Les Montréalais

Éric Lefebvre, Directeur général du Partenariat du Quartier des Spectacles

Le Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS), sous la gouverne d’Éric Lefebvre, s’occupe, entre autres, de la programmation d’activités culturelles et de l’animation des places publiques. De vrais défis à relever de nos jours.

QUEL EST VOTRE RÔLE ET QUEL EST CELUI DU PQDS ?

Il y a deux entités principales au Quartier des spectacles (QDS). D’une part, il y a toutes les salles de concert, les lieux culturels où le PQDS joue un rôle essentiellement fédérateur. On parle de 33 salles et de 80 lieux de diffusion culturelle répartis sur un kilomètre carré. D’autre part, il y a tous les espaces publics et leur animation. C’est la partie « invisible » qui est la plus importante ; on doit gérer les équipes qui travaillent sur ce territoire, qui représente une destination locale, mais aussi nationale et internationale.

COMMENT Y PARVENIR EN CONTEXTE DE PANDÉMIE ?

Nous nous trouvons effectivement dans une période de mutation profonde, mais qui est temporaire. Un des grands défis est de réussir à convaincre les gens de venir dans le Quartier des spectacles pour vivre des expériences intéressantes en toute sécurité et selon les règles de la santé publique plutôt que de rester à la maison.

Comme beaucoup de gens qui travaillent dans l’industrie touristique, nous avons dû nous adapter aux contraintes sanitaires. Nous avons ainsi privilégié des parcours immersifs piétonniers et des expositions de rue. Les partenaires du QDS, les lieux de diffusion et les festivals ont également fait un gros travail pour développer des activités culturelles en ligne. Il faut savoir que l’on pourrait vivre plusieurs cycles de confinement/déconfinement. Nous devrons donc repenser tous nos modes opératoires afin que nous puissions passer à travers ces différents cycles avec agilité et rapidité.

GARDEZ-VOUS ESPOIR, MALGRÉ TOUT ?

Je demeure optimiste, car les crises suscitent l’innovation. Un des mots clés à retenir est : la mutualisation. Des liens doivent se tisser entre les acteurs du monde de la gastronomie, des bars, des hôtels et de la culture. Notre rôle consiste à être le liant entre tous ces acteurs, pour le bien de l’expérience des visiteurs.

Sonia Guidotti, Productrice de spectacles et d’événements, Dotti & cie

Productrice des galas Célébration de Loto-Québec, Sonia Guidotti est une professionnelle de l’événementiel. Elle doit aujourd’hui composer avec une situation qui l’oblige à réinventer son métier.

FAIRE DE L’ÉVÉNEMENTIEL EN TEMPS DE CRISE SANITAIRE, ÇA RESSEMBLE À QUOI ?

C’est de toute évidence un grand défi à relever. Il faut planifier et organiser les événements différemment, en faisant les choses de telle sorte que les gens aient du plaisir tout en se sentant en sécurité. Et c’est là toute la problématique. Il appartient aux organisateurs de repenser et redéfinir tous les événements en tenant compte de cette nouvelle réalité.

COMMENT FAIRE POUR RENDRE UN ÉVÉNEMENT INTÉRESSANT ?

Une des solutions est de créer ce que j’appelle des sous-bulles. Des colocs, par exemple, ou des membres d’une même famille, forment une sous-bulle en se sentant en sécurité. Organiser des événements pendant la crise n’est pas impossible, c’est juste plus contraignant. Il faut donc faire ce que nous faisons tout le temps : s’adapter, être créatif et se renouveler.

LE DÉFILÉ DU PÈRE NOËL, DONT VOUS AVIEZ LE MANDAT, A DÛ ÊTRE ANNULÉ. AVEZ-VOUS UN PLAN B ?

Oui, le défilé et les fêtes de Noël sont une véritable tradition au centre-ville depuis des décennies. Il fallait les sauver. On a donc organisé un événement baptisé Les lutins taquins. C’est une activité « cherche et trouve » qui peut se faire en famille, sans que cela crée des rassemblements. Les enfants devront trouver 10 pièces de linge que le père Noël avait fait sécher au centre-ville et que les lutins ont cachés partout sur la rue Sainte-Catherine.

Il y aura aussi une forme de défilé, mais les chars seront statiques ; ce sont les gens qui défileront en quelque sorte. Il y aura un char-atelier, pour récupérer et réparer des jouets, un char pour poster ses lettres au père Noël et un char pour le père Noël lui-même, où les gens pourront se prendre en photo et les publier sur Instagram.

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