Résulats préliminaires de l’INSPQ

les Vaccins efficaces à 80 % dès la première dose

Québec, Ottawa — Les vaccins administrés au Québec ont démontré jusqu’à présent une efficacité de 80 % dès la première dose, selon les résultats préliminaires de l’INSPQ, qui ne voit « pas une grande urgence » à administrer la seconde. Malgré cette marge de manœuvre, le gouvernement Legault garde le cap sur sa stratégie.

Québec prévoit d’amorcer l’administration de la deuxième dose du vaccin à la mi-mars, a confirmé par courriel le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Au cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, on se réjouit des résultats préliminaires présentés jeudi par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Mais pas question pour l’heure de changer de stratégie.

Le gouvernement – avec l’approbation de la Santé publique – a établi en janvier dernier que le délai entre l’administration de la première et la deuxième dose du vaccin contre la COVID-19 serait de 42 à 90 jours. C’est toujours l’objectif, nous indique-t-on. « Il a été décidé que toutes les deuxièmes doses seraient administrées à l’intérieur d’un intervalle de 90 jours, comme prévu antérieurement », ajoute le MSSS.

Ce délai est au-delà des recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation qui a fixé l’intervalle maximal à six semaines. Le Québec emboîtait alors le pas au Royaume-Uni dans l’objectif de vacciner un maximum de Québécois le plus rapidement possible dans un contexte de pénurie de vaccins.

« Actuellement, les données montrent que ça fonctionne très bien », a souligné le médecin épidémiologiste de l’INSPQ, le DGaston De Serres, lors d’un breffage technique destiné à faire le point sur l’efficacité vaccinale et la stratégie de vaccination contre la COVID-19 au Québec. « Les données scientifiques sont très rassurantes », a-t-il dit.

Si bien qu’il n’y a pas « de grande urgence pour donner la deuxième dose parce que la première protège très bien », a précisé le DDe Serres. Pourrait-on administrer la deuxième dose au-delà du délai fixé à 90 jours ? « Ce sera au gouvernement de décider », nuance-t-il.

Le président du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ), le DNicholas Brousseau, qui participait au breffage, estime tout de même que cette hypothèse « pourrait être considérée », si les résultats sur l’efficacité se maintiennent.

« Les données à l’heure actuelle indiquent une protection élevée sans signe de diminution, alors oui, c’est un élément qui pourrait être considéré de dépasser l’intervalle de 90 jours. »

— Le DNicholas Brousseau, président du Comité sur l’immunisation du Québec

« C’est certain que tant qu’on reste avec une très forte protection avec une seule dose, c’est beaucoup plus avantageux de donner une première dose à d’autres personnes que de redonner une deuxième dose à des gens qui en ont reçu une première », a renchéri le DDe Serres.

Chaque semaine, le CIQ effectue une surveillance de l’efficacité et donc, si on observait une diminution de la protection, la situation serait signalée. Au MSSS, on précise d’ailleurs que la « stratégie pourrait être revue, selon l’information scientifique disponible ».

Premiers résultats encourageants

Les données préliminaires démontrent que la première dose du vaccin Pfizer-BioNTech et celui de Moderna offrent une protection de 80 % après 14 jours. Cette protection arrive cependant après 21 jours chez les personnes plus âgées.

Il est « un peu tôt dans le processus » pour confirmer que cette protection atteindra 92 %, comme le soutiennent les fabricants.

On précise que les participants aux essais cliniques des manufacturiers « sont plus jeunes et en meilleure santé » que la population en général. Pour l’heure, les autorités québécoises ont pu tester l’efficacité du vaccin sur un horizon de 70 à 75 jours.

Québec estime toujours être en mesure de respecter « essentiellement » son calendrier de vaccination initial. Les efforts sont concentrés à l’administration de la première dose dans les résidences privées pour aînés (RPA) et chez les travailleurs de la santé. D’ici la fin du mois de mars, on devrait avoir commencé à vacciner les 70 ans et plus. Ceux qui ont été vaccinés en décembre et janvier pourront aussi recevoir leur deuxième dose à partir de la mi-mars.

