Testé Polar Vantage V2

Dans les ligues majeures

Que ce soit par son autonomie exceptionnelle ou la gamme ahurissante des données disponibles, la montre Polar Vantage V2 est conçue pour le sportif aguerri. Mais à ce prix, elle n’est pas pour vous si vous cherchez simplement une montre intelligente ou si vous êtes un athlète de salon.

On aime

D’entrée de jeu, Polar nous prévient : la Vantage V2 est une « montre GPS de course à pied et triathlon ultralégère ». La porter pour une demi-douzaine de 5 km de jogging et des marches autour de la maison avant le couvre-feu, comme nous l’avons fait, c’est un peu comme utiliser un F-35 pour faire Montréal-Brossard. Disons qu’il y a des façons plus économiques de boucler le trajet.

On a donc au poignet une belle montre toute ronde, assez volumineuse avec son diamètre de 47 mm, et pesant un tout petit 52 g. Cette légèreté est d’autant plus remarquable qu’elle est bardée de capteurs – lecteur de fréquence cardiaque, baromètre, boussole et GPS – et contient une pile capable de donner près de deux semaines d’autonomie sur une seule charge.

En utilisant le GPS au cours des entraînements, ce qui la rend totalement autonome de son téléphone intelligent, Android ou iOS, on peut compter sur une autonomie de 40 heures.

Sur son cadran, quand on démarre l’entraînement, on peut configurer jusqu’à cinq données simultanément, dans la position qui nous convient le mieux. L’application Polar Flow permet en outre d’enregistrer jusqu’à huit dispositions différentes. Vous avez l’embarras du choix : près d’une soixantaine de données sont offertes, des classiques, comme la fréquence cardiaque, la vitesse moyenne ou la distance, ou de plus pointues, comme la puissance, l’équilibre gauche-droite ou le dénivelé.

Entre la séance de musculation, le triathlon, la course sur tapis ou le jogging, vous disposez de 130 activités sportives, pour lesquelles vous pouvez créer 20 profils différents. On a peine à imaginer qu’un sportif n’y trouve pas son compte, quel que soit son niveau d’activité.

Et pour la natation, elle a une résistance jusqu’à 100 m, là où la Garmin Forerunner 945 et la première Vantage V s’arrêtent à 50 m.

En jogging, on aime bien voir la fréquence cardiaque tout en haut de l’écran, passant du vert au rouge selon son intensité, qui s’affiche également sur un demi-cercle. Tout est configurable, mais la montre va par exemple par défaut bourdonner à chaque kilomètre et s’arrêter quand on fait une pause.

Ce que la montre fait ensuite des données est impressionnant. D’abord, on dispose d’un graphique très détaillé, où pratiquement chaque foulée et chaque segment de course sont disséqués. Tout est là, de la fréquence cardiaque à l’allure en passant par l’altitude, la cadence en nombre de pas et la puissance en watts.

Selon ces données, on dispose ensuite d’un bilan pour le nombre de calories dépensées, réparties en glucides, protéines et lipides. Vous aurez également droit à un commentaire général sur l’évolution de votre forme, par exemple : « Quelle séance ! Vous avez amélioré votre vitesse maximale et votre système neuromusculaire devient plus efficace. »

Et ce n’est que le début. À partir de l’application, vous pouvez effectuer des tests pour évaluer votre VO2 max, votre capacité de récupération, ajuster vos zones d’effort, établir si vous êtes capable d’aller plus vite, et la montre peut même vous prévenir si vous risquez le surentraînement.

Ce n’est pas sa spécialité, mais on a doté la Vantage V2 de quelques caractéristiques de montre intelligente. Son écran est tactile et permet minimalement de faire défiler les menus. On peut ainsi arrêter la musique, avancer ou reculer d’une chanson, contrôler le volume, afficher la météo, lancer un chronomètre et voir s’afficher toutes les notifications de votre téléphone.

