Évaluation physique

Est-ce que votre corps freine votre progression technique ?

L’élan de golf est la séquence musculaire la plus complexe dans le monde du sport. Malgré tous les efforts que vous déployez pour améliorer votre technique, il se peut que votre condition physique vous restreigne à produire certains mouvements de l’élan. Il n’est pas question ici d’atteindre la perfection, mais de pouvoir vous élancer sainement pour encore plusieurs années. Voici cinq pistes de solution qui méritent votre attention et peut-être même l’évaluation de votre physiothérapeute.

La flexibilité des épaules

Les épaules jouent un rôle important, autant au sommet de l’élan arrière qu’à la finition. Si vos coudes ont tendance à s’éloigner du corps lorsque les mains dépassent la hauteur des hanches, il y a matière à vérification. Pour obtenir de bonnes positions techniques, spécialement au sommet de l’élan arrière, de l’amplitude au niveau de la rotation externe est nécessaire. Il n’est pas question ici de force physique selon le physiothérapeute Stéphane Fournier d’Accès Physio : « C’est avant tout une question de mobilité. La capsule articulaire, qui est l’enveloppe de l’épaule, doit avoir assez de souplesse pour permettre l’amplitude du mouvement ».

Les avant-bras et les poignets

Les avant-bras et les poignets s’avèrent une source importante de puissance pour l’élan de golf. Une flexibilité adéquate permet d’armer les poignets de la bonne façon durant l’élan arrière, mais également de relâcher le bâton au bon moment lors de l’attaque à la balle. En lien avec le travail qui nécessite l’utilisation d’un ordinateur, une mauvaise position tant au niveau du clavier que de la souris peut entraîner des limitations au haut du corps, mais aussi des poignets. « Une bonne mobilité à ce niveau permet d’obtenir un plan d’élan adéquat et d’amener la tête du bâton de la bonne façon à l’impact », selon les propos de Pierre Lalonde, professionnel certifié de la PGA du Québec et affilié au Club de golf Pinegrove.

La flexibilité de la région thoracique

Si vous êtes comme la majorité des gens, il vous faut probablement adopter une position assise pendant plusieurs heures par jour, et ce, que ce soit pour le travail ou bien dans l’auto pour le voyagement. Un dos arrondi et des épaules tombantes ne favorisent en rien une bonne rotation des épaules et par le fait même une dissociation du haut du corps adéquate. Il s’agit là d’un élément clé dans l’élan de golf. « Si l’individu est limité à ce niveau, il risque de perdre sa posture, car il va compenser ce manque de mobilité en relevant tout son corps durant l’élan arrière, ce qui n’est techniquement pas souhaité » explique M. Lalonde qui est également certifié par la Titleist Performance Institute (TPI) Niveau 3. Sachez que la TPI est un département axé sur l’entraînement physique, le développement de la biomécanique en lien avec l’élan de golf et dont l’objectif principal est d’aider le golfeur à connaître ses forces et ses limites physiques pour ensuite l’aider dans la mécanique de l’élan de golf.

La stabilité du tronc

La région centrale du corps, où l’on retrouve les abdominaux, est responsable de votre stabilité, mais aussi du transfert d’énergie entre le bas et le haut du corps durant l’élan. Plus vous avez du contrôle et de la stabilité au niveau de votre tronc, plus il sera facile de maintenir votre posture tout au long du mouvement. « Il est question ici d’activation musculaire. Le transverse de l’abdomen est le grand maître de la chaîne abdominale interne, alors s’il n’est pas activé, tout le reste ne peut l’être adéquatement », indique M. Fournier.

La flexibilité du bas du corps

Intimement liée avec le dernier point, la flexibilité du bas du corps favorise une bonne séquence de l’élan, c’est-à-dire qu’elle permet aux hanches de tourner vers la cible avant que le haut du corps n’entame sa rotation. Si on vous indique fréquemment, en langage de golf, que vous êtes au-dessus du plan de l’élan, ou tout simplement que vous avez de la difficulté à corriger votre crochet extérieur, la flexibilité de votre bas du corps peut en être la cause. Rappelez-vous qu’il n’est pas question ici de développer de la force physique, mais d’obtenir de la mobilité et de la souplesse musculaire, pour contrer, entre autres, cette fameuse position assise au travail.

Texte de Jean-Sébastien Légaré, rédacteur, magazine Au 19e

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