Analyse

Déjà un effet Staal…

Oui, ça faisait un bon moment qu’Eric Staal n’avait pas lancé une rondelle au fond d’un filet.

En fait, la dernière fois que Staal avait réussi une telle chose, c’était en date du 30 janvier, alors qu’il portait encore, pauvre de lui, le maillot des Sabres de Buffalo.

Il s’en est passé, des choses, depuis cette date.

Les Sabres ont perdu d’autres matchs, Buffalo est demeuré Buffalo, et puis Staal, lui, s’est amené ici, avec une nouvelle équipe et aussi un nouveau regard sur la vie en général, peut-on présumer.

Et on présume que le nouvel attaquant du CH doit mener une bonne vie, puisque la providence a bien voulu que ce soit lui qui réussisse le but de la victoire en prolongation, pour ainsi permettre à sa nouvelle équipe de récolter une victoire de 3-2 contre les Oilers d’Edmonton.

Il faut ici rappeler que le Canadien avait un retard de 0-2 dans ce match, et aussi que le club a perdu en cours de route un autre attaquant, Brendan Gallagher, en raison d’une fracture au pouce qui devrait le tenir loin du jeu pendant plusieurs semaines.

Bref, ce but de Staal est tombé à point. Pour lui et pour sa nouvelle équipe.

« Il ne pouvait pas vraiment connaître un meilleur départ que ça avec nous. »

— Dominique Ducharme

Il convient de rappeler que ce vétéran est arrivé ici avec un peu de rouille sur ses patins, conséquence directe de cette quarantaine obligatoire après la transaction du 26 mars avec Buffalo.

Est-ce que ça a paru ?

« Je me suis arrangé pour que mes présences sur la glace soient plus courtes ! a-t-il admis en fin de soirée. Il faut être intelligent dans ce genre de situation et bien savoir gérer ça. Mais plus ça allait, mieux je me sentais… Je crois que je serai en mesure d’offrir de meilleures performances au cours des prochaines semaines. »

Le cas de Staal résume bien la philosophie du directeur général Marc Bergevin, qui aime bien obtenir pour pas trop cher des vétérans qui veulent se relancer dans un nouveau chandail. Parfois ça ne marche pas (Alexander Semin, quelqu’un ?), mais parfois ça marche, comme dans le cas de Corey Perry, qui a ajouté un autre point à sa fiche lundi soir.

Chez le Canadien, on souhaite sans doute que Staal aura un impact digne de mention. Surtout qu’il faudra bien trouver une manière de remplacer l’intensité et les 14 buts de Gallagher.

Mais qu’est-ce que tout ça voudra bien dire pour les plus jeunes ? demandez-vous avec beaucoup d’à-propos. Excellente question. On a d’ailleurs remarqué que Jesperi Kotkaniemi n’a pas été vu bien souvent en fin de rencontre et qu’il a conclu sa soirée avec seulement 13 minutes et 13 secondes de temps de jeu, sa soirée la moins occupée en plus d’un mois.

Mais évitons de tirer de grandes conclusions de tout ça. Dominique Ducharme va faire ce qu’il peut faire pour gagner des matchs d’ici au mois de mai, et si ça veut dire de se fier sur les vétérans, ce sera ça.

À moins que quelqu’un, quelque part dans l’organisation du Canadien, ait le goût de voir Cole Caufield au Centre Bell plus rapidement que prévu ?

