Climat

« Le premier devoir d’un dirigeant, c’est de protéger les populations des dangers clairs et actuels. Rien ne pourrait être plus clair ou présent que le danger de l’expansion des combustibles fossiles. »

— António Guterres, secrétaire général de l'ONU au Forum des grandes économies sur l’énergie et le climat

Inde

La police tire à balles réelles sur des manifestants

La police indienne a tiré à balles réelles vendredi pour disperser une foule de manifestants qui avait mis le feu à des trains pour protester contre un plan de recrutement des jeunes hommes dans l’armée. Ces tirs ont fait au moins un blessé, à Secunderabad. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes en Inde depuis que la police a tiré des gaz lacrymogènes jeudi contre des manifestants dans l’État du Bihar qui mettaient le feu à des trains et tentaient de prendre d’assaut des bâtiments gouvernementaux, pour protester contre un plan temporaire de recrutement dans l’armée, visant à incorporer pour quatre ans les jeunes adultes dans l’armée, sans les avantages accordés jusqu’alors aux membres de l’armée de métier. Le gouvernement du premier ministre Narendra Modi a présenté ce plan comme un moyen de moderniser les forces armées indiennes avec de jeunes recrues et de lutter contre le chômage.

— Agence France-Presse

Amazonie

Les restes du journaliste britannique identifiés

Aucun doute ne subsiste : les restes humains découverts en Amazonie sur indication d’un suspect sont bien ceux du journaliste britannique Dom Phillips, tué avec l’expert brésilien Bruno Pereira lors d’une expédition en Amazonie, a annoncé la Police fédérale du Brésil. Deux suspects ont été arrêtés à ce jour, mais la police a fait savoir vendredi soir qu’un « mandat d’arrêt » avait été lancé contre un troisième homme. Les restes de Dom Phillips ont été retrouvés mercredi à l’endroit indiqué par l’un des deux suspects arrêtés, qui avait reconnu la veille avoir enterré les corps. Plus tôt dans la journée, les policiers ont indiqué que les éléments dont ils disposaient à ce stade de l’enquête laissaient penser « que les tueurs ont agi seuls, sans commanditaire, sans une organisation criminelle à l’origine des meurtres ». L’Union des peuples indigènes de la vallée de Javari, dont des membres ont activement participé aux recherches, a rejeté la version policière : « Il n’y a pas seulement deux tueurs, mais un groupe organisé qui a planifié le crime dans ses moindres détails. »

— Agence France-Presse

Bangladesh

Deux millions de personnes touchées par des inondations

Le Bangladesh a déployé des militaires pour venir en aide à deux millions de personnes bloquées, pour la deuxième fois en quelques semaines, par de gigantesques inondations liées à la mousson, ont annoncé vendredi les autorités. Les inondations menacent régulièrement des millions de gens au Bangladesh, pays de basse altitude. Mais, selon les experts, le réchauffement climatique accroît leur fréquence, leur gravité et leur soudaineté. La majeure partie du nord-est du pays est sous l’eau et la situation pourrait empirer durant le week-end alors que les prévisions annoncent de nouvelles fortes pluies. Les examens de fin d’année ont été suspendus dans les écoles secondaires de tout le pays, où des centaines de salles de classes sont dorénavant utilisées comme abris de fortune pour ceux dont les maisons sont submergées par les eaux. En mai, la région de Sylhet avait été frappée par les pires inondations depuis presque deux décennies, faisant au moins dix morts et touchant au moins quatre millions de personnes. — Agence France-Presse

Turquie

MBS en visite à Ankara, plus de trois ans après l’affaire Khashoggi

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », est attendu mercredi en Turquie pour sa première visite officielle dans le pays, qui enterre trois ans et demi de brouille née de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul. « Nous allons recevoir le prince héritier mercredi à Külliye », nom du palais présidentiel turc à Ankara, a indiqué le président turc Recep Tayyip Erdoğan lors d’une déclaration publique. Plusieurs accords devraient être signés entre les deux puissances régionales, a confié un haut responsable turc sous couvert d’anonymat. Cette visite, attendue depuis plusieurs mois, est la première de MBS en Turquie et de facto la première depuis l’assassinat à Istanbul en octobre 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, une affaire qui avait empoisonné les relations entre Ankara et Riyad. Le président turc s’était rendu fin avril en Arabie saoudite, où il avait rencontré le prince héritier avant d’effectuer une brève halte à La Mecque à l’occasion du ramadan. Ils avaient discuté à Jeddah des « moyens de développer » les relations entre leurs deux pays, avait rapporté l’agence de presse d’État saoudienne SPA à l’issue de leur rencontre.

