Salon b

Les Prix Borduas en fête

Pour souligner le retour du printemps, le galeriste Éric Devlin a concocté, au Salon b, une exposition regroupant les œuvres de 20 lauréats du prix Borduas, dont le gagnant de l’automne dernier, André Fournelle.

Éric Devlin a fermé sa galerie d’art en 2020 et il est revenu depuis à ses premières amours avec des expositions commissariées au Salon b, où il a officié dans les années 2000 en y organisant les premiers déploiements artistiques. L’an dernier, il y avait rendu hommage à Francine Simonin, Louis-Pierre Bougie et Kittie Bruneau, morts durant la pandémie. Une expo qui avait connu un tel succès qu’il a décidé de récidiver ce printemps avec une célébration des artistes qui ont remporté le prix Borduas, la plus importante récompense québécoise en arts visuels.

« Comme André Fournelle avait gagné le prix Borduas l’automne dernier, que j’avais déjà exposé sa série sur le charbon en 2010, et que j’avais plusieurs œuvres d’artistes ayant remporté ce prix dans mon stock ou que des clients souhaitaient vendre, je me suis dit que ça ferait une exposition sympathique pour cette période de l’année où on commence enfin à sortir ! », dit Éric Devlin.

On se retrouve ainsi dans la petite salle du Salon b en excellente compagnie. Avec une photogravure, Transpercer, plutôt intense de Betty Goodwin. Une très belle eau-forte, Poule faisane, de Riopelle. Une autre, Ni plus ni moins, de Jean McEwen. Une sérigraphie, Triangulaire jaune-orange, de Molinari. Une sculpture d’Armand Vaillancourt, une acrylique de Marcel Barbeau, un bois gravé de René Derouin, deux créations sur papier d’Irene F. Whittome, et plusieurs œuvres de Cozic et d’André Fournelle.

« Ça donne un survol du prix Borduas, dit Éric Devlin. Car je trouve un peu ingrat le fait qu’on donne le prix et qu’après, parfois, on oublie l’artiste. Comme une mauvaise grippe, ça dure quatre jours et après bye-bye ! Alors, l’expo est un petit hommage et permet de sortir des œuvres méconnues de Charles Gagnon, John Heward, Claude Tousignant, Bill Vazan ou encore Denis Juneau. »

Parallèlement, le libraire François Côté, spécialisé dans les livres rares, notamment d’art, s’est greffé à l’exposition. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces beaux livres, souvent anciens, intéressent beaucoup de monde. « Avant, j’envoyais un catalogue papier et les clients m’écrivaient pour commander, dit M. Côté. Aujourd’hui, c’est différent. J’ai mis la liste des livres exposés ici, mercredi dernier, et déjà plusieurs ouvrages sont partis ! »

Le mini-kiosque de François Côté contient surtout des livres illustrés. Un livre récent sur Armand Vaillancourt, une monographie de Francine Simonin, des revues, de vieux livres en latin, des éditions anciennes de romans et des livres aux titres amusants tels que Les fadas de la pétanque ! Avec cet étalage de livres, les sculptures, les œuvres accrochées aux murs et le petit salon réservé au repos et à la lecture, la visite au Salon b permet de faire de belles découvertes au cœur de la mémoire artistique du Québec, tant littéraire que visuelle.

20 Borduas pour votre plaisir, au Salon b, 4231 B, boulevard Saint-Laurent. Présentée jusqu’au 15 mai. Du jeudi au dimanche, de 12 h à 17 h. Renseignements : 514 885-4238. L’exposition est accompagnée d’une sélection de livres rares du libraire François Côté.

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