Prochain match : Canadien c. Maple Leafs, mercredi à 19 h 30 à Toronto

Ils ont dit

« On est contents pour lui »

« J’ai aimé son match. Quand tu joues ton premier match et que tu marques en prolongation, il n’y a pas vraiment de meilleur départ. On est contents de la victoire, on est contents pour lui. »

— Dominique Ducharme, à propos d’Eric Staal

« C’était un tir de l’extérieur. Smith a été très bon toute la soirée. Staal a pris un bon tir pour le but gagnant. »

— Dave Tippett, à propos de Mike Smith

« C’est un grand compétiteur. Quand on a besoin d’un gros jeu, il est toujours là pour réussir quelque chose qui va allumer l’équipe, qui va aider à marquer un gros but. Son apport est dur à mesurer, et ce n’est pas juste en termes de points. C’est surtout les moments où il réussit ces jeux-là. Ce but-là, en le marquant tôt en troisième période, ça a donné de la vie à l’équipe. »

— Dominique Ducharme, à propos de Corey Perry

« Les deux matchs la semaine dernière ont été très courts. On n’a pas joué beaucoup en prolongation cette saison. Il y a un élément d’explication là, mais il faut créer des choses dans ces situations. C’est pourquoi ils repartent avec les deux points. »

— Darnell Nurse

« Le Canadien a fait un bon jeu pour bloquer la ligne de la passe, mais je devais faire un meilleur jeu pour éviter que la rondelle aboutisse dans l’enclave. »

— Darnell Nurse, au sujet du jeu de Paul Byron qui a mené au but égalisateur

Propos recueillis par Guillaume Lefrançois et Richard Labbé, La Presse

Dans le détail

Fracture au pouce pour Gallagher

La victoire pourrait coûter cher au Tricolore. Après le match, l’entraîneur-chef Dominique Ducharme a indiqué que Brendan Gallagher avait subi une fracture au pouce de la main droite. La durée de son absence demeure indéterminée. À un collègue qui lui a demandé si on parlait de plusieurs semaines, Ducharme a répondu par l’affirmative. « On va en savoir plus », a-t-il ajouté. Gallagher a quitté le match en milieu de première période après qu’une rondelle tirée par son coéquipier Alexander Romanov l’a atteint à la main droite. Le petit numéro 11 a été ralenti par des blessures du même type plus tôt dans sa carrière. C’était cependant sa main gauche qui avait été fracturée, deux fois plutôt qu’une. Ducharme a aussi révélé que le gardien Carey Price était « évalué » par les médecins. « Je ne pense pas que ce soit sérieux, mais il est évalué », a dit le pilote du Tricolore.

Les deux canons au silence

Décidément, le Canadien continue à défier les probabilités statistiques ! Connor McDavid et Leon Draisaitl n’ont toujours pas de but contre le Tricolore après cinq matchs cette saison. Les deux n’ont que deux petites aides en cinq matchs. À titre d’exemple, McDavid totalise 16 points en 7 matchs contre Ottawa, 15 en 7 contre Calgary et 13 en 6 contre Winnipeg. « Ils ont eu plusieurs chances, ils n’ont juste pas capitalisé », a sèchement expliqué l’entraîneur-chef des Oilers, Dave Tippett. McDavid a surtout été confronté à Shea Weber, Joel Edmundson et Phillip Danault. Le numéro 97 a rarement pu attaquer avec vitesse depuis la zone neutre. Et quand il l’a fait, Edmundson et Weber ont pu l’empêcher de prendre de bons tirs. Il en a d’ailleurs eu un seul en 28 minutes de jeu.

Suzuki en désavantage

Jake Evans a été laissé de côté afin de faire une place à Eric Staal, et on a vu un des impacts de son absence en désavantage numérique. Claude Julien utilisait régulièrement Suzuki à court d’un homme, mais Ducharme l’a nettement moins fait. Cela dit, sans Evans, il n’a d’autre choix, car Jesperi Kotkaniemi n’a jamais vraiment joué dans cette situation, et Eric Staal n’a pas joué en infériorité numérique dans les trois dernières saisons. Suzuki a connu une bonne soirée aux mises en jeu (7/12, 58 %). C’est sans oublier le fait que Ducharme sera mal pris si c’est Danault ou Suzuki qui est puni. Bref, il sera intéressant de voir comment Ducharme gèrera l’utilisation d’Evans. Ce sera d’autant plus intéressant que l’entraîneur-chef a évoqué, en point de presse, la possibilité d’utiliser Kotkaniemi à l’aile de temps à autre.

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