On aime moins

Habitué aux Apple Watch et autres Galaxy Watch, nous avons été plutôt irrité de la complexité des commandes de la Vantage V2. Rien n’est intuitif, il faut tâtonner longtemps entre les cinq boutons avant de trouver le bon sous-menu. Celui du bas à gauche nous renvoie à l’écran principal, le bouton rouge central à droite confirme les choix, les deux autres permettent de reculer ou d’avancer. Après plusieurs semaines, nous n’arrivons toujours pas à nous y retrouver. L’écran tactile peut parfois aider, mais il est si peu sensible qu’on préfère ne pas trop y recourir.

Un des secrets pour l’autonomie de cette montre, c’est la faible consommation de son écran, ce qui a un effet fâcheux : sa luminosité est nettement insuffisante en plein jour.

À 689,99 $, cette montre est chère.

On achète ?

Il n’y a qu’une catégorie d’utilisateurs qui peuvent pleinement tirer profit d’une montre comme la Polar Vantage V2 : les sportifs pratiquant intensivement leur activité, de ceux qui y consacrent au moins une dizaine d’heures par semaine jusqu’aux athlètes professionnels. Pour eux, la lutte est vive entre la Vantage V2 et différents modèles de Garmin. Difficile de trancher ici entre ces deux rivales, qui ont chacune leurs inconditionnels, mais la Vantage V2 a de toute évidence relancé le débat.

Comme montre intelligente pour le commun des mortels qui ne s’entraîne pas pour un marathon, elle a peu d’intérêt.

Vantage V2

Fabricant : Polar

Prix : 689,99 $ (759,99 $ avec moniteur de fréquence cardiaque)

Note : 4 sur 5

Techno

Clins d’œil technologiques

LastPass

C’était trop beau pour durer. Un des meilleurs gestionnaires de mots de passe, utilisé par 20 millions de personnes, LastPass, a annoncé cette semaine qu’il restreindrait considérablement les fonctions de sa version gratuite. Essentiellement, l’utilisateur devra choisir entre deux catégories d’appareils, ordinateur ou mobile. Autrement dit, on ne pourra gérer gratuitement la même banque de mots de passe entre son ordinateur portable, par exemple, et sa tablette ou son téléphone. Pour y arriver, il faudra s’abonner au coût de 43,98 $ par année. Heureusement, presque tous les navigateurs web, ainsi qu’iCloud d’Apple, offrent gratuitement la gestion des mots de passe, mais ils sont loin d’être aussi efficaces que LastPass. Les solutions de rechange gratuites : des utilitaires comme Bitwarden, Zoho, KeePass et NordPass.

Club illico

Dans l’offre de vidéo sur demande au Québec, à côté des Netflix, Tou.tv et autres Disney+, le Club illico faisait un peu bande à part. Son contenu plus que respectable en français, avec 6500 séries et films en tous genres, n’était offert qu’aux abonnés du service internet de Vidéotron. C’est chose du passé depuis le 17 février dernier, alors que le câblodistributeur a annoncé que tous les clients, qu’ils soient abonnés à son service internet ou non, pourront désormais accéder à Club illico en téléchargeant son application, iOS ou Android. Pour 15 $ par mois, le contenu peut être regardé dans l’application ou rediffusé sur un téléviseur avec un Chromecast ou le protocole d’Apple, AirPlay, ainsi qu’avec une Apple TV.

Vidéoconférences polluantes

Éteindre le plus souvent possible sa caméra au cours de vidéoconférences n’est pas qu’une question de santé mentale. Il s’agirait aussi d’un bon geste pour la planète, selon une étude menée par trois universités américaines, Purdue, Yale et le Massachusetts Institute of Technology. Les chercheurs ont comparé l’empreinte écologique d’une heure de plusieurs activités en ligne, de la consommation électrique des serveurs jusqu’à la résidence. L’activité la plus polluante, c’est regarder Netflix, avec 1 kg de dioxyde de carbone. La seconde est Zoom : une heure de téléconférence émet 150 grammes et demande deux litres d’eau. La bonne nouvelle, c’est qu’éteindre sa caméra diminue l’empreinte de 96 %. Choisir une résolution standard plutôt que haute sur Netflix réduit l’impact de 86 %.

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