— Agence France-Presse

Côte d’Ivoire

Un célèbre acteur raconte à la télé comment il a violé sa cousine

« Quand on était jeunes, il y avait une cousine qui dormait avec nous au salon. J’ai fait un petit chat noir. Tout le monde a fait ça ! », raconte en riant le comédien et humoriste Jimmy Danger sur le plateau de la chaîne Ivoire TV, dans un court extrait présentant l’émission qui doit être diffusée ce samedi. « Chat noir » est un terme utilisé en argot ivoirien pour désigner un viol. « Elle a crié pour avertir des gens », poursuit le comédien avant d’affirmer, geste à l’appui, lui avoir mis un coup. Jimmy Danger, de son vrai nom Laurent Ibo, 56 ans, a joué dans plusieurs films ivoiriens à succès et dans les séries Ma famille et Faut pas fâcher, très populaires en Afrique francophone. En septembre dernier, l’animateur Yves de M’Bella avait invité dans son émission, censée dénoncer le viol, un ancien violeur à qui il avait demandé d’expliquer comment il s’y prenait pour abuser de ses victimes, en s’aidant d’un mannequin. Yves de M’Bella avait été condamné dans la foulée à 12 mois de prison avec sursis pour apologie du viol et atteinte à la pudeur, tandis que son invité avait écopé de deux ans de prison ferme.  — Agence France-Presse

Sahel

L’État islamique s’étend, les massacres se succèdent

Bamako — Les djihadistes affiliés à l’État islamique au Sahel, naguère donnés pour diminués, ont étendu ces derniers mois leur champ d’action au Sahel, signant leur présence par une série sans précédent de massacres de civils.

Le groupe État islamique au grand Sahara (EIGS) paraissait affaibli il y a encore six mois après la perte de plusieurs de ses chefs, à commencer par son fondateur marocain Adnan Abou Walid Al-Sahraoui, tué en août 2021 au Mali par une frappe de Barkhane, la force antidjihadiste française au Sahel.

Face à une multiplication des attaques djihadistes et une contestation grandissante contre la présence française, la France, engagée militairement depuis 2013, avait désigné en janvier 2020 l’EIGS comme la cible prioritaire pour elle et ses alliés dans l’immense zone reculée et aride dite des trois frontières, entre Mali, Burkina Faso et Niger.

En février 2021, le président Emmanuel Macron déclarait que l’EIGS « avait perdu son emprise et [subissait] de nombreuses pertes ». Les groupes combattant sous la bannière rivale d’Al-Qaïda passaient pour avoir pris l’ascendant sur l’EIGS par les armes, au moins au Mali.

Mais « au moment où on pensait être venu à bout des “terroristes”, ils se réorganisaient », remarque Souley Oumarou, de l’ONG Forum pour une citoyenneté responsable (FCR), qui a été conseiller de l’ancien président nigérien Mahamoudou Issoufou.

« En dépit de l’élimination ou l’arrestation des principaux chefs de l’organisation (EIGS), les cadres intermédiaires sont souvent restés en place et la dynamique de recrutement ne s’est pas enrayée », estime Mathieu Pellerin, chercheur français spécialiste de la région.

« Plus le groupe opère sur un territoire restreint, plus il s’expose. Sa survie passe donc par son expansion », souligne-t-il.

Litanie de tueries

Au cours du seul mois de juin, la marque de l’EIGS a été décelée à des centaines de kilomètres de distance à Anderamboukane (Mali, frontière avec le Niger) dans des combats contre les soldats maliens et des groupes armés pro-gouvernementaux ; les 11 et 12 juin à Seytanga (nord du Burkina Faso) où le massacre de 86 civils, non revendiqué, porte la signature de l’EIGS ; ou encore mi-juin à Tessit (Mali) dans des affrontements rapportés par des sources locales avec Al-Qaïda.

« Oui, le groupe est en capacité d’opérer sur ces trois fronts simultanément », assure M. Pellerin.

Depuis 2021, le paysage stratégique a changé. Les Français et leurs alliés ne sont plus à la pointe du combat au Mali au côté de l’armée nationale. Les colonels au pouvoir à Bamako les ont poussés dehors et fait appel aux Russes. Les Français sont en passe de quitter leur dernière base au Mali et de « réarticuler » leur dispositif.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, jugeait « probable » dans un récent rapport que le retrait français crée « dans certaines zones un vide qui risque d’être exploité par les groupes armés terroristes ». Le retrait et la détérioration de la sécurité aux trois frontières « aura des conséquences sur la protection des civils », mettait-il en garde par ailleurs dans une lettre adressée à la présidence du Conseil de sécurité.

« Jamais au Sahel, les massacres de civils ne se sont succédé comme ça », note un responsable onusien tenu à l’anonymat par les règles de l’organisation.

Le nombre de civils tués dans des attaques attribuées à des groupes extrémistes a quasiment doublé depuis 2020 au Sahel central, affirme une coalition d’ONG ouest-africaines dans un rapport publié jeudi.

— Agence France-Presse

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