Ancien employé d’Hydro-Québec

L’espion présumé avoue être membre du Parti communiste chinois

L’ex-chercheur d’Hydro-Québec arrêté pour espionnage la semaine dernière a avoué en cour mercredi qu’il était membre du Parti communiste chinois (PCC). Il dit toutefois être en retard sur ses paiements de cotisations depuis plusieurs années et affirme que son nom a été utilisé sans son autorisation pour des travaux scientifiques en Chine.

Yuesheng Wang, qui est détenu depuis son arrestation par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) le 14 novembre, comparaissait au palais de justice de Longueuil pour tenter d’être remis en liberté en attendant son procès pour espionnage économique. La poursuite prétend qu’il aurait obtenu illégalement des secrets industriels d’Hydro-Québec concernant le développement de batteries, « au bénéfice de la République populaire de Chine ».

« Êtes-vous membre du Parti communiste chinois ? », lui a demandé son avocat, MGary Martin, devant la cour.

« Oui », a répondu l’accusé, avant d’expliquer qu’il ne payait plus ses cotisations depuis un certain temps.

« Avez-vous été envoyé ici par une autorité du gouvernement chinois, ou par vous-même ? », a demandé MMartin.

« Par moi-même », a assuré son client.

« Comme les Américains ! »

La Presse révélait la semaine dernière que durant ses études à l’Académie chinoise des sciences, Yuesheng Wang avait comme directeur de thèse le professeur Hu Yong-Sheng, qui est aujourd’hui l’un des dirigeants de HiNa Battery Technology, une entreprise chinoise qui a déjà fait une démonstration de « mini-voiture électrique » propulsée par son propre modèle de batterie et qui promet de développer une nouvelle génération de batteries pour le marché mondial.

Après son embauche à Hydro-Québec comme chercheur, M. Wang a continué à publier des articles scientifiques sur des technologies liées aux batteries en collaboration avec le dirigeant de l’entreprise chinoise, selon plusieurs de ses publications consultées par La Presse.

Le caporal Stacy Gagné, un enquêteur de la GRC qui parle le mandarin, est venu expliquer à la Cour que ce programme servait à « renforcer l’emprise du Parti communiste chinois ».

« En renforçant l’économie, l’armée, la capacité militaire, ça vient consolider leur pouvoir », a-t-il expliqué.

« Comme les Américains ! », a répliqué l’avocat de M. Wang.

Il dit avoir été surpris

Le caporal Gagné, qui a participé à l’interrogatoire du suspect après son arrestation, affirme avoir produit devant M. Wang des demandes de brevets déposées en Chine sur lesquelles son nom apparaissait.

« M. Wang reconnaissait les noms des gens pour lesquels le brevet était [délivré]. Il était surpris de voir que son nom était là-dedans. Je dirais même fâché, à un certain degré. Et il a dit qu’il allait communiquer avec les gens. »

— Le caporal Stacy Gagné, enquêteur de la GRC

L’enquêteuse de la GRC Annie Roy est venue quant à elle raconter que des policiers qui avaient pris M. Wang en filature l’ont vu aller marcher avec un groupe de randonneurs au mont Saint-Bruno ces dernières semaines. L’un des hommes qui l’accompagnaient a été identifié comme étant relié au géant chinois des télécommunications Huawei ainsi qu’à l’entreprise chinoise HiNa Battery, qui aurait bénéficié des secrets dérobés par l’accusé, selon la poursuite.

L’enquête sur remise en liberté se poursuit jeudi.

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