Metro s’attaque à la hausse des ventes en ligne

Le conflit chez Jean Coutu a été « dur pour tout le monde », dit le grand patron

Un « magasin » Metro unique en son genre ouvrira l’été prochain, mais le grand public n’y aura pas accès. Situé dans un quartier industriel, l’endroit ne servira qu’à assembler les commandes en ligne destinées aux clients dans l’île de Montréal. Et ce ne sont pas des robots qui feront le travail.

Contrairement à IGA qui se prépare à inaugurer en 2022 à Pointe-Claire un centre d’assemblage des commandes entièrement automatisé (avec la technologie d’Ocado), Metro a choisi de confier la tâche à des humains.

« Cela rendra le démarrage un peu plus facile et plus fluide. Au fur et à mesure que nous avancerons, nous intégrerons l’automatisation si nous pensons que cela nous aidera. […] La priorité pour nous était d’ouvrir cela rapidement », a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric R. La Flèche, en téléconférence avec les analystes du secteur. Le projet est évalué à 15 millions de dollars.

Cette volonté d’agir vite n’est évidemment pas étrangère au fait que la demande explose. Metro a vu ses ventes en ligne bondir de 160 % au cours du quatrième trimestre clos à la fin de septembre.

Le local choisi est situé dans un quartier industriel de l’arrondissement de Saint-Laurent. Le 10 655, boulevard Henri-Bourassa Ouest, près de l’autoroute A40, servait d’entrepôt à la société MTD Products, de l’Ohio, qui commercialise les tracteurs à pelouse Cad Cadet. La Presse a appris que Mondev a fait l’acquisition du bâtiment de 110 000 pieds en août pour 12,3 millions et l’a ensuite loué à Metro.

Depuis le lancement de son site transactionnel en 2016, l’épicier québécois utilise un système de hubs pour assembler les commandes. Ces magasins sont responsables de livrer les achats dans un certain rayon.

Quand son nouveau centre sera fonctionnel, le volume des trois hubs de Montréal y sera transféré. Laval et la Rive-Sud pourraient éventuellement être desservis à partir de Saint-Laurent, a-t-on précisé.

cueillette en magasin

L’assemblage des commandes dans un espace qui y est consacré a notamment l’avantage de réduire les coûts de main-d’œuvre, puisque tout est organisé pour maximiser l’efficacité du processus.

Par exemple, les aliments les plus fréquemment achetés sont regroupés au bout des rangées pour réduire la distance parcourue par les employés. En France, ce concept largement répandu depuis des années est appelé Drive, puisque les clients doivent s’y rendre en auto pour y récupérer leurs achats. Metro prévoit plutôt de livrer les commandes à domicile.

Parallèlement, l’épicier accroît aussi ses investissements dans la cueillette en magasin, une option sur laquelle mise beaucoup son concurrent Loblaw (Provigo et Maxi). Le nombre de points de vente offrant ce service passera de 40 (prévision antérieure) « à plus de 100 d’ici la fin de l’exercice 2021 », a annoncé Eric R. La Flèche.

Retour à la normale chez Jean Coutu à Noël

Maintenant que le lock-out est terminé au centre de distribution de Jean Coutu à Varennes, Metro travaille d’arrache-pied pour que le niveau de stock dans ses magasins revienne à un niveau optimal. Le grand patron de Metro prévoit d’y arriver « vers Noël ».

Ce délai peut sembler long, mais c’est une opération qui suppose « un million de détails », a indiqué le grand patron de Metro.

Pendant le conflit, a-t-il détaillé, l’assortiment de produits dans les pharmacies et la quantité de promotions ont été réduits. En outre, les mécanismes de livraisons ont été modifiés pour que les fournisseurs approvisionnent directement les magasins sans passer par Varennes.

« Il faut défaire ces changements, revenir à la normale. Cela prend un peu de temps. »

— Eric R. La Flèche, président et chef de la direction de Metro

« Nous avons sauté une semaine ou deux de circulaires. Les conflits sont rudes. Ils sont durs pour tout le monde, les employés, les directeurs, les détaillants. Je suis content que ce soit derrière nous. »

Ce lock-out de sept semaines a faire reculer les ventes de marchandises générales dans les Jean Coutu, en octobre. Et l’effet continuera à se faire sentir quelques semaines, prévoit-on.

— Avec la collaboration d’André Dubuc, La Presse

Résultats de Metro au quatrième trimestre *

(clos le 26 septembre)

Ventes : 4,14 milliards (+ 7,4 %)

Ventes comparables : + 10 %

Bénéfice net : 186,5 millions (+ 11,4 %)

Bénéfice par action : 0,74 $ (+ 12,1 %)

* Par rapport à la même période un an plus tôt

Résultats annuels *

Ventes : 18 milliards (+ 7,3 %)

Bénéfice net : 796,4 millions (+ 11,5 %)

Bénéfice par action : 3,14 $ (+ 12,9 %)

* Par rapport à l’exercice précédent

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