GNL Québec

Faire d’une pierre deux coups

Des chefs d’entreprise du Saguenay et de l’Abitibi estiment que le projet GNL Québec est une occasion pour le Québec de gagner sur deux tableaux à la fois, celui de l’environnement et celui du développement régional.

Alors que des centaines de centrales électriques au charbon sont en construction à travers le monde, l’exportation de gaz naturel liquéfié à partir du Québec peut contrecarrer les conséquences de ce développement accéléré, écrivent-ils dans une lettre publiée ce jeudi dans la section Débats.

« Je suis un entrepreneur, a expliqué à La Presse Jérémi Fournier, président de Fournier et Fils, une entreprise de Val-d’Or. Je ne suis pas un militant écologiste, mais je crois qu’il y a des avantages évidents pour l’environnement dans le projet GNL Québec. »

Fournier et Fils est une entreprise de construction et d’excavation qui emploie 700 personnes. Les six autres signataires sont également spécialisés dans la construction et les infrastructures et bénéficieraient probablement de lucratifs contrats si le projet de construction du gazoduc et de l’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay se réalisait.

Jérémi Fournier ne le nie pas, mais il estime que le projet générera des retombées pour tout le monde. « Quant à savoir si on en profitera directement ou indirectement, seul le temps va nous le dire. »

Les signataires de la lettre d’appui à GNL Québec estiment qu’en raison des besoins importants en énergie à travers le monde, le Québec peut contribuer positivement aux problèmes environnementaux auxquels fait face la planète.

« Nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre demeureront inutiles si d’autres États n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs », plaident-ils.

Le président de Fournier et Fils souligne aussi que les régions du Québec ont besoin de ce projet d’investissement d’une dizaine de milliards, entièrement financé par des capitaux privés.

« Personne ne veut faire des affaires au détriment de la communauté. »

— Jérémi Fournier, président de Fournier et Fils

Les signataires de la lettre sont les mêmes qui ont investi une somme estimée à 1 million de leur propre argent dans le projet pour manifester leur appui à ses promoteurs. Ils pourraient perdre cet argent si le projet ne se réalise pas. C’est un investissement à risque, reconnaît Jérémi Fournier, « ce n’est pas une obligation du gouvernement », dit-il.

Le projet GNL Québec fait face à une forte opposition de la part des groupes environnementaux au Québec et le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a émis des doutes sur sa capacité à réduire les émissions de GES à l’échelle mondiale.

Les promoteurs du projet travaillent actuellement à répondre aux préoccupations soulevées par le BAPE et la décision du gouvernement du Québec qui scellera le sort du projet est attendue à la fin de l’été.

GNL Québec vient de conclure une entente avec la société Hanseatic Energy Hub, qui pilote un projet de regazéification du gaz naturel à Hambourg. Cette entente pourrait lui donner accès au marché allemand, qui est alimenté en gaz provenant de Russie et qui veut diversifier ses sources d’approvisionnement.

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