Plus de doses au pays

Le Canada prévoit de recevoir 23 millions doses des vaccins Pfizer-BioNTech et de Moderna durant les mois d’avril, mai et juin, soit près de 5 millions de doses de plus que prévu au départ, a indiqué jeudi le major général Dany Fortin, qui est responsable de la logistique et de la distribution des vaccins à l’Agence de santé publique du Canada.

À ces livraisons s’ajoutent les six millions de doses de ces deux vaccins qui seront livrées d’ici la fin mars. Résultat : au moins 14,5 millions de Canadiens pourront être vaccinés d’ici la fin juin, en sachant que ces deux vaccins nécessitent deux doses pour être pleinement efficaces, selon les fabricants.

Ce n’est donc qu’une question de semaines avant que la campagne de vaccination s’accélère de façon marquée, selon les autorités canadiennes. Le gouvernement fédéral doit d’ailleurs acheter de nouveaux congélateurs en raison de l’arrivée de millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer-BioNTech à compter du deuxième trimestre.

Un bilan stable au Québec

Le bilan de la COVID-19 est resté stable jeudi au Québec, alors que la province a rapporté 900 nouvelles infections ainsi que 6 décès supplémentaires et une baisse de 19 hospitalisations.

La moyenne quotidienne des nouveaux cas de COVID-19 mesurée sur une semaine poursuit quant à elle sa descente et atteint maintenant 863. Mercredi, ce chiffre était de 894. La moyenne des décès, aussi mesurée sur une semaine, continue également à fléchir, pour baisser à 16 par jour.

Actuellement, 747 patients sont toujours hospitalisés, dont 129 d’entre eux qui se trouvent toujours aux soins intensifs, une baisse d’un cas en 24 heures sur ce plan. Côté prélèvements, le Québec a réalisé mardi 29 363 tests de dépistage, un sommet depuis le 11 février dernier.

Seules 2234 doses de vaccin ont par ailleurs été administrées dans la journée de jeudi, pour un total de 302 118 jusqu’ici. Environ 3,56 % de la population a jusqu’ici reçu la première dose. La campagne de vaccination devrait reprendre de la vitesse au cours des prochains jours, Québec ayant reçu plus de 90 000 doses mardi. La province dispose d’une réserve de 99 567 doses actuellement.

Où pourra-t-on se faire vacciner à Montréal ?

Les cinq CIUSSS du territoire de Montréal ont déjà choisi où ils entameront leur campagne de vaccination de masse. Dans l’est, ce sera au Stade olympique, à l’aréna Martin-Brodeur et au centre communautaire Roussin. Au centre-ville, c’est le Palais des congrès qui fera office de centre désigné sur le territoire du Centre-Sud. Dans l’Ouest-de-L’Île, c’est l’aréna Bob-Birnie, à Pointe-Claire, le centre sportif Dollard-St-Laurent, à LaSalle, et le centre communautaire Gerry-Robertson, à Pierrefonds-Roxboro, qui seront réservés à la vaccination populationnelle. Puis, dans le centre-ouest, des espaces seront mis à disposition dans le centre commercial Carré Décarie, l’aréna Bill-Durnan et un immeuble de bureaux situé au 7101, avenue du Parc. Enfin, le nord de Montréal sera desservi par quatre cliniques de vaccination, dont celle de Bordeaux-Cartierville/Saint-Laurent et celle d’Ahuntsic–Montréal-Nord. Un autre centre sera situé avenue Christophe-Colomb, au niveau du Patro Villeray, ainsi qu’un dernier au Collège Vanier, avenue Sainte-Croix. Selon les consignes du ministère de la Santé, ce sont d’abord les personnes âgées de 80 ans et plus qui pourront se faire vacciner. Suivront ensuite les 70-79 ans, puis les 60-69 ans, les adultes de moins de 60 ans qui ont une maladie chronique, les adultes de moins de 60 ans sans maladies chroniques qui assurent des services essentiels et, finalement, le reste de la population.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

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