir plus de tonnage, donc plus d’argent éventuellement », renchérit Karel Ménard, porte-parole du Front commun, dans un entretien avec La Presse. « Pour moi, c’est une pression indue qui est mise sur le gouvernement pour qu’il accède aux demandes des compagnies. »

Le FCQGED, composé d’une soixantaine d’organisations environnementales dont Équiterre, la Fondation David Suzuki, Greenpeace et des organismes locaux, rappelle qu’une grande partie des matières éliminées au Québec pourraient être traitées ailleurs que dans un site d’enfouissement.

Une étude de caractérisation de Recyc-Québec montre qu’en 2019-2020, plus de 55 % des matières éliminées étaient composées de papier, carton, verre, métal, plastique ou de matières organiques, et auraient donc pu être recyclées ou compostées.

« Le [Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ)] a consulté ses membres qui opèrent des lieux d’enfouissement technique (LET) dans la grande région de Montréal et le constat est unanime, ils sont à pleine capacité ou le seront sous peu », soutient le Conseil en réponse au communiqué du FCQGED. « Nous devons fournir un effort collectif pour réaliser un meilleur tri à la source », ajoute le CETEQ, d’accord sur ce point avec le Front commun.

Quoi qu’il en soit, le Complexe Enviro Connexions (CEC) fermera ses portes à certains clients à partir du 27 juin afin d’éviter de dépasser sa limite de tonnage annuel autorisée par Québec.

Plus de matière vers l’enfouissement

CEC a demandé l’autorisation de recevoir 100 000 tonnes de déchets de plus d’ici la fin du mois de juillet, pour un total de 1 355 000 tonnes cette année. Selon des documents obtenus par La Presse, cette demande a été faite le 4 février, mais le ministère de l’Environnement soutient qu’elle a plutôt été déposée le 1er juin.

Invité à réagir, le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, dit être « bien au fait de l’enjeu qui touche les sites d’enfouissement ». Une situation attribuable, selon lui, aux gouvernements précédents.

« Rien n’a été fait pour diminuer la quantité de matière qui s’en va à l’enfouissement » par les prédécesseurs du gouvernement actuel, affirme-t-il dans une déclaration écrite, ajoutant avoir amorcé « un sérieux virage pour diminuer la quantité de matière qui s’en va à l’enfouissement ».

Dans son rapport publié en janvier dernier sur la gestion des déchets au Québec, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement notait – sur la base de données de 2019 – que « les quantités de matières résiduelles éliminées sur l’ensemble du territoire québécois ont augmenté au cours des dernières années ». Une situation qui s’est depuis stabilisée, selon le Ministère.

Saint-Jean-Baptiste

Ouvert ou fermé le 24 juin ?

À l’occasion de la fête nationale du Québec, de nombreux commerces et établissements de services seront fermés, alors que d’autres demeureront ouverts. En voici une liste.

Ouverts

Les pharmacies et les petits commerces d’alimentation

Les restaurants et les bars

Les stations-service

Les bureaux des passeports (ouverts pour les rendez-vous urgents uniquement1)

Les services de collecte (déchets, matières recyclables, résidus alimentaires, résidus résidentiels de matériaux de construction, etc.)

Les installations sportives et culturelles (horaires variés)

Les services de transport collectif (les horaires d’autobus et de train seront modifiés)

Les musées

Le Jardin botanique, l’Insectarium, le Biodôme, la Biosphère et le Planétarium Rio Tinto Alcan

Les écocentres (horaire d’été de 8 h à 18 h)

Fermés

Les supermarchés

Les grands centres commerciaux et les commerces

Les banques et les caisses

Les bibliothèques

Les points de service provinciaux et fédéraux

Les succursales de la Société des alcools du Québec et de la Société québécoise du cannabis

Les Bureaux Accès Montréal et les comptoirs de permis (ils rouvriront le 27 juin)

Les maisons de la culture

Glissement de terrain à Saguenay

Il y a eu erreur quant au choix de photo dans un texte publié jeudi au sujet du glissement de terrain de l’arrondissement de La Baie, à Saguenay. Une photo qui devait montrer des maisons récemment évacuées montrait plutôt des maisons qui ont été déplacées après le glissement de terrain de 1971, à Saint-Jean-Vianney, dans la même région. Nos excuses.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.